Alec se retourna vers Magnus après qu'ils soient tous les deux entrés dans la chambre. L'ancien prisonnier avait des cernes encore plus profondes que lorsque le cow-boy l'avait trouvé dans la neige. Il ne semblait pas avoir beaucoup dormi au cours des dernières semaines. Peut-être avait-il passé ses nuits à courir les bars et fêter jusqu'au matin en compagnie de beaux jeunes hommes ordinaires qui ne lui compliquaient pas la vie. Le rancher était pris dans cette horrible pensée quand Magnus releva le bras qui tenait la poche de sang.
— Je tiens à ce que tu te nourrisses, cintaku.
— Je n'y arriverai pas, Magnus, soupira Alec avec défaitisme. C'est sans espoir. Avec toi, j'étais capable, mais je ne le serai plus jamais sans toi.
Il évita de regarder Magnus dans les yeux et tourna la tête vers la fenêtre, essayant de maîtriser sa tristesse en serrant les poings.
— En passant, je suis désolé que Simon t'ait ramené ici. Je sais que tu ne me pardonneras pas, mais je voulais juste te dire que je t'aime vraiment, même si tu crois le contraire.
Alec baissa le regard vers sa main et remarqua que ses jointures blanchissaient de plus en plus. Il respira profondément pour se garder contenance et ferma les yeux. Il continua néanmoins ses excuses.
— Ce n'était pas le moment de parler de Simon, tout de suite après notre intimité, et j'ai tout fait foirer. Pardon. J'espère qu'un jour tu sauras me pardonner. Je croyais vraiment te faire rire, mais tu es devenu tellement furieux que je n'ai pas eu la chance de tout t'expliquer.
Alexander avait les yeux remplis d'eau. Sa bouche le trahissait en émettant des trémolos entre chaque mot. Il avait honte de sa réaction et il tourna finalement le dos à Magnus en se dirigeant vers le lit. Il sentit Magnus l'attraper par la main et essayer de le retenir.
— C'est bon, Magnus. Tu peux y aller maintenant. Merci d'être passé. Sans toi, Clary serait dans un sale état.
Il n'avait pas encore changé de position et tournait toujours le dos à Magnus, la tête basse et les épaules plus lourdes que jamais.
— Cintaku, c'est moi qui te dois des excuses. J'ai très mal réagi et c'est Simon qui m'a fait réaliser à quel point. J'ai été le pire des idiots. J'admets qu'il doit être un grand ami pour venir me chercher alors qu'il me déteste autant. Ce que j'ai cru être de l'amour était plutôt une grande amitié. Je le sais que tu as le cœur sur la main et que tu es incapable d'être fâché contre les gens. C'est une qualité exceptionnelle que je vais devoir apprendre à apprécier au lieu de croire que tu aimes tout le monde d'amour et non d'amitié.
Alec laissa sortir un énorme sanglot. Il voulait qu'il reste, mais en même temps, il ne pouvait le retenir contre sa volonté. Il le savait dès le début que Magnus ne gardait pas ses amants longtemps.
Il secoua le bras pour se défaire de l'emprise de Magnus et, dès qu'il fut libre, il continua vers son lit. C'était son refuge depuis la dernière semaine et demi. C'était sans compter sur Magnus qui l'arrêta, une seconde fois, en le faisant se retourner pour lui prendre le visage.
— Mon ange, je ne pars pas, sauf si c'est ce que tu veux.
Les yeux d'Alec étaient des grands lacs prêts à déborder. Il ne pouvait plus rien prononcer, tellement sa gorge le serrait. La seule chose qu'il put faire fut de faire signe que non de la tête. Ses yeux suppliaient Magnus de rester avec lui et l'ancien prisonnier approcha son visage du sien.
— Je ne pars pas. Je reste avec toi.
Alec éclata en sanglots ne pouvant retenir davantage toutes ses émotions. Son compagnon, tout aussi émotif, ne put lui-même retenir une larme de couler. Est-ce qu'il pouvait dire qu'Alec lui avait pardonné? La question se posait toujours quand il fut attiré violemment vers le rancher.
— Ne me quitte plus. J'ai trop besoin de toi.
— Jamais plus...
Et les deux hommes s'embrassèrent désespérément, chacun se cramponnant à l'autre et goûtant enfin le bonheur qui les avait quitté tous les deux. Le baiser salvateur tant attendu fut interrompu aussi rapidement qu'il était arrivé.
— Ouchhh! T'es crocs m'ont fendu la lèvre.
Alec devint la bouche plus sèche que jamais. Il venait de goûter au sang de Magnus. Il était sublime. Une seule goutte et son envie de boire le rendit encore plus crispé qu'il l'avait été au cours de la dernière semaine. Il tendit la main vers la poche de sang que tenait toujours Magnus et la déchira littéralement avec ses canines. Il avala le contenu d'un trait et remit ses main sur les épaules de Magnus.
— Je reste avec toi, Alexander. Respire.
Il avait repris le beau visage d'Alec entre ses mains et faisait de petits mouvements circulaires, avec ses pouces, sur sa mâchoire crispée.
— Je t'aime, mon ange.
Alec s'était détendu et colla son front à celui de Magnus. Il était décidément sa seule bouée de sauvetage, son salut et son sauveur tout à la fois. Il ferma les yeux et, quand il les ouvrit à nouveau, Magnus put voir que l'étincelle rougeoyante qu'il y voyait, l'instant d'avant, avait enfin disparu.
— Viens, je ne veux pas te partager avec personne d'autre ce soir. Au diable ta famille biologique. Tu la connaîtras bien assez tôt.
Le couple n'avait pas besoin de plus que d'être dans les bras l'un de l'autre. Il fallait repartir sur une bonne base et Magnus insista pour tout connaître de son ami Simon.
— Je te promets que je vais utiliser tout ce que tu me diras pour notre bonheur à tous les deux. Il n'est pas question que je te perde encore.
— Son vrai métier c'est électricien. Il travaillait dans une fête foraine avant de venir nous rejoindre, Clary et moi.
— Ouais, et ses fils se touchent parfois, je crois, commença Magnus.
— MAGNUS!
— Désolé cintaku. Il va falloir que je travaille fort, mais je te jure que je vais y arriver. Pour toi, je ferais n'importe quoi.
— Mmmmm!
— Continue, c'est très intéressant. Ça doit tellement être un casse-tête de toujours réussir à illuminer les manèges. Il me semble qu'on voit toujours des fils étendus un peu partout. Il faut sûrement aussi être bricoleur pour faire ce métier.
— Il était passionné par les chevaux. C'est la raison pour laquelle il était là. Quand j'ai acheté le ranch, je lui ai promis qu'il en aurait la responsabilité. C'est pour ça qu'il est ici maintenant. Ça, et le fait qu'il aime faire fuir mes petits amis dès que j'ai le dos tourné.
— Pour ça, il aurait dû en faire son métier. Il s'y prend à merveille, rouspéta Magnus. Oh Desolé, c'est plus dur que je le croyais de ne pas le détester.
— Je sais, mais il ne le fait pas par plaisir. J'ai toujours été malade, enfin je croyais. Les hommes, dès qu'ils apprenaient pour ma maladie, cherchaient des excuses et c'était toujours à recommencer. Si l'un d'entres eux faisait au moins l'effort d'être avec moi, malgré tout, il disparaissait dès qu'il savait ce que je buvais. Simon n'aimait pas du tout comment ils me traitaient. Alors, il s'est mis à les mépriser, à leurs gueuler dessus pour des raisons inutiles, tout ça pour ne pas que j'aie le temps de m'attacher à eux.
— Il pourrait devenir mon garde du corps, pensa Magnus. J'avais oublié ce que c'était de fuir sans arrêt mes admirateurs. Il serait très bon pour les faire fuir et je le paierais très bien.
— Merci de faire l'effort, Magnus, mais Simon ne partira jamais du ranch. Il a vraiment trouvé ce qui lui plaît. En plus... non... laisse tomber.
— En plus, quoi?
— Non, la dernière fois, tu es parti. Je t'assure que tu ne trouveras pas ça drôle.
— Je ne pars plus sans toi. Tu peux me dire. Je sais bien, maintenant, que c'est ton ami, et rien d'autre.
Alec regarda Magnus, un peu inquiet. Son petit ami lui confirma d'un signe de tête qu'il pouvait parler.
— En plus, je ne crois pas qu'il aimerait être ton garde du corps, sachant ce qu'on pourrait faire, tout juste derrière la porte de notre chambre.
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Sang espoir (Malec AU)
Fiksi PenggemarAlexander dit Alec, adopté par les Morgenstern, est malade depuis sa naissance. Cette maladie du sang, inconnue de tous, l'oblige à recevoir des transfusions sanguines tous les jours. Ses goûts culinaires plutôt incongrus ne plaisent pas à ses paren...
