Après une longue journée à porter des sacs en suivant Arthur Pendragon dans les recoins les plus fréquentés de la ville, Merlin s'était effondré comme une masse dans son lit douillet. Le blond lui avait fait vivre un véritable enfer cosmétique dès qu'ils avaient quitté la boutique de Mordred. Il ne savait pas encore pourquoi mais il était certain qu'il voulait le punir en lui faisant subir tout cela. À leur arrivée au manoir, les quelques minutes que le blond avait passé au téléphone avaient fait disparaître son plaisir. Il avait ensuite expressément « demandé » à Merlin de ranger tout ce qu'il avait acheté parce qu'il devait s'absenter durant toute la soirée. Le sorcier n'avait même pas pu lui dire ces quatre vérités tant la fatigue le pesait.
Il était donc allongé dans les draps, bien au chaud dans l'ancienne chambre de Genièvre quand le sommeil l'emporta doucement.
-Emris... Souffla une voix, le poussant à s'endormir.
Il se sentit comme aspiré dans la masse de tissu avant de se réveiller sur le sol d'une grotte. C'était celle dans laquelle il avait vu Kilgaarah avant de retrouver Arthur. En comprenant cela, il se précipita au fond de l'endroit et sourit en voyant son vieil ami l'y attendre:
-Est-ce qu'il faut que je me fasse malmener par Arthur pour te parler ? Se plaint-il en posant sa main sur l'immense museau. J'ai tellement de questions à te poser !
Contrairement à son habitude, Kilgaarah ne partagea pas sa joie de vivre avec le puissant sorcier. Le sujet qu'ils allaient aborder était très sérieux et les rêves étaient bien trop courts pour que le dragon ne se perdre dans un récit du bon vieux temps.
-Je ne peux communiquer avec toi aussi souvent qu'il y a des années. Il te faut donc m'écouter attentivement. Commença-t-il solennellement.
Merlin hocha simplement la tête en signe d'accord et Kilgaarah déclara:
-Uther viendra dans les jours à venir. Tu dois empêcher Arthur d'épouser la femme qui l'accompagnera.
-Pourquoi ? L'interrogea Merlin surpris par cette décision. Est-elle dangereuse ? Elle est de mèche avec Mordred ou Morgan ?
-L'avenir d'Albion sera en danger si Arthur n'épouse pas celui à qui il est promis. Déclara Kilgaarah en s'approchant un peu plus du sorcier.
-Celui ? Je ne comprends pas...
-Albion sera perdu si le roi de Camelot ne t'épouse pas.
Merlin perdit la parole face à une révélation pareille. Lui, le serviteur, un vieillard de plus d'une centaine d'années, était destiné au roi de Camelot ? À son ami ?
-Le jour où Arthur prendra l'anneau pour te le passer au doigt, il se rappellera de l'ancien monde et toute la magie emprisonnée, se libérera.
Pendant que le sorcier faisait face aux non-dits de sa destinée, Arthur avalait cu sec des shots de bières dans un bar animé. Cette fois, il n'était pas entouré de tous ses amis. Il n'y avait que Gauvin, et il semblait tout aussi dévasté que son ami.
-Alors il vient vraiment. Et pour te marier ? Souffla Gauvain en se servant un autre verre.
-C'est ce qu'a dit Morgan. Répondit le blond en soupirant d'exaspération.
-Quand ?
-Dans deux jours, le temps qu'il s'occupe de paperasses. Dans quelle époque est-ce que l'on vit ?
Son compagnon de bouteille lui occulta une tape amicale dans le dos et ils trinquèrent avant de boire cu sec le liquide ambré. Arthur avait beau aimer son paternel, dans des moments comme ceux-là, il avait l'affreuse envie de lui balancer son héritage à la figure et s'évanouir dans la nature.
-Qu'est-ce que tu comptes faire ?
Les yeux azurs du Pendragon se posèrent sur le fond du récipient:
-Qu'est-ce que je peux faire... je n'ai personne pour l'instant.
-Présente-lui Merlin. Se moqua Gauvain pour lui redonner le sourire.
Cependant, à la tête que fit Arthur, Gauvain ne tarda pas à deviner que quelque chose clochait:
-Ne me dit pas que c'est ta Genièvre 2.0.
Arthur détacha son attention de son verre pour répondre à la négative à son ami mais un brin de doute le pris à la gorge:
-Est-ce que ça t'es déjà arrivé d'avoir l'impression de connaître une personne que tu n'avais jamais vu auparavant et d'avoir envie de la garder pour toi seul ?
-Ne commence pas avec tes histoires de drames romantiques ! Le sermonna Gauvain. Tu n'avais déjà aucune chance avec Genièvre mais là c'est du suicide.
-Dixite celui qui court après ma sœur. Grommela Arthur.
-Je vais faire comme si je n'ai rien entendu. Fit remarqué Gauvain avant d'ajouter, Et tu sais ce que ton père pense de l'homosexualité.
-Je ne suis pas gay. Pesta le blond, mais j'y peux rien. C'est juste comme ça...Tu ne peux pas comprendre.
Gauvain commanda l'alcool le plus fort à la barman et clama:
-Non, je ne comprends pas et je n'essaierai pas. Oublie tout ça pour une soirée et amuse toi autant que tu...
Gauvain s'arrêta brusquement dans son discours en apercevant un homme passer la porte de la boîte. Comme dirait un célèbre auteur: « Ce fut comme une apparition ». Il avait lu ça dans l'un des livres de la bibliothèque privée de sa dernière conquête et il n'avait franchement pas eu le temps de chercher le nom de l'auteur. De toute manière, cela n'avait aucune importance. Le véritable problème se trouvait dans le fait que son corps s'enflammait pour un parfait inconnu et surtout un homme. Une créature dénuée de ce qu'il appréciait le plus au monde: « les seins ».
Son enthousiasme, ami de toujours, le quitta aussi vite qu'une plume dans une tornade déchaînée. Il se décida donc à se rassoir puis confisquer la bouteille qu'on tendait à Arthur:
-Comme si tu le connaissais depuis toujours, tu dis ?Marmonna-t-il en noyant son incompréhension dans une bonne quantité d'alcool.
-Tu viens de dire que tu n'essaierais pas de...
-Je dis beaucoup de choses ! Mais ce qui m'intéresse vraiment, c'est ce que toi tu racontes ! S'exclama Gauvain avec un intérêt un tantinet trop accentué.
La réaction du brun paru louche mais Arthur ne lui en tint pas rigueur. Ce n'était pas la première fois que son ami agissait bizarrement:
-La première fois que je l'ai vu, quand il s'est mis à pleurer, j'ai eu l'impression que c'était de ma faute...
-Ça l'était sûrement, tu cries toujours sur tout ce qui bouge. Fit Gauvain en jetant de brefs coup d'œils à l'endroit où se trouvait l'homme mystère.
Le brun s'excusa pour son manque d'attention en rencontrant le regard de reproche d'Arthur:
-Je ne suis certainement pas le meilleur conseillé mais je sais que lorsqu'on désir quelque chose, ni la raison, ni un père homophobe, n'y peuvent rien.
-Je devrais tenté ma chance ?
Gauvain réfléchit sérieusement à la question avant d'hocher la tête avec un sourire franc:
-Il faut jouer si on veut gagner. Lança-t-il.
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Ton destin
FanfictionArthur est mort il y a environ 1600 ans et tous ses amis quelques siècles auparavant, alors, comprenez que Merlin ne s'attende pas à les revoir au 21ème !
