chapitre trente-deux

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Liv-Helen

Nous étions lundi, soit le lendemain de notre dispute. J'avais cogité toute la nuit. J'avais décidée que ce soir, après le travail, j'irais chez lui pour que l'on discute. Je refusais de rester en froid avec lui, bien qu'il m'est blessée. Je ne savais pas trop si c'était à moi de faire le premier pas ou à lui. Mais peu importe.

J'encaissais les derniers clients. Jeanne commençait à ranger, je passais le balais et l'aidais à finir le rangement. Nous allions retirer nos tabliers et quittions la boutique. J'échangeais quelques banalités avec ma collègue pendant qu'elle fumait de cigarette. Une voiture se garait devant nous, et Mathieu en sortait.

- J'y vais, disait-elle, on se voit demain Liv-Helen.

Je souriais et lui faisais la bise. Je m'approchais de mon petit-ami. Il me tendait un sachet provenant de chez McDonald's et je ricanais. Il souriait également et semblait soulagée. Sans prononcer un mot, il ouvrait la portière et d'un signe de tête m'invitait à entrer, je le faisais donc et une fois installer il fermait la porte et entrait côté conducteur. Il roulait et je ne mangeais pas de suite, je savais qu'il avait une autre idée en-tête. Il se garait non loin de la Tour Eiffel.

Il saisissait le sachet posé sur mes cuisses et l'ouvrait. Il me tendait ma barquette et mes nuggets. Je le remerciais en murmurant.

- J'suis con, disait-il.
- Je sais.
- Sérieux Liv, soupirait-il.
- Tu me connais Mathieu, non ? Tu sais que je doute de tout, que je n'ai absolument pas confiance en moi et toutes ces choses. Les mots qui sont sortis de ta bouche hier étaient gratuits. Je suis désolée de paraître telle une ado mais je suis comme ça et c'est tout. Ça fait plus de six mois maintenant non ?
- J'sais. Mais c'est que ça me saoule que tu te remettes tout le temps en question.
- Je peux rien y faire.

Il soupirait.

- J'suis désolé.
- J'accepte tes excuses. Merci pour le McDo.

Il esquissait un sourire. Nous finissions de manger à quelques pas de la Tour Eiffel. Puis il me déposait chez moi.

- Tu montes ? Demandais-je.
- Aladin a besoin d'moi, mais demain s'tu veux.
- D'accord. Bonne soirée alors.

Je posais ma main sur la poignée mais Mathieu en décidait autrement.

- Liv.

Je me tournais vers lui, et il posait ses lèvres sur les miennes. Cette sensation de bien-être était de retour et je me sentais mieux.

- Tu peux y aller.

Je déposais un chaste baiser sur ses lèvres et sortait de la voiture. Je rentrais chez-moi, en souriant.

Anna m'appelait au même moment.

- Oui ?
- J'peux venir ?
- Bah oui.

Elle avait raccrocher. Une vingtaine de minutes plus tard, ma meilleure amie sonnait à ma porte. Je lui ouvrais et elle entrait après m'avoir fais la bise.

- J'me suis prise la tête avec Elie.
- C'est grave ?
- Sa mère ne m'aime pas et moi non plus. Alors on se prend toujours la tête à cause de cette vieille peau.
- Du calme, c'est ta belle-mère quand même. Pourquoi elle ne t'aimes pas ?
- Soit disant je suis impolie et que je suis une peste.
- Mais n'importe quoi.
- Et Elie ne prend absolument pas ma défense ! C'est presque comme si qu'il était d'accord avec elle !
- Non, je ne pense pas. Sinon vous n'habiteriez pas ensemble.
- Rien à foutre. Elle m'énerve, et lui qui est toujours d'accord avec elle. Il m'énerve lui aussi !

Je soupirais.

- Calme-toi. Je suis sûre que ça va s'arranger poupée.
- Ouais bah j'espère. Parce qu'il est hors de question que je perde Elie à cause de ses conneries.
- Il finira par se rebeller t'en fais pas.

Elle haussait les épaules. Je lui proposais de mettre Netflix pour qu'elle aille mieux, elle acceptait alors nous voilà à regarder la série Good girls.

Et c'était vers une heure du matin qu'elle quittait mon appartement allant retrouver son petit-ami, tandis que je m'endormais seule.

Quatre SaisonsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant