2 ANS PLUS TÔT.
L'arrivée de maman n'allait jamais venir. Au cours des douze derniers mois, j'avais eu le temps de m'en rendre compte. Personne n'allait venir me chercher, personne ne me cherchait plus, c'est ce que disaient les sorciers, j'entendais leur conversation dans les couloirs. Ils m'avaient abandonné, pensant que j'étais sûrement morte, quelque part, dans l'Univers.
Je n'étais plus qu'un souvenir, jadis, il y a ce qui me semblait des dizaines d'années, j'avais été Cassiopée Dowling, la fée de la talentueuse directrice d'Alféa. Ici, dans ce que j'avais renommé L'Enfer, je n'étais plus qu'un animal, un cobaye sur qui on tentait, jour après jour, de nouvelles expériences, plus douloureuses les unes que les autres.
Ils ne me restaient que la compagnie des étoiles, elles, elles ne changeaient pas, toujours fidèles à leur poste, soir après soir. Les journées étaient les mêmes, chaque matin, on venait me ramener du pain rassis, dur, que mes pauvres dents avaient du mal à mâcher. Puis, 23 minutes après avoir été servis, les sorciers venaient, je n'éprouvais plus aucune contradiction ; combien de fois avais-je été puni pour avoir usé de ma magie ? Les marques sur mon corps pouvaient le prouver.
Comme je l'avais prédit, la porte s'ouvrit 23 min plus tard. Je me redressais machinalement, c'était mon seizième anniversaire aujourd'hui, comment le savais-je ? De mes ongles, j'avais gratter sur les murs un bâton par jour depuis le Jour 1. Le jour où mon monde avait basculé, le 2 juillet.
Si j'avais eu le choix, j'aurais préféré mourir que d'être en vie encore un jour de plus mais à chaque fois que je pensais que j'allais enfin avoir droit au répit éternel, les sorciers trouvaient toujours un moyen de me ramener à la vie. J'avais arrêté d'espérer, ça, c'était pour les faibles. J'étais bouée à souffrir jusqu'à ma mort.
Aujourd'hui, ils m'emmenaient vers une salle différente, je n'avais pas droit à la boucherie journalière, celle où mon corps ne devenait qu'un champ de bataille. Devais-je me réjouir de cette nouvelle ou attendre de voir ce qui m'attendait avant de sauter de joie ?
La porte s'ouvrit sur une salle bien trop éclairée pour mes yeux habitués à la quasi obscurité de ma cellule.
Trois personnes s'y trouvaient, un couple avec leur enfant, ils avaient l'air apeurés. Je pouvais les comprendre, j'étais passé par là moi aussi.
- S'il vous plaît, aidez-nous..
Je me tournais vers la femme, le regard vide, comment pouvais-je les aider alors que j'avais moi-même besoin d'aide ? Les sorciers refermèrent la porte derrière moi, me laissant avec la famille. C'est alors que j'entendis Darkar, sa voix occupait tout mon esprit.
Tue les tous.
La première pensée qui me vint, c'était non. C'est alors qu'une vive douleur me prit, l'œuvre du diable en personne.
Soit c'est toi et tous ceux que tu as un jour aimé, soit c'est eux.
Je ne pouvais pas ne pas prendre ses menaces au sérieux, avec la facilité qu'il avait eu de m'arracher à ma famille, j'étais certaine qu'il pouvait faire ça avec n'importe qui.
- Où est-ce qu'on est ? demandait le père de famille.
- Papa, je veux rentrer chez moi.
Moi aussi, je veux rentrer chez moi, si tu savais comme j'en ai envie mon petit, je donnerais tout pour retrouver les murs d'Alféa. Les paumes sur mes oreilles, j'essayais de faire abstraction à la voix de Dakar, il continuait inlassablement de me torturer.
- Ce n'est qu'une enfant Jack, qu'est-ce qu'il lui ont fait ? demandait la mère de famille.
Je la regardais avec un faible sourire, c'était la seule depuis plus d'un an à avoir pitié de moi. Et je devais la tuer, les larmes roulaient silencieusement le long de mes joues, je n'avais pas envie de devenir une meurtrière et pourtant, j'y étais forcée.
- Je n'ai pas le choix. S'il vous plaît, ne me détestez pas.
Une nuée de flammes partis en leur direction, en l'espace d'une nanoseconde, je les avais réduits en cendres. Leur mort avait été rapide, sans douleurs, sans cris ; je les enviais, moi aussi, je désirais mourir.
La porte s'ouvrit à nouveau sur deux sorciers, un homme et une femme. L'exercice de la matinée était terminé, je pouvais retourner dans ma cellule, portant sur les épaules un poids bien trop lourd. En arrivant dans ma cellule, je vomis mes tripes pour avoir volé la vie à une famille qui ne l'avait pas mérité. Je me détestais, me maudissait de l'intérieur.
J'étais devenue ce que je détestais le plus au monde.
Darkar.
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Le Destin de Cassie - Tome 1 - TERMINEE
Hayran Kurgu1124 jours. 1 618 560 minutes. 97 113 600 secondes. Après avoir disparition depuis plus de trois ans, Cassiopée Dowling, connue sous le nom de Cassie, réapparaît, le jour de la mort de sa mère. Une question perle sur toutes les lèvres : Où était-el...
