Chapitre 11 - Maman, pourquoi j'ai peur ? (OK)

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Une nouvelle fois, j'arrivais en retard à l'entraînement ; Andreas et Rosalind étaient présents, si les brûlés étaient proches, on allait avoir de plus en plus d'heures d'entraînement pour être prêt le jour où ils finiraient par nous attaquer. Je trouvais Sky dans une allée, seul, boîtier au sol ; il n'était pas déclenché.

- C'est pas trop tôt. Être à l'heure, c'est trop demandé ?

Visiblement, il était de mauvaise humeur. Il me donnait qu'une envie : faire demi-tour. Et c'est ce que je fis, me fichant bien d'un entraînement de plus, qu'est-ce que cela allait changer ? Si je devais mourir de par la main d'un brûlé, je mourrais mais ce n'était pas cet entraînement qui allait changer ma vie.

- Cassiopée putain !

L'homme me suivait, encore plus énervé qu'il y a deux secondes.

- C'est quoi ton putain de problème ? dit-il en me barrant la route.

Je n'avais ni l'envie, ni la foi de me disputer ce soir.

- Je ne t'aime pas.

- Parce que tu crois que moi, je te porte dans mon coeur ? J'aurais préféré être avec n'importe qui d'autre que toi ici !

- C'est ce que vous direz aux brûlés quand ils viendront ? dit Rosalind, on se retournait d'un même mouvement.

C'est alors qu'un cri retentit, déchirant le brouhaha des entraînements. Puis, le silence s'installa, on était tous alerte, courant vers la source. C'est alors qu'on vit un brûlé, penché sur une élève, au moment où il semblait vouloir lui donner un coup, il fut propulsé quelques mètres plus tard. L'œuvre de Rosalind, ce n'était pas la première fois qu'ils réussissaient à se frayer un chemin jusqu'à l'école. Selon les dires, l'année dernière, bon nombre d'entre eux étaient rentrés à l'académie.

Terra et d'autres élèves se dirigèrent vers l'élève au sol, je ne la connaissais pas ; à vrai dire, je connaissais que très peu de monde ici. Elle était ensanglantée, alors que la plupart des élèves se dirigeaient vers la scène, je fis quelques pas en arrière, tétanisée à l'idée que je puisse être la prochaine. La vision du sang m'écoeurait, je ne pouvais la supporter, Sky sembla sentir mon malaise puisqu'il se tourna vers moi, attrapant seulement ma main quelques secondes, exerçant une légère pression dessus.

- Elle est morte, chuchotais-je.

La Mort, je pouvais la reconnaître. J'y avais échappé tellement de fois, presque autant que je l'avais donné. Cette pauvre élève était morte, plus rien ni personne ne pouvait la sauver. Elle était morte comme Farah, sans peur. Surprise, elle l'avait été mais au moins, la peur ne l'avait pas envahie, alors pourquoi ce sentiment m'englobait-il ? Moi qui m'étais promis de ne plus jamais avoir peur ? Il fallait que je rentre dans ma chambre, lâchant la main de Sky, je me dirigeais en courant vers l'établissement scolaire en courant.

- Cassiopée !

J'entendis sa voix lointaine, je savais bien qu'une procédure existait pour ce genre d'intrusion mais mon cœur battait si vite qu'il m'empêchait de réfléchir, je ne voulais qu'une chose : me cacher. Montant les escaliers plus vite que mon ombre, j'arrivais dans ma chambre en un rien de temps.

C'est dans mon armoire que je refermais aussitôt que j'ai élu domicile. Dans cette obscurité, ma respiration pouvait se calmer alors pourquoi était-elle toujours aussi saccadée ? Combien de temps restais-je dans cette armoire, à essayer de vider mon esprit des images les plus sombres ? Assez pour qu'on vienne toquer à ma porte un million de fois.

Je ne recommencerai plus. S'il vous plaît. Je ne recommencerai plus. S'il vous plaît. Je ne recommencerai plus. S'il vous plaît. Je ne recommencerai plus. Je ne recommencerai plus. S'il vous plaît. Je ne recommencerai plus. S'il vous plaît. Je ne recommencerai plus. S'il vous plaît. Je ne recommencerai plus. Je ne recommencerai plus. S'il vous plaît. Je ne recommencerai plus.

Je répétais cette phrase inlassablement, mains sur les oreilles pour éviter le bourdonnement extérieur. Combien de fois avais-je dû la dire pour qu'ils arrêtent de me punir ? Ce n'était qu'après l'avoir répété une centaine de fois au moins qu'ils arrêtaient de me déchiqueter la peau. Peut-être qu'après l'avoir répété une énième centaine de fois, je réussirais à me calmer ?

La porte de l'armoire s'ouvrit alors, je m'enfonçais dans l'angle, prise de panique à l'idée que ce soit un sorcier, les yeux rivés face au vide, je continuais ma mélodie sinistre. C'est alors que je croisais le regard de Sky, il s'était installé de l'autre côté de l'armoire, entre mes robes et mes jupes qui lui tombaient sur le haut du crâne, dans l'obscurité, je ne voyais que ses yeux bleus.

- Cassiopée.

Rien n'allait, il ne savait pas ce que c'était : l'horreur. L'homme avait toujours vécu de l'autre côté de la frontière, là où tout était tout beau tout rose de son côté tandis que le mien n'était fait que de destruction.

Ce n'est que lorsqu'il déposa sa main sur mes genoux que j'avais replié contre ma poitrine que je sortis de ma crise. Mes souvenirs s'envolèrent pour être remplacés par la réalité, j'étais installée dans une penderie, le cœur battant à la chamade, avec un homme que je n'appréciais pas. Comment en étais-je venu à me retrouver là ?

- Tu n'as pas à avoir peur, reviens, Cass, regarde moi.

J'avais toutes les raisons au monde d'avoir peur et de fuir cet endroit. Je le détestais et pourtant, j'y restais pour la simple et bonne raison qu'il me rapprochait de Farah, j'avais besoin d'avoir des réponses sur les causes de sa disparition.

- Il faut que l'on retourne dans la grande salle, on y sera en sécurité.

Le Destin de Cassie - Tome 1 - TERMINEEDes histoires addictives. Découvrez maintenant