- Prépare-toi, on va dehors.
Junhong s'empare des vêtements que lui tend son propriétaire, confus. Qu'est-ce qu'il me veut? Le garçon est très mal à l'aise à l'idée de se retrouver seul dans les bois avec ce fou. Il se demande si Monsieur Bang a décidé d'en finir avec lui en le tuant au fond de la forêt, et son esprit imagine avec horreur ce que le sac à dos de l'homme peut contenir: couteau, arme à feu, corde? Ou bien un petit casse croûte qu'il compte manger pour reprendre des forces après avoir étranglé son esclave à mains nues?
- Allez! Dépêche toi!
Yongguk trépigne d'impatience comme un sale gosse devant l'esclave terrifié. Lassé d'attendre que l'autre s'habille, l'homme fait enfiler à Junhong le sweat et le manteau qui lui étaient destinés comme on habillerait un enfant. Junhong ne se débat pas, il se sent comme mort à l'intérieur. Il est certain qu'il ne reviendra pas vivant de cette sortie.
Son propriétaire, lui, semble tout excité et joyeux d'aller se promener. Il traîne Junhong par le poignet jusqu'à l'entrée, puis enfile des bottes. Yongguk en présente une autre paire au jeune homme, qui les enfile docilement. Puis ils sortent, Yongguk tirant avec enthousiasme l'autre entre les arbres dégarnis en cette fin d'automne.
Junhong se sent presque libre à l'extérieur, profitant de la vue du ciel gris s'assombrissant avec le coucher du soleil, du son des feuilles mortes sous ses pas, et de la sensation du vent froid du début de décembre sur ses joues. Tout semble plus beau, plus vivant qu'à l'accoutumée, ce qui contraste avec l'impression d'une mort imminente ressentie par Junhong. Si beau... Si vivant... Je ne veux pas mourir, pas maintenant!
- Pas maintenant!!
Soudain, poussé par cette brusque envie de vie, le garçon s'arrête, résistant à Yongguk qui le traîne plus profondément dans les bois. Le plus âgé se retourne pour faire face à Junhong, interloqué par l'exclamation et l'arrêt soudain de son esclave. Il fixe d'un air interrogateur les yeux larmoyants du garçon.
- Ça ne va pas Chan?
Junhong aurait voulu répondre que non, ça ne va pas, qu'il n'est pas Himchan, qu'il a juste envie de se tirer le plus loin possible d'ici, qu'il ne se laissera pas abuser plus longtemps par ce fou tellement incapable de se faire des amis qu'il doit acheter un esclave pour avoir de la compagnie.
Mais face au beau visage et aux yeux doux que lui fait l'homme en face de lui, les hurlements qu'il voudrait pousser se coincent dans sa gorge. Il trouve encore moins de courage pour lui crier dessus lorsque deux mains délicates viennent attrapper la sienne, et il est définitivement réduit au silence, ne répondant que par des hochements de tête affirmatifs, lorsqu'une voix grave et chaude lui dit:
- Tu sais, tu peux tout me dire. Si quelque chose te tracasse, viens m'en parler, d'accord? Je t'aime...
Sur ce, Yongguk entrelace ses doigts avec ceux du garçon et continue à le mener dans la forêt. Les paroles de l'homme résonnent dans la tête de Junhong. Il a beau se répéter que les mots étaient destinés à Himchan, les beaux yeux sombres plantés dans les siens le hantent, et le "je t'aime" se fait encore entendre comme un écho dans tout son corps frissonnant à cause du froid mais pas seulement.
Monsieur Bang semble d'humeur romantique, et Junhong espère que cela le dissuadera de le pendre à un arbre. Il est légèrement rassuré quant au but de l'excursion, mais redoute tout de même un brusque changement d'humeur.
Ils continuent à marcher main dans la main en silence, longtemps, Yongguk guidant le plus jeune, jusqu'à ce que le ciel s'assombrisse. La température chute, jusqu'à ce que leurs respirations soient visibles et que leurs mains s'engourdissent. La panique refait surface et grandit peu à peu en Junhong. Il s'inquiète car il commence à avoir vraiment froid, il fait presque nuit, et il serait bien incapable de retrouver le chemin du retour seul.
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Esclave | Banglo
FanfictionYongguk se promenait lentement au milieu des jeunes hommes nus, s'arrêtant de temps en temps devant l'un d'entre eux pour le toiser, le fixant de son regard froid. Il palpe quelques paires de fesses au passage, mais ne semble jamais satisfait. Ses p...