-Rideau- (final)

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Ses lèvres n'avaient pas changé.

Il n'y avait plus ce goût de chocolat noir, mais qu'importe.

Les lèvres de Luc sont délicieuses natures.


Son poing s'était abaissé, certes, mais pour s'enrouler avec son autre bras autour de mon cou, et plonger sa main dans mes cheveux pendant que l'autre caressait mon dos.

Sa bouche avait arrêté de vomir ces insultes, qui étaient à présent remplacées par des sons beaucoup plus agréables, surtout quand mon prénom venait se caler dedans.

Ses yeux ne me fusillaient plus de leur regard, mais étaient fermés pour apprécier l'instant délicieux.

Je ne sais pas si ça a duré cinq secondes ou une heure, mais au bout d'un moment, il a malheureusement fallu que l'on se sépare.

Je crois que Luc me regardait, mais j'étais trop occupé à rougir et concentré à observer son cou pour éviter de croiser son regard pour le savoir.

-Si j'avais su, je t'aurais frappé y'a belle lurette, il a dit au bout d'un moment en remettant une de mes mèches rebelles en place. Mais il va falloir que tu m'expliques, Lucas.

Après l'euphorie et le bien-être du baiser, j'étais à nouveau gêné par ma réaction qui devait être incompréhensible.

Mais j'ai levé les yeux vers lui et je lui ai tout réexpliqué.

Que je l'aimais.

Que ma Alice m'impressionnait trop pour que je puisse tenter quoi que ce soit.

Que je ne voulais pas qu'il se fasse du mal.

Que j'étais amoureux de lui.

Que c'était la raison de mon retour.

Que je voulais mon ancien Luc.

Parce que j'étais raide dingue de lui.


Luc est poli, comme dit auparavant. Il a attendu que je termine pour me réembrasser.

Et je crois que plus il me mord la lèvre comme il le fait, plus j'aime ça.

Au bout de plusieurs baisers éparpillés, notre taux de testostérone a commencé à nous faire tourner la tête et à chercher des contacts plus brulants sans vêtements, et surtout un peu trop bas.

Alors j'ai saisi ses poignets en me décollant de lui, prenant un air sérieux.

On n'avait toujours pas résolu le problème principal. A savoir si l'état de Luc nous permettait cette relation.

Je n'avais pas changé d'avis. Le Luc en face de moi était le mien, l'ancien, mais je savais qu'au moindre faux mouvement, il pouvait redevenir le nouveau.

Et pour en rajouter, je venais de me rappeler qu'il était un abonné aux coups d'un soir, chose que ma jalousie ne prenait pas très bien.

-Luc. Je- Te trompe pas, c'est très agréable, mais, on s'est éloignés du sujet. A savoir ça, j'ai dit en lui montrant ses poignets encore marqués.

-On a déjà eu cette discussion, il a fait la moue. Ça me fait du bien et ça m'empêche de me tuer. C'est plutôt cool comme avantages.

Cette réponse ne me convenait pas.

J'ai froncé les sourcils en amenant son poignet le plus endommagé au niveau de mon visage.

-Ça te fait du bien ?

-Ouais.

-Plus que quand je t'embrasse ?

Ça l'a coupé dans son élan et il a eu l'air de réfléchir.

-Heum...

-Plus ou moins ? j'ai insisté en baisant le plus doucement possible les marques.

-Heum, je, ça ne se compare pas Lucas, c'est trop différent...

-Oh, vraiment ? j'ai dit en léchant sa peau, parce que je savais clairement où tout ça allait nous mener.

-O-ouais, j'ai pas de préférences...

-Pas de préférences ? j'ai continué. Tu es sûr de toi ? Donc si j'arrête et ne t'embrasse plus jamais ce n'est pas grave, tu combleras avec ta lame-chérie ?

-C'est pas ce que j'ai dit !

-Si, tu dis que tu aimes pareil. Donc j'arrête, j'ai lâché le poignet. Tu ne fais pas d'efforts pour arrêter, je ne fais pas d'effort pour continuer. Simple.

-C'est du chantage affectif ça ! il s'est offusqué.

-Oui mais j'assume, je me suis levé. Donc ? Sûr de toi ?

-Tu bluffes !

-Non. Je prends ça comme un oui alors. Bye !

Je me dirigeais vers la porte quand il s'est relevé pour me bloquer le passage.

-Attends, mais t'as cru quoi ? Qu'avec un bisou magique tout allait rentrer dans l'ordre ? Que j'allais réaliser la beauté de l'amour pour-

-Non, j'ai cru que t'étais assez intelligent pour voir que t'as complètement arrêté de lutter ou de faire le moindre effort contre ça, je l'ai coupé en me penchant de façon que nos nez soient à quelques centimètres l'un de l'autre. Mais apparemment je me suis trompé. Je ne te demande pas d'arrêter du jour au lendemain, je ne suis pas idiot, je sais que c'est impossible. Je te demande de faire des efforts pour te limiter et d'accepter les aides qu'on te tend. C'est trop demander ?

Il n'a rien dit pendant quelques secondes. On se fixait en silence, sachant parfaitement que cette discussion allait marquer notre future relation.

-...On... Je pourrai pas Lucas. Tu t'attends à des trucs incroyables, tu penses que tout est possible avec de la volonté et de l'amour. Mais non. Tu te trompes. Y'a des trucs qu'on peut pas battre. C'est le cas ici.

-D'accord, tu ne pourras pas. Mais est-ce que nous on pourra ?

Il a souri d'un air désabusé.

-Mais c'est que t'es un vrai romantique toi.

-Faut bien que j'y crois pour deux si tu abandonnes. Alors ? Je ne te demande pas de réussir. Je te demande d'essayer.

-... Je n'y crois absolument pas, en toute honnêteté. Mais ça va faire trois ans que j'attends ce moment. Tu penses sérieusement que je vais dire non après tout ce temps ? Tu me demanderais d'apprendre le russe que je le ferais, il a ricané.

-Verbalise-le et je t'embrasse, j'ai dit très sérieusement en posant mes mains sur ses joues.

Il a posé les siennes sur les miennes, copiant mon air sérieux en me regardant dans les yeux.

-Moi, Lucas V, bien que parfaitement conscient du bordel qu'est notre amour, jure d'essayer d'aller mieux, et de faire ce que je peux pour cela, si c'est ce qu'il faut pour faire rester l'homme de ma vie, aussi appelé Lucas J à mes côtés.

Une promesse est une promesse.

Je l'ai embrassé.


Notre histoire n'a aucun sens.

Et notre futur fait peur.

Parce qu'il est hésitant.

Mais qu'importe.

Nous serons tous les deux.

Avec notre bordel d'amour.

Notre Bordel d'AmourDes histoires addictives. Découvrez maintenant