Je frissona de nouveau, je suis trempée jusqu'à l'os, la pluie ne cesse de tomber et je me trouve dans cette forêt. Celle où j'ai testée mes capacités, celle où je me suis réfugiée pour pleurer, et surtout, celle où j'ai tuée cette innocente. Son visage blémit par la peur me revient sans cesse en mémoire.
Lynh agita la dague devant moi, me sortant de mes pensées. Et oui, en plus de devoir être dehors en plein jour de pluie, de trembler comme une feuille et d'être dans cette forêt alors que mon père ne se trouve pas loin de là où je suis, je vais devoir me transpercer le ventre avec cette dague, qui, ressemble étrangement à celle que j'ai dessinée à mon cours de maths au lycée.
Mon père ne va pas tarder à arriver, je sens sa présence dans la forêt.
-" À mon signal Lynh.. 1.2...
3", lança Khôl.
Lynh porta l'arme à son ventre et dans un bruit sourd, son corps se volatilisa.
Je rattrapa la dague qui était sur le point de tomber sur le sol humide de la forêt et l'examina. Impossible. Le dessin que j'ai produit en cours de maths était exactement celui de cette dague, je me souviens parfaitement ne plus pouvoir contrôler ma poigne et mon crayon avait inscrit un nom qui ne m'est pas étranger. Maria Dylee.
-" On a pas toute la journée ! Ton père te cherche et ne vas pas tarder à te trouver, donne moi la dague, tu passeras après moi mais tu ne dois pas l'enlever de ton ventre, la dague se volatilisera avec toi au territoire de Caraliaa" , m'informa-t-il.
Je lui lança la dague, sa colère a quasiment disparu.
Lorsque je leur ai informé d'où est-ce que je connaissais Tyler et ce qu'il m'a fais, il a brisé la table basse près du canapé rouge sang. Depuis, il ne m'a pratiquement pas adressée la parole. Lynh m'a assurée que c'était dans son habitude et que ses crises de colère ne sont pratiquement jamais très graves.
Moi, c'est le "pratiquement" qui m'a inquiétée.
Que pouvait-il bien faire sous le coup de la colère ?
Je le regarda et huma l'air, mon père n'allait pas tarder à trouver notre coin près de la frontière. Je lui fîs signe de se dépêcher, et il le fît.
Se planter une dague dans le ventre est-ce une sorte de routine chez les surnaturels ?
Il disparu dans l'air humide et une nouvelle fois, je me retrouvais seule.
Je pria pour que ceci ne soit pas un piège, pour que ces personnes soit digne de confiance.
J'ai tellement étais trahie que je ne sais plus faire confiance, mais je sens qu'ils étaient sincères. Sinon, pourquoi Khôl m'aurait-il sauvée des griffes de Tony ? Pourquoi m'auraient-ils soignée lorsque mon père m'a poignardé ? Je sais que je peux leur faire confiance. Il le faut.
Mon père cria au loin, je pris le manche entre mes mains et me tourna vers sa silhouette lointaine.
Il était fou de rage, et à ses côtés, je vus Émeric. Je suis sûre que cet homme est un loup nocturne, comme son fils. Je pris de l'élan et souffla régulièrement, je ferma les yeux doucement et imagina que tout cela n'était qu'un rêve. Que même si je me transpercerais le ventre, je ne sentirais rien. Khôl et Lynh n'avaient pas l'air de souffrir, alors pourquoi moi je souffrirais ? Mon père s'approcha de plus en plus, je serra un peu plus le manche de la dague, et combla l'espace entre mon ventre et cette dernière. J'entendis mon père crier de rage,je rouvris brutalement les yeux, ma vision diminua et la forêt disparu. Je tenais toujours le manche de la dague à l'aide de mes deux mains, sa lame dans mon abdomen ne me provoqua aucune douleur, simplement un léger picotement assez désagréable. Mes oreilles me firent un mal de chien, ce qui me fît grimacer.
Et sans prévenir, mes fesses atterirent sur un sol dur, mes cheveux mouillés me gachèrent la vue, mais j'entendis non sans mal une voix moqueuse que j'eus dû supporter pendant 3 jours consécutifs.
-" Ça va ? Tes fesses peuvent supporter le choc ?", me demanda une voix sarcastique.
J'éloigna mes cheveux de mon visage et fîs un magnifique doigt d'honneur à ce cher Khôl.
Lynh soupira et m'aida à me relever tandis que cet abruti de Khôl riait aux larmes. Je baissa le regard et constata que la dague ne se trouvait plus dans mon abdomen, je fronça les sourcils et croisa le regard de Lynh.
-" Ne t'en fais pas, je t'expliquerai bientôt " , m'assura-t-elle.
J'hocha la tête et regarda le somptueux manoir qui se trouvait pile en face de ma silhouette. Sa couleur noire et doré ne passait pas inaperçu. Il avait l'air beaucoup plus éclairé que celui où je me suis réveillée, des baies vitrées ornaient celui-ci, il semblait plus moderne et légèrement plus grand. Je pus apercevoir un château en arrière plan, couleur rouge sang et doré, il était tout simplement magnifique. On aurait dit que le manoir présent devant moi a été bâti pour protéger le somptueux château. Je détacha mon regard du château et aperçu une silhouette familiere adossée aux murs du manoir. Des cheveux roux légèrement décoiffés et un doux regard vert émeraude. Un corps de rêve et une mâchoire carrée. Pas de doute, c'est lui.
-" Derek !" , criais-je en me precipitant vers lui.
Je laissa Khôl et Lynh derrière moi et partis me réfugier dans ses bras.
Il souria et me porta sans difficultés.
-" Tu nous explique ?", me demanda Khôl en arquant un sourcil.
-" Je pensais pas t'avoir tant manqué", me fît Derek sans prêter la moindre attention à notre cher Khôl.
-" Si tu savais" , soufflais-je, amusée de la situation.
Derek me déposa et je tourna la tête vers un Khôl énervé et une Lynh mi-choquée mi-amusée.
-" Tu te souviens du moment où je suis partie du manoir par ta faute ? Et bien, ce jour là, j'ai croisée Derek et nous avons parlés jusqu'à tard", répliquais-je en essayant de reproduire un de ses fameux sourires arrogants.
Je m'appreta à passer la porte du manoir mais quelqu'un me dépassa, et je fûs sûre que ce "quelqu'un" avait les cheveux blonds foncés, des yeux bleus nuit, un corps d'athlète et un foutu rictus abominablement sexy.
-" N'essaye plus jamais de m'imiter, joli coeur", répliqua-t-il avant de disparaître dans le somptueux et mystérieux manoir.
Mon coeur loupa un battement, est-ce à cause de sa soudaine proximité ou à cause de ce stupide surnom ? Impossible. Il doit y avoir une autre raison pour que mon coeur fasse de tels loupings. Et j'espère de tout mon être que cette raison n'est pas dû à cet homme froid, arrogant et sans coeur.
Mais la plupart du temps, l'espoir n'est pas assez.
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PRISE AU PIÈGE
FantastiqueKathélyna Dylee est une battante, une fille qui, malgré toutes les crasses et les coups bas qu'elle a endurées, s'est toujours relevée. Mais quand, son oncle, revient dans sa vie sans la prévenir, son monde s'écroule à nouveau. Son père, lui crache...
