Allongée sur le lit d'Aliya, je songe, je fouille dans ce que je ressens pour extraire ce qui me tracasse.
Le prévisible, la logique, ou juste les déductions un peu trop hâtives vourdaient que mes pensées soient tournés vers l'irrésistible sociopathe ou... Non! pardonnez, j'avais un petit instant oublié cette scène: le baiser avec James. Donc oui, les conclusions se dirigeraient plus vers James.
Or, contrairement à ce qu'on pourrait croire, les deux ne sont pas du tout le centre de mes pensées. Non, tout ne tourne pas autour de ces deux individus. Ou même, tout ne tourne pas autour des garçons en règle général. Les filles ont tendances à les mettre en priorité, à penser à l'amour avant l'avenir, à l'affection, l'attention du sexe opposé avant le self love.
Donc à quoi je songe? Mmh comment parvenir à achever sans trop fournir d'effort cette énorme mouche qui vole bruyamment partout dans la chambre.
Je la suis du regard depuis une bonne demi heure et cette folle me nargue, elle vole au dessus de moi se moquant de mon incapacité à surmonter ma paresse pour me lever et la massacrer.
La porte s'ouvre, elle s'enfuit. Mince! Je lui aurais bien fait la peau. La porte se referme.
- Jazz, j'entends dans un ton mélancolique.
Le matelas s'enfonce au niveau de mes pieds, un poids lourd s'est affaissé. Je baisse les yeux, redresse légèrement ma nuque, c'est James.
- Salut, je lance.
Il souffle. Ah.
- Je suppose que toi aussi tu es venu te réfugier ici pour fuir ces idiots de chiens qui font les cloons dans le salon.
- Exactement.
- Il n'y a qu'Aliya pour les supporter.
- Et Curtis, ajoute-t-il.
- Mmh. En parlant de lui, où est-il passé?
James se gratte le haut du crâne, les yeux plissés.
- Il me semble qu'il est allé chez cette fille qu'il a rencontré à la fête d'Ali.
- Manon?
- Oui voilà, je n'arrive jamais à retenir son prénom.
Je lui souris poliment. Nos bouches restent closes un bon moment jusqu'à ce qu'il décide de s'allonger près de moi, dans la même postion que moi, sur le dos. Nos regards se portent sur le plafond ou peut être que je suis la seule à regarder ce plafond blanc, lui je suppose qu'il a le regard dans le vide.
- Tu veux qu'on en parle? me propose-t-il.
- On en a déjà parlé James.
- On en a parlé le soir même où ça s'est produit. Ça ne compte pas. Depuis, quatre jours se sont écoulés et tu m'évites.
- C'est un peu normal, rappelles toi qu'on a décidé de rester discret par rapport à ça.
- Eviter ne relève pas de la discrétion. Plus tu m'évites et plus ils peuvent se douter de quelque chose.
- Se douter de quoi. je réplique sèchement.
Mon ton froid l'a presque fait tresaillir. Je reprends calmement.
- Il n'y a rien eut entre nous et il n'y aura rien James.
Il tourne sa tête vers moi.
- On s'est embrassé Jazz.
- C'était dans le mood, toi comme moi savons très bien que ça ne signifie rien. Tu as ta copine et c'est elle que tu aimes, et moi je suis apparemment attirée par ton frère, alors pourquoi s'attarder sur cette scène?
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SIX MONTHS
Novela JuvenilIl était une fois un cauchemar, Curtis. Tout ce qu'il y avait de plus effrayant pour moi se réunissait dans un seul et même corps, le sien, celui du jeune Parson. Cet être vicieux, noyé dans son intelligence méprisante. Noyé dans de mauvaises affair...
