Jacob Black/TWILIGHT

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— Par ici, Paul ! m'écriai-je en levant les mains en l'air pour qu'il me passe la balle.

Nous étions en pleine partie de rugby avec les Quileutes, le soleil d'été frappant sur nos visages et l'air vibrant de nos cris et de nos rires. L'herbe sous mes pieds était humide de rosée, chaque foulée faisant éclabousser les gouttes comme de petites perles brillantes.

Paul me lança la balle avec précision. Je l'attrapai au vol et fonçai droit vers le camp adverse. Le vent fouettait mon visage, et mon cœur battait à tout rompre, l'adrénaline me donnant l'impression de voler. Je voyais l'espace devant moi, libre et parfait... presque jusqu'à ce que des bras m'enserrent brutalement.

L'odeur familière me frappa immédiatement. Jacob. Il me tenait fermement contre lui, son torse contre mon dos, et pour un instant, je perdis totalement la notion du jeu. Tout autour de nous semblait disparaître, remplacé par la chaleur de sa présence.

— Et vous avez fini ! criai Jared, exaspéré mais amusé.

Nous nous détachâmes finalement, nous regardant longuement, les yeux brillant d'une complicité silencieuse.

— Oh, les amoureux ! cria Seth derrière nous.

Je rougis violemment, incapable de trouver une réponse, et nous partîmes tous ensemble manger.

Emily, fidèle à elle-même, avait préparé un festin qui aurait rendu jaloux n'importe quel chef étoilé. Ses plats étaient délicats, parfumés et parfaitement présentés. Après nous être régalés de ses merveilles, nous décidâmes d'aller faire une promenade dans la forêt, comme nous avions coutume de le faire.

La transformation fut rapide et naturelle. Je sentis mes os se réarranger, mon corps se recouvrir d'un pelage blanc éclatant tandis que les autres prenaient leur forme de loups aux teintes brunes nuancées. Même transformés, je les reconnaissais tous immédiatement. La meute des Quileutes n'était pas seulement ma famille, c'était mon refuge, mes amis, mon équilibre.

Le vent fouettait notre fourrure, mais rien ne pouvait ralentir notre course. Courir ainsi, à une vitesse inimaginable, était une sensation d'extase pure : chaque arbre semblait s'incliner à notre passage, chaque souffle de vent était un frisson de liberté. Comme toujours, nous nous séparâmes pour nous chercher, transformant notre promenade en un jeu de cache-cache exaltant.

Je me détachai de la meute, cherchant un coin isolé pour profiter un peu de solitude. Le silence relatif de la forêt, seulement interrompu par le bruissement des feuilles, me faisait sentir vivante. Soudain, je perçus une présence derrière moi. Je me retournai et fis face à Kevin, un loup au pelage noisette de la meute Mondor.

Mon cœur s'accéléra. Kevin était l'un de mes ennemis les plus coriaces. Il s'aventurait souvent sur nos terres malgré le traité, conscient qu'être surpris ici pourrait lui coûter la vie. Et pourtant, il venait, défiant notre autorité avec arrogance.

Il s'avança vers moi d'une démarche imposante. Je grognai, montrant les dents, espérant le faire reculer. Mais il était rapide. Avant que je ne puisse réagir, il me griffa. La bagarre éclata instantanément. Je le mordis au cou, il me mordit la patte gauche, et nous roulâmes sur le sol en hurlant et grognant, le combat brutal et viscéral.

Un coup de griffe m'atteignit l'abdomen, et je couinai, m'effondrant sous la douleur. Le monde sembla vaciller autour de moi. Mais alors, comme surgissant d'un brouillard, un loup brun foncé apparut et engagea Kevin dans une lutte violente. Je reconnus immédiatement Jacob.

La vue de Jacob me donna une force nouvelle. Si quelqu'un pouvait vaincre Kevin, c'était lui. Après plusieurs minutes de lutte intense, Kevin s'éloigna en boitant légèrement, vaincu mais arrogant. Mon regard se porta sur ma blessure. La griffure brûlait, piquait, et je me sentais terriblement faible.

— Essaie de te retransformer, T/P, murmura Jacob dans mes pensées.

— Je ne peux pas, j'ai mal... répondis-je, tentant de me relever.

— Réessaye... il le faut, insista-t-il.

Je grognai, me concentrant, puis je puisai dans mes dernières forces pour retrouver ma forme humaine. Mon corps était épuisé, chaque mouvement me coûtant un effort immense. Jacob revint à sa forme humaine, habillé, et je réalisai avec une vague de panique que j'étais entièrement nue, à même le sol. Mais je n'avais pas le temps de m'attarder sur ce détail. La douleur me ramenait à la réalité.

Jacob me prit dans ses bras après m'avoir prêté son t-shirt, son torse nu contre moi. La chaleur de son corps me réconforta, me calmant légèrement la douleur. Les autres garçons de la meute arrivèrent ensuite, tous habillés, inquiets mais soulagés de me voir en sécurité.

— Qu'est-ce qu'elle a ? demanda Paul, anxieux.

— C'est Kevin... il l'a griffée. Je dois l'emmener chez Sam, dit Jacob, déterminé.

Je me sentais protégée dans ses bras, chaque pas qu'il faisait me donnant un peu plus de force. Une fois chez lui, je m'effondrai presque sur son lit, prise d'un énorme mal de tête. La pièce était calme, éclairée doucement par la lumière qui filtrait à travers les rideaux.

Je levai lentement un t-shirt, qui n'était pas le mien, et découvris un pansement ensanglanté couvrant ma blessure. Les images de l'attaque me revinrent immédiatement. Mon souffle se fit court.

La porte s'ouvrit brusquement, et Jacob entra, soulagé de me voir éveillée.

— Tu t'es réveillée ! dit-il, s'approchant.

— Apparemment... répondis-je, un peu gênée.

— Ça va mieux ? demanda-t-il, les yeux remplis d'inquiétude.

— Je crois que oui... merci à toi, murmurai-je en posant ma main sur la sienne.

Un silence s'installa, chargé de tension et d'émotions.

— Euh... on devrait changer ton pansement, dit-il finalement, brisant le silence.

Je hochai la tête, et il me demanda de lever mon t-shirt. Mon cœur battait la chamade. Je découvris ma plaie et, grâce à Emily, je portais des sous-vêtements en dessous, ce qui me rassura légèrement.

Jacob désinfecta la griffure, son regard concentré mais trahissant une gêne palpable. Il changea le pansement et me recouvrit délicatement.

— Merci, murmurai-je.

Nos regards se croisèrent, nos lèvres se rapprochant instinctivement. Je ne pus résister plus longtemps et l'embrassai. Ses mains vinrent contre ma taille tandis que je posai les miennes sur sa nuque. Le baiser s'intensifia, notre connexion palpable et brûlante.

Il commença à retirer mon haut, mais la porte s'ouvrit brusquement.

— Eh bien... je venais demander si tout allait bien... mais apparemment oui, dit Paul, un sourire amusé sur le visage.

Nous rougîmes tous les deux, pris sur le fait, et Paul repartit, visiblement ravi de pouvoir raconter l'anecdote à la meute.

Le souffle court, Jacob et moi restâmes seuls, le lien entre nous plus fort que jamais, une nouvelle intimité née de la peur, du courage et d'une passion contenue depuis trop longtemps.***************************************

Bonsoir à tous
Jour 7373636 de confinement
Rester chez vous bla-bla-bla
Non sérieux reste chez toi!!

𝕴𝖒𝖆𝖌𝖎𝖓𝖊Où les histoires vivent. Découvrez maintenant