Je ferai pas de phrases inutiles, je préfère te le dire que en souffrir : je t'aime.
**
Je passais ma main une énième fois dans ses cheveux, avant se sentir son souffle régulier s'abattre dans mon cou. Newt venait de s'endormir sur moi. Après avoir pleuré toutes les larmes de son corps, il s'était endormi totalement épuisé. Je le prends dans mes bras afin de l'emmener dans sa chambre. Je le dépose dans son lit, en prenant soin de retirer sa veste et ses chaussures. Je fais de même puis me glisse dans le lit à ses côtés, je le prends dans mes bras et caresse ses cheveux. Même dans son sommeil, il a l'air tourmenté. Je le sens venir blottir sa tête dans mon cou et inspirer mon odeur. Il a l'air de m'aimer plus qu'il ne le pense. Je ferme les yeux essayant à mon tour de trouver le sommeil.
*
— Thomas ?
J'entends une douce voix qui tente de me réveiller. J'essaie d'ouvrir les yeux mais le soleil qui entre dans la pièce m'aveugle instantanément. Une main se pose sur ma joue, mes yeux commençaient doucement à s'adapter à la luminosité de la pièce. J'aperçois Newt, un regard triste penché au-dessus de moi.
— Newt ?
— Tu vas bien ?
— C'est plutôt à moi de te poser cette question, non ?
Il me regarde et tente un petit sourire qui me brise le coeur. Je me redresse afin d'être assis, le forçant à se pousser. Il détourne le regard, visiblement gêné.
— Je suis désolé pour hier soir Thomas.
— Ce n'est rien, je veux être là pour toi, si tu es mal...
— C'est mal pourtant. Ce n'est pas à toi d'être la.
— Pourtant je suis bel et bien là Newt. J'ai l'impression d'être le seul présent pour toi, alors tu auras beau me repousser, je resterais à tes côtés.
Il est dos à moi. Je l'attrape par les épaules afin de l'allonger sur le lit, et il se laissa faire. Je me place légèrement au dessus de lui, le forçant à me regarder.
— Que je sois ton élève ou pas, je serais là pour toi Newt. Je sais que tu n'as sûrement pas envie de moi à tes côtés, que c'est dangereux pour toi, que tu risques gros et je le comprends totalement. Je ne te demande pas de m'aimer Newt, je te demande de me laisser rester à tes côtés, car je serais toujours derrière toi. Je veux me tenir à tes côtés, pas à tes arrières.
Il me pousse légèrement de manière à se relever, et me prends dans ses bras. Ses mains passent dans mes cheveux. Je le sens en train de pleurer, ses larmes s'écrasent dans mon cou.
— La dernière personne qu'il me reste est ma grand-mère maintenant. Je voulais vraiment que ma mère arrête de souffrir, mais je ne voulais pas pour autant qu'elle meure, je voulais qu'elle lutte contre sa maladie, mais c'était sans espoir. Comment je suis censé supporter ça ? Comment est-ce que ma grand-mère va supporter ça ?
Il s'accrochait désespérément à moi en pleurant. Je ne pouvais que lui rendre son étreinte en l'écoutant parler.
— L'enterrement est lundi. J'ai pris le reste de ma semaine, pour pouvoir me reposer, encaisser tout ça. Supporter la douleur, mais honnêtement, je ne sais pas si j'en suis capable.
— Tu en est capable. Tu vas surmonter tout ça. Je sais que tu pense sûrement que tes efforts ont été vain, que tu as travaillé dans ce club pour rien, que tu es devenu professeur pour rien. Mais rien de tout ça n'a été inutile : tu t'es battu pour maintenir ta mère en vie et je suis sûre qu'elle en était consciente. Ce genre de chose, ça forge la personne que tu deviendras, car tu es encore jeune Newt, plein de belle choses t'attendent. Tu ne peux pas dire que tu n'es pas capable de surmonter ça, alors que rien n'a encore commencé.
Il resserra son emprise autour de ma taille, et releva finalement la tête pour encrer son regard dans le mien. Il me fit un faible sourire, avant de reprendre la parole :
— Du poisson pané et du riz, ça te dit ?
— Évidemment.
Il se leva du lit en prenant ma main dans la sienne, m'amenant dans la cuisine. Il commença à faire cuire le riz et les poissons, puis il partit au salon pour ouvrir la porte à son chat qui attendait sur le balcon. J'étais là, adossé contre le bar à observer tous ses faits et gestes. Il revint vers moi.
— Minho t'a donné la feuille pour tes vœux ? me demande-t-il.
Sa remarque me rappelait que je n'avais assisté à aucun de ses cours, mais il ne me fit aucune remarque là dessus.
— Oui mais... je ne l'ai pas encore rempli. Je ne sais pas quoi faire.
— J'ai vu que tu excellais en littérature.
— Oui, c'est vrai... on m'a conseillé de faire une licence littéraire, mais je ne sais pas vraiment. J'aimerai savoir ce que je veux faire avant de choisir une école.
— Finalement, redoubler t'a laissé plus de temps pour réfléchir, c'est une bonne chose.
Je l'attrape par les épaules pour le retourner, et je dépose un baiser furtif sur ses lèvres.
— J'ai également rencontré un professeur d'histoire génial.
Il me regarde ahuri avant de baisser la tête en rougissant.
— Le repas doit être prêt.
On s'installe sur le bar, puis on mange tranquillement, la télé en bruit de fond. On ne parlait pas vraiment, mais c'était très bien ainsi. Le calme qui régnait était reposant en quelque sorte. Quand on eu finis de manger, je me proposais pour débarrasser tandis que lui, allait se poser dans son canapé. Je le rejoins quelque minutes après, son chat me suivant. Je m'assois et le chat me saute dessus pour se coucher sur mes genoux, ce qui me fit sourire, et le blond aussi. Il a toujours un regard triste, ce que je pouvais totalement comprendre.
— Tu vas arrêter de travailler au club, n'est ce pas ?
Il me regarde et je détourne immédiatement le regard.
— Oui. J'ai envoyé un message à mon patron hier soir. Il n'avait pas l'air très enjoué, surtout qu'il sont en manque de serveurs, mais je me ruinais la santé là-bas.
— Oui, c'est mieux pour toi que tu arrêtes.
Il me sourit. Je me suis encore incrusté chez lui, n'est ce pas ? Et si lui venait chez moi ? Est-ce qu'il accepterait au moins ? J'attrape son téléphone qui se trouve sur la table basse et le déverrouille. Il a pas mît de code, il n'est vraiment pas prudent. Je vais dans ses contact et m'enregistre.
— Eh ! Qu'est-ce que tu fais ? demande-t-il.
— Je t'ai donné mon numéro. Maintenant au moindre problème tu m'appelles. J'ai également enregistré le tien, en m'envoyant un message de ton portable.
— Je ne peux pas faire ça...
— Bien-sûr que tu peux, il te suffit de me faire confiance. Bon, je vais devoir y aller !
Je me lève à contrecoeur et lui rend son portable. Je me dirige vers la porte d'entrée et il me suit. J'enfile ma veste et sourit en apercevant mon écharpe accrochée sur le porte manteau : il l'avait gardé. Il attrape mon bras.
— Attends Thomas ! J'aimerai savoir... pourquoi tu fais tout ça pour moi ? Pourquoi tu veux autant m'aider, alors que je suis simplement ton professeur d'histoire ?
Je me retourne et dépose un baiser sur ses lèvres, le faisant rougir une nouvelle fois.
— Parce que je t'aime, tout simplement.
☆ ★ ☆
✎ Yena
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Leave Me || Newtmas [BxB]
Fiksi PenggemarThomas redouble son année de terminale à cause de ses résultats catastrophiques. Ses parents décident alors de l'inscrire dans un nouveau lycée et de lui prendre un appartement, loin de chez lui et de ses amis. Il n'aura aucun mal à s'intégrer, Tho...
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