Chapitre 11

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"La pomme empoisonnée de blanche neige était sucrée."

-Anonyme

Depuis maintenant trois heures, mes sentiments se bousculent et je le sais, c'est bon, je le sais que désormais, la raison n'est plus le principal moteur de ma pensée.

"Il y avait un moment où... je commence un sourire de douleur accroché au visage. J'avais espéré que toi et moi on aurait vécu quelque chose en plus. Mais tu semblais si réticent.
- Harry... me murmure-t-il mais je le coupe, ne souhaitant pas entendre ses moqueries ou ses absurdités.
- Ne t'inquiète pas, je lâche sans le regarder. Ce que je te dis c'est pour me vider. J'en ai marre de tout devoir garder, de tout devoir te cacher parce que tu n'es pas prêt à aimer ou à m'aimer moi. J'en ai marre d'être le héros sur qui tout le monde pose ses problèmes en espérant que je les ferais disparaître. Marre de devoir te regarder en pensant que la personne à qui j'ai laissé une partie de mes secrets est en fait un menteur.
- Tu ne comprends vraiment rien.
- Tu as raison. Je ne peux pas comprendre, je répète en prenant un ton ironique. Ton présent de souffre douleur fait de toi quelqu'un dont on doit avaler la moindre de ses paroles sans douter.
- Harry, putain regarde moi !"

Je me tourne face à lui, debout, tête contre le cadre de fenêtre, je croise son regard, me rendant compte à quel point il a pu me blesser.

"Je ne te mens pas !
- Alors, qu'est-ce que t'as foutu ces deux semaines à m'éviter ! À discuter de tes problèmes avec Astoria. Comment puis-je te croire tandis qu'elle s'est déclarée comme Partisanne d'une cause qui coûte la vie à mes amis. Quelle excuse vas-tu trouver ? Peut-être  ne te suis-je simplement utile ? Peut-être que tu avais besoin de tirer un coup simplement pour te remettre dans le droit chemin ?

Je me défoule.
La pression que j'ai subis ces derniers mois a fait de moi une véritable cocotte minute, et Drago, est celui qui a déclenché l'alarme.

"Astoria, il répète lentement."

Je tique à ce nom et un rire nerveux lui noue la gorge.

"C'est ça, n'est-ce pas ? Ton problème, c'est pas cette foutue marque c'est le fait que je t'ai évité deux semaines ! Vraiment Harry, qui est le menteur à présent ?"

Je fronce les sourcils, serrant fermement ma baguette.

"Comment peux-tu penser une telle chose, je souffle. Je t'ai sauvé la peau. Je t'ai sauvé de tout ce que tu as fait. Je t'ai défendu et tu penses que c'est par une simple sensation de jalousie que je t'ai amené ici ? Pendant que toi, tu batifolais au quatre coins du château, je me suis inquiété !"

Je me redresse, lui tournant le dos avant de m'appuyer, la main au mur.

"Je t'aime, Harry."

Mon cœur se fige, ma respiration se coupe et je me mets à rire, désespéré.

"C'est un réel coup bas."

Je sens ma magie faiblir, laissant la paralysie se dissiper et mes jambes me lâcher mais le temps de m'en rendre compte, je suis plaqué contre la vitre froide de la chambre, les poignets serrés entre ses paumes chaudes, collées des deux côtés de mon visage et c'est, obligé de lâcher ma baguette, que je me mets à trembler de rage tandis que mes iris se perdent contre son torse ce qui me désarme intérieurement.

Ne pas le regarder, je me sussure en fermant les yeux.

Tentant de me barricader pour ne pas lui succomber, sa bouche glisse soudainement près de mon oreille et le souffle chaud qui la frôle m'en ferait gémir si je ne me concentrais pas.
Je tente de lui mettre quelques coups de pieds mais ses jambes contre les miennes et sa taille me rappellent que je n'ai aucune chance.

Vaincu, c'est triste et déboussolé que je laisse ma tête reposer sur son épaule. Le savoir si prêt de moi m'avait tellement manqué.
Son odeur boisée, sa puissante chaleur et ses muscles contractés sous ses habits.

Il m'a eût si facilement.

Mon cœur tambourine, ne demandant qu'à sortir de ma poitrine.

J'écarquille les yeux quand il chuchote :

"Harry... me souffle-t-il dans le creu de mon cou ce qui a le don de me faire frémir."

Un silence s'installe, me préparerant à encaisser ce qu'il s'apprête à me dire.
Putain, j'avais tellement envie d'y croire.

"Ne t'éloigne plus jamais."

Je relève ma tête et ouvre les yeux, choqué, plantant mes pupilles dans les siennes. Un électrochoc nous parcourt et, plus forte que moi, l'envie de l'embrasser prend le dessus tandis qu'il lâche doucement mes poignets.
Je pose donc une main derrière sa nuque, l'amenant à moi pour coller nos lèvres envieuses et sans attendre, il me rend ce besoin, sa main libre venant m'appuyer contre lui.

D'abord timide, notre baiser est léger, hésitant puis, sa langue passant sur mes lèvres, j'ouvre la bouche, lui laissant l'autorisation dont il s'empare, mêlant son muscle au mien. J'oublie.
J'oublie tout pendant cet instant. Ses secrets, son éloignement.

C'est fort, puissant, nos souffles se font plus bruyants, plus excités. Nos hanches, collées l'une à l'autre, se frottent, cherchant désespérément un contact plus charnel ce qui me laisse un goût de déjà-vu de notre premier baiser.

Tentant de se séparer, nous nous fixons quelques secondes et dans ses yeux, j'y distingue un désir ardant.

"Harry... Je ne t'ai jamais menti. Le Ministère...-
- Putain, ferme-la."

Je ramène à nouveau son visage vers moi, la fougue nous emportant.
Il s'écarte et retire rapidement mon haut, le laissant tomber au sol tout en sondant mon torse, mis à nu.

"Putain, Potter..."

Il me colle contre la baie vitrée et plonge sa tête dans mon cou tandis qu'une explosion de délice et d'envie s'empare de moi et, sentant mon sexe gonflé, je grogne. Mes mains déboutonnent sa chemise d'un blanc éclatant, laissant apparaître une peau lisse et appétissante.

Ses lèvres, elles, couvrent ma peau de baisers et de morsures tandis que je râle de plaisir.

Ce qu'on s'apprête à faire, je l'ai rêvé. Encore et encore, je me suis réveillé en chaleur par sa faute.

Mais je me rends compte que mes rêves ne sont rien par apport à la sensation que je ressens dans cette réalité.

¤

J'ouvre les yeux, les événements passés en revue devant mes yeux.
Nous nous sommes arrêtés en milieu de chemin. Je me rappelle avoir poussé Drago sur le lit, moi, le sous-vêtements restant et lui, le torse dénudé. Nous avions continuer de nous embrasser avant de nous stopper, conscients tous les deux que nous ne le devrions pas.

En tout cas, pas comme ça.

Aucune joie ne me parcoure.

Aucun bon souvenir ne m'envenime.

Ce moment que j'attendais plus que tout me rend silencieux.

D'autant plus quand mes iris croisent ceux de Drago, Lucius, Malfoy.

Couché sur le côté, un bras soutenant sa tête, il m'observe.

"Qu'est-ce qu'on fait maintenant."

Je continue de le fixer quand sa main glisse sur ma joue.

"On rentre à Poudlard en transport. Tu auras le temps de tout m'expliquer de A à Z.
- Ou ?
- Ou tu auras ce que tu voulais, un adieu définitif."

Son geste se stoppe.

"Voldemort a anéanti ce que j'avais de plus chère Drago. Il m'a interdit d'être normal depuis ma naissance. Mes parents. Puis Sirius. Cédric."

Un rictus de douleur s'empare de moi.

"Dumbledore. Doby, Sevrus, Fred, Hedwige, Professeur Quirell, et encore tellement. Là où je passais, la mort m'accompagnait."

Je continue de le regarder.

"Je sens que je peux te faire confiance mais..."

Je marque une pause.

"Tu n'as plus qu'une chance Drago, tente de ne pas la gâcher."

Venin - DrarryOù les histoires vivent. Découvrez maintenant