Point de vue Alban
On se relayait toutes les heures pour surveiller Gabriel. Il était pâle et transpirait beaucoup. Pas une seule fois il n'a bougé depuis qu'on l'a installé dans son lit. Sa respiration était lente et profonde, comme s'il dormait. Axel a changé à plusieurs reprises la taie d'oreiller. Le réveil indiquait onze heure du matin. C'est Cillian qui a ouvert les volets de sa chambre vers huit heure quand le soleil hivernal a commencé à se lever. Dehors la brume était épaisse. Le paysage de la forêt était gris. Aujourd'hui je n'ai qu'un cours et il commençait à quinze heure. C'est pourquoi j'ai décidé de rester surveiller Gabriel ce matin. Les garçons, quant à eux, sont partis à l'université.
J'avais un bouquin ouvert sur les genoux mais je ne comprenais pas ce que je lisais. J'ai dû relire une phrase à plusieurs reprises avant d'en comprendre son fondement. Une notification arriva sur mon téléphone. C'était les garçons qui prenaient des nouvelles via notre groupe de discussion.
« Comment va-t-il ?
Il ne s'est pas réveillé. »
Est alors venu l'heure de manger. Je suis descendu pour me préparer un truc rapide. Ça a fini avec du pain et du jambon. Dans l'air, je pouvais sentir un changement. Une odeur de soufre envahi la maison et ses alentours. Je suis remontée vite dans la chambre de Gabriel. Il n'avait pas bougé. Il était toujours aussi immobile. L'odeur persistait que s'en était étouffant. J'ouvre alors la fenêtre de sa chambre mais l'odeur est encore plus intense dehors. Je ferme donc la fenêtre aussitôt. Je redescends et me précipite dehors. L'odeur me prend à la gorge et me réchauffe les parties inférieures de mon corps. Le soufre brulait ma gorge. Je sors mon téléphone de ma poche et envoie un message aux garçons.
« Vous sentez l'odeur ? »
La réponse est immédiate. Lucas propose aux garçons de rentrer à la fraternité. C'est ainsi que moins d'un quart d'heure plus tard, nous étions tous sur le perron. Adrian y allait de ses propres théories, quitte à faire peur aux autres. Il recoupait les faits avec ce qui avait déjà été vécu par les populations européennes il y a des centaines d'années. Cillian qui était plus pragmatique, consultait internet et retombait toujours sur des sites de sorcellerie. On se regarde tous quand le déclic se fait en nous. Samuel et Thomas se propose de se rendre à l'appartement d'Aglaé tandis qu'Hugo et Lucas vont patrouiller dans la forêt.
Axel prend mon relai et rentre pour surveiller Gabriel. Nous sommes désormais plus que trois sur le perron une fois tout le monde parti. Nous faisons part de nos peurs et de nos inquiétudes. C'est au moment de rentrer qu'un bruit m'interpelle. Je tends l'oreille à l'affut de quelque chose de plus précis mais le brouillard ambiant étouffe les sons. Je pense avoir imaginer mais quand je referme la porte, un crie à l'aide m'interpelle. Je regarde mes frères qui à leur regard, pense comme moi. Nous attrapons nos manteaux dans le hall et partons à la recherche de cette voix.
Une fois au milieu de tous les arbres, je donne mes ordres en tant que Bêta, à savoir, on ne se sépare pas et on reste à portée de voix. Mes compagnons hochent la tête et commencent à couvrir le terrain. L'appel à l'aide résonne à mesure qu'ils se rapprochent. Sans parvenir à distinguer l'endroit où provient le son, ils avancent prudemment. Cela peut être un piège mais avec l'état de Gabriel, le départ d'Aglaé et de Clara, il y avait une petite lueur d'espoir. Le timbre de voix devenait de plus en plus précis. C'était un enfant. Je fini par trouver l'endroit d'où provient cet appel à l'aide. D'un geste, je demande aux garçons de quadriller le terrain. Nous nous séparons pour entourer la zone. Nous synchronisons nos pas. Devant mes yeux des silhouettes émergeaient du brouillard. Sans distinguer les visages, je compris que l'enfant qui appelait à l'aide était debout et à ses pieds deux corps indistincts étaient inertes. Le jeune garçon devait avoir une dizaine d'année et avait les cheveux bruns. Je m'avançais lentement quand un mouvement sur ma droite me fait me stopper dans ma progression. Adrian casse notre ligne et cours vers le garçon comme si sa vie en dépendait. Cependant, au lieu de prendre le garçon dans ses bras, il se précipita vers les corps allongés sur le sol froid et en prends un dans ses bras. Mon rythme cardiaque commence à s'affoler. A mon tour de m'avance rapidement quand je suis stoppé par le jeune garçon.
VOUS LISEZ
Witch's soul
Siêu nhiênPour certaines personnes il ne suffit pas de tourner la page et recommencer à zéro, il faut parfois savoir déchirer la page ou brûler le livre complet pour mériter un nouveau départ. Aglaé a complètement brûlé sa bibliothèque pour réécrire son histo...
