Aujourd'hui, c'était la pleine lune, et je le sentais : quelque chose en moi bouillonnait, prêt à exploser. Je n'arrivais pas à me contrôler, et c'est pour cela que Scott avait insisté pour rester avec moi cette nuit. Il savait qu'un seul faux pas, et je pourrais m'échapper, m'en prendre à des innocents... et je ne voulais pas que cela arrive.
— C'est assez serré ? demanda Scott en m'attachant des chaînes aux poignets.
Je me trouvais dans le sous-sol du lycée, un endroit froid, humide, où j'étais censée passer la nuit. Chaque mur semblait me renvoyer l'écho de ma propre anxiété.
— Ressers plus que ça, dis-je, la voix tremblante.
Il fit un geste rapide, ajustant les chaînes avec précision. Scott savait que je devais être parfaitement immobilisée : si je bougeais ne serait-ce qu'un peu, les dégâts pourraient être irréparables.
— Ça devrait suffire... je resterai ici avec toi, dit-il calmement, posant une main rassurante sur mon épaule.
Je regardai la fenêtre du sous-sol. La lune apparaissait, pleine, éclatante, inondant la pièce d'une lumière froide et argentée. Un frisson me parcourut le corps. Lentement, mes griffes commencèrent à sortir, mes yeux changèrent de couleur, et je sentis la transformation prendre le contrôle. Mon cœur battait à tout rompre, chaque battement résonnait comme un tambour annonçant ma perte de contrôle imminente.
— Tu n'es pas obligé de rester, Scott ! fis-je, tirant avec force sur les chaînes.
— Je vais rester... au plus près de toi. Je vais t'aider, murmura-t-il.
Je poussai un grognement profond, animal, et continuai de tirer sur mes chaînes avec toute la force que je possédais. Le métal résista un instant, puis commença à céder sous ma puissance décuplée. Chaque seconde passée sous cette lumière lunaire amplifiait ma folie, et je sentais le monstre en moi prendre le dessus.
— Calme-toi, T/P... respire... répéta Scott d'une voix douce mais ferme.
Je voyais sa silhouette se détacher dans la lumière, et malgré la panique qui me dévorait, un petit fragment de raison me dit de l'écouter. Mais ce n'était pas facile. Plus la lune brillait, plus mon corps semblait vouloir se déchaîner. Je me sentais hors de contrôle, prête à m'attaquer à tout ce qui bougeait.
Soudain, une des chaînes de mon poignet céda. J'étendis ma main pour attraper Scott, instinctivement... mais heureusement, il recula juste à temps.
— Rrr... grognai-je, les crocs découverts, un grondement sauvage sortant de ma gorge.
Je tirai sur l'autre chaîne avec une force presque surhumaine, et elle céda également. Je me levai, le corps tremblant de rage et de puissance, et un hurlement primal s'échappa de ma gorge. La pièce résonna de mon cri.
— Calme-toi, T/P... pense à quelque chose... pense à quelqu'un, me dit Scott, d'une voix ferme mais empreinte de chaleur.
J'essayai de me concentrer, mais c'était impossible. Tout ce que je voulais, c'était... tuer. La soif de violence et de destruction me consumait, un feu que je ne pouvais éteindre.
— J'y arrive pas ! criai-je, grognant à nouveau, la voix déformée par la transformation.
— Si tu peux... regarde-moi, fit Scott.
Il s'approcha, lentement, avec une prudence évidente. Je reculais instinctivement, les crocs toujours visibles, le souffle court.
— Non... je pourrais te blesser, dis-je, la voix brisée par l'animalité qui m'habitait.
— Regarde-moi, répéta-t-il, plus près cette fois.
Je le regardai. Ses yeux... ses yeux verts... étaient un ancrage. Tout ce qui me dévorait de l'intérieur commença à se calmer lorsque je plongeai dans son regard. Et c'est là que je réalisai quelque chose : je n'avais plus envie de tuer... j'avais envie d'autre chose. Quelque chose de doux, de réconfortant, de vivant. Je voulais... l'embrasser.
Instinctivement, je me rapprochai de lui. Nos lèvres se trouvèrent dans un baiser tendre, hésitant au début, puis plus passionné, sous la lumière argentée de la pleine lune qui filtrait par la fenêtre. La tension de ma transformation s'évanouit peu à peu, remplacée par une chaleur douce, un sentiment de sécurité que je n'avais jamais connu.
Le calme régna dans la pièce, mais c'était un calme agréable, presque rassurant. Nous nous détachâmes à bout de souffle, respirant difficilement, nos fronts collés l'un à l'autre. Je sentis mes yeux reprendre leur couleur naturelle, et mes griffes rétracter. L'humanité revenait dans chaque fibre de mon corps. Scott sembla également le remarquer, ses yeux brillants d'inquiétude mêlée de soulagement.
— Merci, Scott... euh... dis-je, gênée, les joues rougies par l'effort et la proximité.
— De rien, répondit-il simplement, un petit sourire sur les lèvres.
— Si tu as fait tout ça juste pour m'empêcher de me transformer... bah, bien joué... dis-je avec un léger rire nerveux.
Après tout, peut-être que ce baiser n'avait été qu'un moyen pour me calmer, un geste stratégique pour me garder sous contrôle. Et si c'était le cas... eh bien, ça avait parfaitement fonctionné.
— T/P... je t'ai embrassée parce que j'en avais envie... et visiblement toi aussi, ajouta Scott en prenant ma main dans la sienne.
Nos doigts s'entrelacèrent, et nous restâmes là, silencieux, nous observant l'un l'autre pendant de longues secondes. Puis, lentement, nous nous serrâmes dans les bras, respirant le même air, partageant le même réconfort.
— Merci d'être resté là... murmurai-je contre son épaule.
— T/P... tu te rappelles de la fois où je t'ai parlé de l'ancrage ? Et bien... je crois que je l'ai trouvé, dis-je en relevant les yeux vers lui avec un sourire timide.
Scott sembla surpris, mais son sourire s'élargit rapidement. Nous restâmes un moment dans le silence, savourant la sécurité retrouvée, la chaleur de notre lien et la lumière douce de la lune qui illuminait nos visages.
— Je crois que... je crois que je t'aime, dis-je doucement, presque un souffle.
— Moi aussi... et je crois que je n'ai jamais été aussi heureux que maintenant, répondit-il en me serrant plus fort.
La nuit s'épaississait autour de nous, et le sous-sol, autrefois lugubre et oppressant, semblait maintenant être notre refuge, un endroit où nous pouvions être nous-mêmes, loin de toutes les peurs et les monstres du monde extérieur.
Nous restâmes ainsi jusqu'à ce que la lune atteigne son zénith, partageant des baisers, des murmures, et des étreintes, chaque instant renforçant le lien unique et indestructible qui s'était formé entre nous. Le monstre en moi avait disparu, remplacé par un sentiment de sécurité et de chaleur que je n'avais jamais connu auparavant.
Et c'est ainsi que, ce soir-là, dans le sous-sol du lycée, entourée de chaînes brisées et de l'éclat d'une pleine lune, Scott et moi avons trouvé notre point d'ancrage. Nous avons trouvé l'un dans l'autre un refuge, une raison de rester humain, de rester connectés à la vie, et surtout... de rester ensemble.
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𝕴𝖒𝖆𝖌𝖎𝖓𝖊
FanfictieAlors prête à vivre ton histoire avec ton crush de toujours ? Si oui alors clique et choisi le personnage que tu souhaites... (ne pas se fier à l'écriture des premiers chapitres, c'est bcp bcp mieux après)
