Je cours à travers la forêt, le vent fouettant mon visage, mes muscles brûlants, suivi de près par Gale. Nos respirations se mêlent au bruissement des feuilles, à chaque foulée je sens la tension accumulée de l'arène se dissoudre peu à peu. La lumière du soir commence à teinter le ciel de nuances rosées et orangées, et nous atteignons enfin le sommet de la colline. De là, la vue sur le District 12 est panoramique, presque irréelle, comme si tout le poids du monde s'était temporairement suspendu.
Je m'arrête enfin, reprenant mon souffle en m'affalant sur l'herbe humide. Gale s'assoit à côté de moi, ses épaules larges et rassurantes à portée de ma main.
— Tu te rends compte... j'ai gagné les Hunger Games et je reviens ici... comme ça, murmurai-je, la voix étranglée par l'émotion.
Je repense à l'année dernière. L'arène, les combats, le sang, les cris. Tout le monde me connaît ici maintenant, et pourtant, personne ne peut imaginer ce que j'ai traversé. Les regards admiratifs des habitants du District 12 me paraissent presque absurdes.
— Raconte-moi... comment ça s'est passé pour toi, je sais que tu réponds souvent à cette question, mais devant les caméras, je sais que tu n'as pas le droit de dire la vérité, dit Gale, posé là à mes côtés.
C'est vrai. Dans toutes les interviews que j'ai données depuis ma victoire, je réponds vaguement, mes mots choisis avec soin, comme si chaque syllabe pouvait être surveillée. Le président Snow a l'œil partout, et je sais que chaque geste, chaque sourire, peut être interprété.
— Si tu veux tout savoir... les Hunger Games étaient comme une guerre mondiale, commençai-je, la gorge nouée. Ce jeu m'a détruite... je me battais chaque seconde, non seulement contre les autres tributs, mais aussi contre moi-même. Je devais me forcer à rester en vie, à ne pas céder à la tentation de... finir tout de suite... avec un couteau dans le ventre. C'était dur, horrible. Partout où j'allais, il y avait du sang. Je le ressentais dans chaque souffle, chaque pas. Pour la première fois de ma vie, j'ai connu la peur... pas la peur qu'on ressent devant un film d'horreur, non... la peur qui te ronge de l'intérieur, qui te consume lentement.
Quelques larmes roulèrent sur mes joues, et je les essuyai précipitamment, ne voulant pas montrer toute ma fragilité.
— Eh... Tu n'avais pas le choix... dit Gale, posant doucement sa main contre ma joue.
Je plongeai mon regard dans le sien, essayant de contenir la colère, la frustration et la tristesse qui bouillonnaient en moi.
— Pourquoi... pourquoi ne peut-on pas simplement vivre heureux, sans devoir tuer des innocents pour y arriver ? murmurai-je, la voix à peine audible.
— T/P... tuer ou être tué, c'était la seule solution, répondit Gale d'une voix calme mais ferme.
Malgré ses paroles réconfortantes, mes pensées étaient un torrent d'horreurs : les visages des victimes du Capitole me hantaient encore. Ces Hunger Games ne laissaient derrière eux que douleur et peur. Voilà ce que voulait le Capitole.
— Rue du District 13... elle a reçu une lance dans l'abdomen, Gale... elle est morte sous mes yeux. Comment je peux vivre avec ça dans ma tête ? Comment... ? sanglotai-je, incapable de retenir mes larmes.
Gale me prit dans ses bras, me serrant contre lui avec force, et peu à peu, mes pleurs se calmèrent. Le simple contact de sa présence me stabilisait, me faisait sentir vivante malgré tout ce chaos.
— Écoute-moi, T/P... tu souffres, et je peux le concevoir... mais tu es vivante. Et j'en suis heureux. Je n'aurais jamais pu continuer si je t'avais perdue dans cette stupide arène... Je t'aime, T/P. Tu comptes énormément pour moi, dit-il, les yeux plongés dans les miens.
Je restai sans voix. Gale... il m'aimait vraiment. Nous avions une relation particulière, unique, mais jamais je n'aurais imaginé qu'il puisse ressentir de l'attirance pour moi à ce point.
— Je... euh... murmurai-je, incapable de formuler une pensée cohérente.
Nous étions très proches maintenant. Je pouvais sentir son souffle, chaud et rassurant, caresser mon visage. Je sentis un élan irrésistible et me penchai vers lui. Nos lèvres se rencontrèrent dans un baiser timide, puis plus long, plus intense. Le bruit des oiseaux accompagna notre moment, en particulier le cri moqueur d'un geai, comme un clin d'œil ironique de la nature.
Lorsque nous nous détachâmes enfin, à bout de souffle, mes mains restaient accrochées aux siennes, incapables de lâcher prise.
— Je ne sais pas exactement ce que nous sommes... mais ce que je sais, c'est qu'à chaque instant passé dans l'arène, mes pensées revenaient à toi, Gale... toi, la seule raison pour laquelle j'avais envie de rester en vie... je t'aime, murmurai-je avec toute la sincérité de mon cœur.
Gale resta silencieux un instant, puis me prit à nouveau dans ses bras, m'entourant de chaleur et de protection. Je sentais ses battements de cœur contre les miens, et pour la première fois depuis longtemps, je ressentis un semblant de paix.
— Moi aussi, T/P... je t'aime. Et crois-moi, si je pouvais, je te protégerais de tout. De chaque danger, de chaque douleur, de chaque souvenir de cette arène... pour que tu ne souffres plus jamais, dit-il doucement.
Je fermai les yeux un instant, appréciant la sensation de sécurité qu'il m'offrait. La forêt autour de nous semblait silencieuse, comme si elle respectait ce moment, suspendue dans le temps.
Puis, mes yeux se rouvrirent et je le regardai sérieusement.
— Gale... promets-moi quelque chose, dis-je avec détermination.
— Tout ce que tu veux, T/P.
— Promets-moi qu'on survivra... qu'on trouvera un moyen de mettre fin à tout ça. Aux Hunger Games, au Capitole... je veux... je veux qu'aucun enfant ne subisse jamais ce que nous avons vécu.
Gale serra mes mains dans les siennes.
— Je te le promets, T/P. On se battra. Ensemble.
Un silence s'installa. Le vent agitait doucement les feuilles, et je sentis le poids de toutes nos peurs et de nos espoirs se mélanger. Je posai ma tête contre son épaule, laissant mon esprit vagabonder.
— Tu sais... je n'aurais jamais pensé que revenir ici, au District 12, me ferait autant de mal... mais en même temps, je suis contente d'être revenue, murmurai-je.
— Parce que tu n'es pas seule... et parce que moi, je suis là, répondit Gale.
Je levai les yeux vers lui, et son regard... ses yeux verts intenses... me transperçaient, me faisant oublier tout le reste. Sans réfléchir, je posai mes lèvres sur les siennes à nouveau, plus profondément cette fois, et Gale répondit avec la même intensité. Les heures passèrent presque imperceptiblement, et les derniers rayons du soleil teintaient la colline de tons rouges et dorés.
— Gale... je crois que je ne veux plus jamais te perdre, chuchotai-je contre ses lèvres.
— Et tu ne me perdras jamais, T/P. Je te le promets, ajouta-t-il.
Nous restâmes ainsi, enlacés, partageant notre souffle et nos battements de cœur, tandis que la forêt autour de nous s'assombrissait lentement. Les souvenirs de l'arène, les cris, la peur... tout semblait lointain, presque irréel. Ici, maintenant, il n'y avait que nous.
Je réalisai à quel point Gale et moi étions liés, pas seulement par la survie, mais par quelque chose de plus profond, plus intense. Quelque chose que le Capitole, avec toute sa cruauté, n'aurait jamais pu briser.
Et pour la première fois depuis longtemps, je souris vraiment. Parce que malgré la douleur, malgré les horreurs que nous avions vécues... nous étions vivants. Et nous avions l'un l'autre.
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𝕴𝖒𝖆𝖌𝖎𝖓𝖊
FanfictionAlors prête à vivre ton histoire avec ton crush de toujours ? Si oui alors clique et choisi le personnage que tu souhaites... (ne pas se fier à l'écriture des premiers chapitres, c'est bcp bcp mieux après)
