Chapitre 17

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Point de vue de Tyler :

J'étais en train d'enlever mon collier du cou de Leïla (même si j'aurais bien aimé qu'elle le garde) quand j'entends un raclement de gorge. Je tourne la tête et vois... Margaux.

Oh non. Les ennuis commencent. Comme d'habitude, elle va me faire un crise de jalousie et ça va être la merde.

– Je peux savoir ce que tu fais là, bébé ? Demande-t-elle avec une voix suraiguë.

– Je... C'est pas ce que tu crois, Margaux... Je bafouille. Je suis juste venue voir Leïla jouer du piano et je l'aide à enlever son collier.

– Mais préviens moi quand tu pars ! Et depuis quand tu t'intéresses à la musique ? Et à Leïla en plus ? Je veux pas que tu lui parles, c'est ton ex.

Je hausse les sourcils. Comment ça elle m'interdit de parler à Leïla ? Je regarde cette dernière, qui est bouche bée. Elle a l'air énervé.

– Écoute-moi bien, toi... Dit-elle en s'approchant de Margaux. S'il a envie de venir me voir chanter parce qu'il trouve que c'est plus intéressant que te galocher, il a le droit. Maintenant, tu te casses d'ici avant que je t'en mette une.

Ouch, bien envoyé. Je me retiens de rire et écoute Margaux riposter.

– Tu me parles pas sur ce ton espèce de connasse ! Et d'abord, je te rappelle que Tyler t'as quittée pour moi, il n'en a rien à faire, de ta petite tronche !

Je rêve, ces deux filles sont en train de se battre pour moi. Je vois que Leïla ne dit plus rien, elle fusille Margaux du regard et se mord la lèvre. Elle a l'air affecté par ses paroles. Je comprends donc qu'elle veut lui dire que depuis le début, nous faisions semblant d'être ensemble et que je n'ai pas "quitté" Leïla pour Margaux.

Mais avant que ça parte en vrille, je m'interpose entre elles deux et lance à Margaux :

– Tu la traites pas de connasse !

Elle écarquille les yeux.

– Ah parce qu'en plus, tu la défends elle ?

Et là, je me rends compte que j'aurais peut-être dû défendre Margaux, même si je n'en ai pas la moindre envie.

Je passe ma main dans les cheveux et regarde Leïla, qui me souris faiblement. Puis je dis à Margaux :

– Bébé, je...

– Non, me coupe-t-elle, me parle plus.

Et elle s'en va, pour mon plus grand soulagement.

Je tourne la tête vers Leïla, qui semble triste.

– Eh ? Ça va pas ? Je demande en passant mon bras sur ses épaules.

Elle relève la tête vers moi, et son regard se perd dans le mien. Ses yeux verts sont hypnotisants, je n'arrive pas à m'en défaire.

– En fait, ça m'a fait mal quand Margaux a dit que tu n'en avais rien à faire de moi... J'ai l'impression que depuis que tu sors avec elle, tu ne m'aimes plus, tu veux plus me parler.

– Je... Non, Leïla ! C'est pas vrai. Ne t'occupes pas de ce que cette co... De ce qu'elle t'as dit, me reprené-je.

Leïla sourit en comprenant que j'allais la traiter de connasse. C'est vrai qu'elle m'a énervé, aujourd'hui.

Je baisse les yeux sur mon collier dent de requin et regarde Leïla. Je prends sa main dans la mienne et lui donne mon collier. Je voix qu'à mon contact, elle se crispe.

– Tu sais quoi ? Je te le donne, c'est un signe de notre amitié. Comme ça tu sauras que je tiens à toi, c'est une manière de te remercier pour ce que t'as fait...

Elle sourit avant de détacher son bracelet bleu de son poignet, celui que j'aime tant. Elle me le tend en silence, et j'accepte son cadeau. Je l'attache à mon poignet et je ne peux m'empêcher de sourire. Son bracelet est beau, et je trouve que sur moi, il l'est encore plus, il est le symbole de notre pacte.

Je lui embrasse la joue et sors de la salle de musique, le sourire aux lèvres et les joues rouges.

***

Je suis en cours à côté de Margaux qui a fini par se calmer, mais qui n'apprécie toujours pas le fait que je passe du temps avec Leïla.

J'écris ce que nous dicte le prof et je ne peux m'empêcher de regarder le bracelet bleu qui est à mon poignet. Celui avec lequel j'écris. Je souris puis me reconcentre sur ma feuille.

Mais Margaux n'est pas de cet avis...

Elle pose une main sur ma cuisse, discrètement sous la table et me susurre à l'oreille :

– T'écris vachement bien, c'est à cause de ce joli bracelet ?

Je soupire mais ne réponds pas. Je n'ai pas envie de lui parler.

– Je peux le voir ? Demande-t-elle.

– Y'a rien à voir, Margaux, je souffle sèchement.

– Allez ! Je veux juste jeter un coup d'œil ! S'exclame-t-elle. Passe-le moi ! Je te le rends après.

Quand elle veut quelque chose, elle n'abandonne pas, alors je soupire, détache le bracelet de Leïla et le tend à Margaux. Ensuite, je le reprendrai.

Elle le récupère et me sourit, puis, elle le regarde un peu sous tout les angles et souffle :

– Il est très joli.

– Oui, maintenant, rends-le moi.

– Pourquoi t'y tiens tant ? Ça fait seulement un mois que tu l'as et tu ne le lâches plus ! S'exclame-t-elle.

– Mademoiselle Silvestre, moins fort, je vous prie ! Crie le professeur à l'adresse de Margaux.

Cette dernière s'excuse avant de passer le bracelet bleu à son poignet. Non mais je rêve...! Malgré tout, je la laisse faire, je n'ai pas envie qu'elle me pique une crise.

Je soupire, mais je ne supporte pas de la voir avec le bracelet de Leïla, il faut que je le récupère. D'ailleurs, je cherche Leïla du regard et quand je la vois, elle me fusille du regard. Je crois qu'elle a vu que Margaux avait son bracelet. En même temps, elle n'est pas très discrète. Je lui lance un regard qui veut dire "C'est pas ce que tu crois !" mais elle tourne la tête.

Je soupire une nouvelle fois avant de dire à Margaux :

– C'est bon, tu l'as assez vu comme ça, maintenant rends-le moi.

Elle ignore ma demande et souris.

– Tu ne trouves pas qu'il est encore plus joli sur moi ?

Je souffle.

– Rends-le moi.

Je la soutiens du regard, et prends l'air le plus sérieux possible.

– Tu sais quoi ? Me dit-elle, t'as raison, il est moche.

Elle le détache de sa main mais sans que je m'y attende, elle le balance par terre, et le bracelet se casse. Toutes les magnifiques perles bleues s'étalent sur le sol et roulent autour de notre bureau.

– Oups, lâche Margaux.

Je pousse un grognement et me précipite par terre afin de récupérer toutes les perles. Franchement, elle abuse. Je sais très bien qu'elle l'a fait exprès parce qu'elle sait qu'il est à Leïla. D'ailleurs, comment est-ce qu'elle va réagir ? Oh là, là, là... C'est une vraie catastrophe, mais ce qui est certain, c'est que Margaux va le payer.

FAKE. Tome 1Où les histoires vivent. Découvrez maintenant