-...
Le silence.
-...
Le noir.
-...
Le vide.
Un bourdonnement se fait entendre. Au loin. Un sifflement.
Je ressens une pression sur ma poitrine. Lourde. Espacée.
Je n'ai aucune sensation spatio-temporelle, de mon corps, de mes doigts ou même de mes jambes. Je ne sens rien. Rien du tout. Le silence emplit mes oreilles, le noir envahi mes yeux et le vide se fait à l'intérieur de mon corps.
-Ne me lâche pas.
A nouveau on m'écrasait. Un poids lourd tombe sur ma poitrine de façon répété.
-Respire.
On s'acharne sur mon corps. On le martyrise. On le violente. Un coup est porté plus fortement que les autres. Et là, je les sens. Mes poumons. Lourds, brûlants, irrités.
Je n'arrive pas à respirer. Je m'étouffe. Je veux tousser pour expulser le corps étranger dans mes poumons mais cela ne sert à rien. Je m'étouffe encore plus. Une pression se fait ressentir sur mes bras et là, j'arrive à situer mon corps dans l'espace. Je me sens allongé sur le dos mais je suis rapidement mise sur le côté. Je tousse de nouveau et sens un liquide remonter le long de ma trachée pour être violement vomi de mon corps. J'enfonce mes mains dans le sable. Je respire à nouveau et m'écroule de faiblesse. J'ouvre les yeux et un grand soleil m'aveugle.
-Aglaé ! Hurle-t-on dans mes oreilles.
Alors que je me redresse pour être en position assise, un corps vient percuter le mien. Inconsciemment, je le sers contre moi, chaud et rassurant à la fois.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
J'ouvre à nouveau les yeux et un visage d'ange me fait face. Une chevelure blonde brille au soleil. Clara. J'essaie de me souvenir. La maison de mes parents, le miroir, la Sicile, la nuit. L'eau.
- Je me noyais, je fais piteusement.
- Mais tu es idiote ma parole. C'était l'entrée des Enfers. Il fallait plonger et attendre. Selon la mythologie grecque c'est à cet endroit qu'Hadès a kidnappé Perséphone, c'est pourquoi on considère ce lac comme une entrée officielle des Enfers. Beaucoup se baignent dans ce lac sans jamais passer la frontière. Tu n'auras pas dû te débattre. Tu as bien failli mourir noyer ! Quand j'ai vu le lac te recracher et que tu ne bougeais pas, j'ai eu la peur de ma vie.
Je regarde autour de moi et remarque un grand lac bordé de sable de fin. Le soleil est haut et étincelle à la surface de l'eau. A l'autre bout du lac il y a des arbres à perte de vue. Une forêt sûrement.
- Donc nous sommes... je commence.
- En Enfer, oui, fait-elle doucement en regardant autour d'elle.
- C'est bizarre. Je ne me l'imaginais pas comme ça.
- Moi non plus, elle m'avoue.
Elle se lève et m'aide à en faire de même. J'ai les vêtements trempés d'eau, lourd. J'enlève complètement mon manteau dont la fermeture était dézippée. Clara peste contre ses vêtements qui lui collent la peau.
-Si seulement on avait des vêtements de rechange afin d'être au sec.
A peine les mots ont franchi sa bouche qu'une brise chaude vient secouer nos corps refroidis par le bain nocturne de Sicile. Une petite tempête de sable nous fouette le visage nous faisant fermer les yeux. On essaie de se protéger au mieux et quand tout s'arrête, je les rouvre. Rien n'a changé enfin presque rien. Clara, qui est devant moi, porte des vêtements différents de ceux qu'elle avait quelques minutes plus tôt. Ses longs cheveux blonds sont légèrement bouclés et coiffés d'un chapeau pointu dont la pointe se courbe un peu derrière. Elle porte maintenant une chemise blanche sous un corset streampunk marron et un pantalon de cuir noir. Des gants en cuir marron couvrent ses mains.
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Witch's soul
ParanormalPour certaines personnes il ne suffit pas de tourner la page et recommencer à zéro, il faut parfois savoir déchirer la page ou brûler le livre complet pour mériter un nouveau départ. Aglaé a complètement brûlé sa bibliothèque pour réécrire son histo...
