Chapitre 20

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Point de vue Daesung :

Sasha m'avait appelé en larme en me demandant de la rejoindre dans le parc dans lequel nous avions l'habitude de nous retrouver.

Je n'avais pas mis bien longtemps à comprendre que quelque chose de grave était arrivé mais quoi ça je ne le savais pas. J'enfilai rapidement ma veste et sorti avec précipitation, mes parents ne me posèrent aucune question quand au motif de mon départ soudain.

Je couru jusqu'au lieu de rencontre et trouva Sasha assise sur notre banc de commérage, elle pleurait tout ce que son corps pouvait pleurer, elle répétait sans cesse le nom de Moon en boucle.

Je m'agenouillai devant elle, dans l'état dans lequel elle était j'étais persuadé qu'elle n'avait même pas conscience de ma présence, je décidai donc de prendre ses mains qui cachait son visage pour les tenir fermement dans les miennes. C'est à ce moment-là que mon amie tressaillie qu'elle venait enfin de remarquer ma présence, je venais d'éclater sa bulle de malheur.

Je la pris dans mes bras et m'assis à côté d'elle toujours en la serrant contre moi et j'attendais. J'attendais qu'elle me parle d'elle-même, qu'elle me dise ses malheurs et quel était le rapport avec Moon. Le silence fût long mais ses sanglots commencèrent à diminuer doucement puis elle prit la parole

- C'est Moon...elle...elle est à l'hôpital...

Sa voix se brisa sur ce dernier mot.

Qu'était-il arrivé à Moon ? Pourquoi était-elle à l'hôpital ? Tant de questions.

- Que s'est-il passé ? Osais-je enfin demander

- Je ne sais pas. Hier soir quand j'étais dans ma chambre, quelqu'un a frappé à la porte, ma mère est donc allée ouvrir et quand je l'ai entendu hurler le nom de Moon j'ai sauté de mon lit et dévalé les escaliers et c'est là que je l'ai vu. Allongé sur le pas de la porte, sa peau n'était plus de la porcelaine elle était de la couleur du ciel ouvrir, elle avait des marques sur les poignets et il y avait du sang, du sang partout, j'ai pensé qu'elle était morte ! Tu comprends Daesung MORTE ! Machinalement j'ai aidé ma mère à l'allonger dans le canapé sur lequel elle avait posé un drap au préalable. Tandis que ma mère contacter le 1339 pour les urgences médicales, j'étais assise à côté d'elle sans bouger, à réfléchir à qui avait bien pu lui faire ça, je m'en voulais tellement car à cet instant je n'avais pas pu la protéger, je n'ai pas tenue ma promesse, je lui avais dit que tant que je serai là il ne lui arriverait rien et je n'ai pas été là, je n'ai pas été là pour elle...

Elle se remit à sangloter, il fallait que je trouve le connard qui avait fait du mal à mes deux meilleures amies l'une physiquement et l'autre psychologiquement. Cette ordure n'allait pas rester bien longtemps dans la nature. Je voulais être policier il était temps de prouver mes compétences en investigation.

- Ne t'inquiète pas on va trouver qui à fait ça, je ne te lâcherais pas dans cette épreuve, tu peux compter sur moi. Mais il ne faut pas que tu t'en veuille, il y a forcément des moments où tu ne peux pas être physiquement à côté d'elle, mais Moon sait que tu la soutiens et la protège en toutes circonstances sinon elle ne serait venue chercher de l'aide auprès de toi après son agression, elle venu chez toi car elle savait qu'elle serait en sécurité.

Elle acquiesça légèrement la tête à mes paroles.

- Es-tu allée la voir à l'hôpital depuis que tu as appelé les urgences ?

Elle me répondit par la négation par un simple mouvement de tête.

- Je pense qu'il serait bien que nous aillions la voir ensemble ça te permettrait de te faire une véritable idée de son état et tu pourrais également tu es là pour elle. Ça te va ?

La blondinette releva sa tête vers moi et acquiesça mes dires. Nous prenions la direction de l'hôpital, sur le chemin j'essayais tant bien que mal de lui changer un peu les idées mais mon amie était bien trop attristée.

Arrivé devant le bâtiment nous pénétrâmes dans l'enceinte de ce dernier, arrivé à l'accueil une infirmière nos expliqua que Moon était toujours dans le bloc opératoire cela faisait maintenant huit heures que les médecins étaient en intervention, elle nous expliqua également que l'état de Moon n'était pas très positif, son pronostic vital n'était pas engagé mas elle avait trois côtes cassé, le bassin fracturé sur de multiples endroits, de multiples lésion sur le corps et pour finir ses parties intimes étaient gravement endommagées.

A chacun des mots que prononcer l'infirmière je voyais Sasha se décomposer de plus en plus, elle finit par faire un malaise à cause du choc émotionnel.

Trois heures plus tard le chirurgien de Moon est venu nous rendre compte que l'intervention c'était bien passée mais qu'il n'avait pas d'autre choix que de la mettre sous coma artificiel pour lui éviter une trop grosse souffrance, puis il était parti comme si de rien était.

Sasha ne réagissait pas, elle ne bougeait pas, ne parlait pas. Au moment où je voulu faire un pas vers elle, elle tomba sur les genoux, je me mis à sa hauteur. Je pu voir des larmes naître au coin de ses yeux bleus. Je sentais qu'elle se retenait de pleurer, qu'elle ne voulait pas pleurer, pas ici.

- Tu as le droit lui soufflai-je en l'encerclant de mes bras

Et c'est à cette instant qu'elle éclata en sanglot sur mon épaule. Nous étions à genoux par terre Sasha pleurant et moi résistant car sa souffrance était plus grande que la mienne. L'être qu'elle aimait était actuellement dans le coma derrière la porte qui nous faisait face, cette porte qui nous séparait.

Sasha se leva tout en pleurant, je la regardais faire, elle se dirigea vers la porte en appuya sur la poignée de cette dernière, mon amie entra dans cette pièce si glaciale. Je la suivi sans bruit et ferma la porte derrière elle, Sasha restait immobile à côté du lit. Moon était bandé de partout, je ne saurais même pas décrire la lividité de son visage, on aurait dit un cadavre. Seul le bruit des appareils auxquels elle était reliée nous informaient que Moon état bien en vie. Sasha approcha doucement du lit, elle prit la main de la brune et déposa un chaste baisé sur ses lèvres

- Tu n'as pas intérêt de me laisser, je t'aime trop pour te voir partir souffla-t-elle

Nous quittâmes cet hôpital dans un silence lourd et pesant mais ce silence était nécessaire pour Sasha.

HomophobiaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant