Chapitre 18

2.7K 107 21
                                        

Point de vue de Leïla :

J'ai tout vu. La main de Margaux sur la cuisse de Tyler, Tyler qui reste indifférent face à sa remarque puis qui lui donne mon bracelet, Margaux qui le regarde de près avant de le mettre à son poignet. Tyler qui lui demande plusieurs fois de le récupérer, Margaux qui finit par le balancer parterre, les perles de mon bracelet rouler dans toute la classe, Tyler se précipiter en grognant pour récupérer toutes les perles et récupérer mon bracelet, et qui finit par être viré du cours avec Margaux.

J'ai assisté à toute la scène, et j'en veux à Tyler d'avoir laissé Margaux prendre mon bracelet. Mais d'une autre part, il était trop mignon quand il lui demandait de le lui rendre. Il avait l'air d'y tenir, à mon bracelet bleu. Et puis, quand il s'est retourné pour le regarder, il semblait penser que je lui en voulais mais en réalité, j'en voulais surtout a Margaux pour plusieurs raisons.

Sa proximité avec Tyler, son insistance, et sa méchanceté. Quand elle a balancé mon bijou parterre, j'ai failli la gifler, mais je me suis retenue. Maintenant, je culpabilise pour Tyler qui non seulement doit penser que je le déteste, mais qui s'est aussi fait viré du cours à cause de Margaux.

Je ne pense pas qu'il l'apprécie particulièrement, surtout quand il m'a défendue, ce matin dans la salle de musique. J'ai bien aimé le fait qu'il comptait la traiter de connasse...

Point de vue de Tyler :

Je sors de la classe en furie, les restes du bracelet de Leïla en main. Margaux sourit, comme si elle était contente de son acte. Moi, je me contente de lui lancer des éclairs avec mes yeux.

– Tu fais chier ! Je lui crie en sortant du cours. Qu'est-ce qu'il t'a pris ?

– J'ai pas fait exprès...

– Ouais, c'est ça, je souffle, excédé. C'est quoi ton putain de problème, Margaux ? Je lui hurle.

– Mon problème ?!! C'est cette conne de service ! S'énerve-elle.

– De qui tu parles ? Je lui demande sévèrement.

– De Leïla ! Souffle Margaux, plus calmement. T'arrêtes pas de lui parler, on dirait que tu la préfères elle à moi, alors que je suis mille fois mieux qu'elle...

Quelques larmes coulent sur ses joues, mais mon expression est toujours aussi froide. Je n'ai pas envie d'essuyer ses larmes parce que clairement, elle me fait du cinéma.

– C'est pas une raison pour casser son bracelet et la traiter de conne, je déclare doucement.

– Mais évidemment que j'ai cassé son bracelet ! Tu portes encore le bracelet de ton ex tous les jours ! S'écrie-t-elle, en versant encore quelques larmes.

Je meures d'envie de lui dire que ce n'est pas mon ex, mais je me retiens.

– On est encore amis !

– C'est bien ça le problème... Souffle Margaux.

Je rêve... Elle ne veut plus que je parle à Leïla, sous prétexte qu'elle est jalouse ?

– Je ne vais pas arrêter de lui parler pour autant, décrété-je.

Margaux ne répond pas. Au lieu de ça, elle se blottit dans mes bras. Mais je n'ai pas envie de son câlin, alors je la repousse.

– Tu ne veux pas de moi ? Demande-t-elle, au bord des larmes alors que celles-ci s'étaient arrêtées. Tu préfères Leïla, c'est ça...

– Arrêtes de me faire ta crise de jalousie putain ! Je hurle dans tous les couloirs, tellement fort que je crois que les profs ne vont pas tarder à venir demander ce qu'il se passe.

Elle se fige, et ne dit plus rien. Puis je me rends compte que je lui ai hurlé dessus et qu'elle a eu peur. Alors je la prends doucement dans les bras, même si je n'en ai pas vraiment envie...

***

Quand je rentre chez moi, il n'y a que mon frère, assis sur le canapé du salon. Il est en train de jouer à la Playstation.

Je l'informe de ma rentrée et vais dans ma chambre. J'ai beaucoup de devoirs, et je devrais les faire, mais je ne suis pas motivé. Je m'affale alors sur mon lit et sors le bracelet en miettes de Leïla. Je repense à elle, et à Margaux. Je suis perdu, je ne sais plus quoi penser de ces deux filles.

Elles me rendent complétement fou, c'est dingue.

Je me résigne à m'installer à mon bureau et à essayer de réparer le bracelet de Leïla. Mais c'est plus dur que prévu, la chaîne est cassée...

Après une heure d'acharnement, je décide d'aller prendre une bonne douche. Et sous les jets d'eau chaude qui tombent sur ma tête, je pense à ce que je vais répondre à Leïla quand elle va voir que j'ai cassé son bracelet... Elle va me haïr, elle y tenait, à ce bijou. Je me sens nul, lâche, idiot.

Leïla ne m'a pas reparlé de l'après-midi, par contre, Margaux, elle, ne m'a pas lâché d'une semelle...

***

Je descends de mon scooter, enlève mon casque noir de ma tête et me dirige vers mes amis. C'est-à-dire Sacha, Nicolas, Cassandra...

Mais je n'ai à peine fait deux pas que je sens une masse sauter sur mon dos. Je tourne la tête et soupire en voyant Margaux.

– Tu m'as fait mal...

– Oh ! Ça va ! J'ai la flemme de marcher, tu peux me porter jusqu'à Cassandra ? Me demande-t-elle.

Habituellement, je l'aurais portée sans problème et l'aurais même fait tourner sur elle-même pour la faire rire. Mais là, je n'en ai pas envie. J'ai pas envie de l'entendre rire. Alors je la repose doucement et lui dit calmement :

– Je suis fatigué, Margaux.

– Mais t'es pas drôle ! S'écrie-t-elle en me tirant par la main.

C'est étrange parce que pour la première fois, quand Margaux me prend la main, je ne ressens rien, je ne frissonne pas, je dirais même que sa main dans la mienne me dérange. Mais pour ne pas faire polémique, je ne bronche pas et la suit jusqu'à mes amis.

On discute un peu tous ensemble mais je n'écoute pas, je suis un peu perdu dans les pensées. Bon, ok, ça fait au moins dix minutes que je regarde Leïla avec un sourire béat sur le visage...

Elle est sur le dos de Matthieu, et ce dernier la fait tourner dans tous les sens, il court à travers toute la cour, bousculant des lycéens au passage. Le rire de Leïla s'envole haut dans le ciel, et me fait sourire de plus belle. Elle est jolie, quand elle rit.

Oh mon dieu Tyler, tu te rends compte de ce que tu viens de dire ? "Elle est jolie, quand elle rit" plus niais tu meurs...

J'ai presque envie d'être à la place de Matthieu : faire rire une fille en la portant sur mon dos. Sauf que j'aurais très bien pu le faire avec Margaux, mais j'ai clairement refusé.

C'est là que je me rends compte d'un truc :

Ce n'est pas une fille ni Margaux que je voulais faire rire, c'est Leïla. Elle seule.

FAKE. Tome 1Où les histoires vivent. Découvrez maintenant