Junhong n'a pas le temps de se lever du canapé que le maître des lieux débarque de sa chambre en courant en direction de la porte comme un boulet de canon. Cela étonne d'abord le garçon, mais il trouve finalement cette attitude compréhensible, compte tenu du peu de visites que Yongguk reçoit.
Mi amusé, mi triste, Junhong entend une petite voix dire dans sa tête: il doit croire que c'est Himchan!
Cette petite voix ne croyait pas si bien dire.
À peine Yongguk entrouvre-t-il la porte qu'il se met successivement à hurler, pleurer et répéter le nom de Himchan, faisant parfois les trois en même temps. Peinant encore à croire que le bel homme en face de lui est bien réel, Yongguk se jette dans ses bras, tout en expliquant à une vitesse impressionnante à Himchan combien il lui a manqué, combien il l'aime, combien il a attendu ce jour.
Junhong, stupéfait, assiste à la scène planté sur ses grandes jambes à côté du canapé, tandis que Himchan passe timidement un bras dans le dos de Yongguk, alors que celui-ci entreprend de couvrir son premier amour de baisers. Il faut plusieurs minutes à Yongguk pour se calmer tout en broyant les côtes de Himchan, qui remarque avec sidération la présence d'un jeune homme lui étant inconnu dans la maison.
- Gukkie, il va falloir qu'on ait une grande conversation, tous les trois. Tu es très gentil, mais j'aimerais bien que tu me lâches maintenant.
Yongguk obtempère docilement, fixant Himchan avec l'adoration complète et irréfléchie d'un croyant pour son dieu. Faisant comme chez lui, l'arrivant s'installe dans le canapé, bien entendu suivi de Yongguk, non sans placer soigneusement les coussins roses de manière à être bien installé. Voyant que Junhong est toujours planté sur place, il l'invite à s'asseoir d'un geste de la main. C'est alors que Himchan prend une grande inspiration, et, fixant son vieil ami droit dans les yeux, lui avoue enfin la vérité.
- Gukkie, je suis vraiment désolé d'être parti. C'était extrêmement lâche, je n'arrive pas à croire que j'aie pu te faire ça alors que je savais que tu avais besoin de moi. Je n'ai pas cessé de penser à toi, pas un seul jour, tant mon propre comportement m'a dégoûté. La raison pour laquelle je ne suis pas revenu te voir pendant si longtemps, c'est que je voyais à quel point tu m'aimais et plus le temps passait, moins je me sentais capable de t'avouer que... je... tu...
A cet instant, sa gorge se bloque. Himchan a l'impression d'étouffer sous la culpabilité. Les yeux pleins d'espoir de Yongguk lui font l'effet de deux poignards, et pendant un instant, il flanche, hésitant une fois de plus à révéler ses vrais sentiments, de peur de voir l'espoir quitter le regard de son ami auquel il tient tant. Mais ce non-dit ne peut plus durer.
- Je t'aime énormément. Mais je te vois comme un meilleur ami, et pas un amant.
Toute expression quitte le visage de Yongguk. Il ne dit rien, ne bouge pas, ne pleure même pas. Il a l'impression d'avoir été percuté par un camion à pleine vitesse. Tout son monde semble s'effondrer autour de lui, tout est vide, les couleurs ont disparu, plus rien n'a d'importance. Il se sent tout à fait mort. Quelques instant plus tard, il redevient conscient, seulement pour être entouré de douleur. Il ne sent plus rien d'autre, aveuglé, déconnecté de la réalité, plongé dans un océan de souffrance où tout le blesse, le déchire, où même ses hurlements lui font mal. Il ne souhaite rien d'autre que de mourir, cela étant pour lui la seule manière de terminer son calvaire pour de bon.
Il revient brutalement à la réalité, se débattant follement sur le sol où Junhong et Himchan tentent de le maintenir immobile tous les deux. A la vue de leurs deux beaux visages familiers et réconfortants, il s'arrête de bouger, respirant bruyammant et péniblement. Les deux autres le relèvent avec prudence pour le remettre sur le canapé. Voyant l'expression choquée du plus jeune, Himchan remarque à voix haute:
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Esclave | Banglo
FanfictionYongguk se promenait lentement au milieu des jeunes hommes nus, s'arrêtant de temps en temps devant l'un d'entre eux pour le toiser, le fixant de son regard froid. Il palpe quelques paires de fesses au passage, mais ne semble jamais satisfait. Ses p...