Chapitre 32 - Abandonnée par les étoiles (OK)

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ELLIPSE.

Plus rien ne comptait, bien trop de jours s'étaient écoulés ; le sablier de ma vie allait arriver à échéance. Mon corps ? Une loque. Ma tête ? De la bouillie. Depuis que j'étais revenue vers le Lord, il ne cessait de vouloir retrouver mes pouvoirs, par la violence, aussi morale que physique. La torture aussi avait sa place dans ma vie, enfin, peut-on réellement apeller ça une vie ?

Je me fichais de la réponse, en réalité, la seule chose qui m'importait réellement était de retourner dans ma cellule, me réchauffer avec la veste d'un ancien ami et de dormir quelques heures. Désormais, je ne regardais plus les étoiles, ces dernières avaient choisis de ne pas m'éclairer, je leur en voulais, nuit après nuit, elles me laissaient dans l'obscurité.

Il m'arrivait de parler à la Lune, bien qu'elle aussi, m'avait abandonnée. Qui ne l'avait pas fait ? Moi, même, huit mois plus tôt, j'avais abandonné Alféa, lointains souvenirs d'une vie qui n'existait plus. Ou qui n'avait jamais existé, avais-je réellement un jour quitté L'Enfer depuis mes 15 ans ? Où avais-je inventé une vie à l'académie de magie, m'étais-je inventée un groupe d'amis, une sœur ?

Plus les jours passaient et plus j'étais convaincue que rien de tout cela n'avait existé, c'est au bout du troisième mois que tout souvenirs avait été refoulé, personne n'avait jamais existé, j'avais tout inventée de toute pièce pour me rassurer, ça avait marché pendant un temps avant que la réalité ne me gifle, j'avais pris une grande claque sans être préparée.

La porte s'ouvrit sur deux sorciers, j'étais si faible qu'ils durent me porter dans la salle numéro 1, je commençais toujours mes journées là-bas, pas une session d'électrocution intense, elle durait trois longues heures. Depuis quelques semaines, je n'avais plus la force de crier, je subissais seulement les supplices, les yeux dans le vide.

- Allez, c'est reparti pour un tour, dit l'un deux.

Pendant longtemps, j'avais essayé d'imaginer de joyeux souvenirs mais plus les jours passaient, moins j'en trouvais, tout semblait appartenir à une autre époque, une autre personne. Avais-je un jour été heureuse ?

- On commence, me prévient un des sorciers.

Électrodes sur les tempes, ils allumèrent les machines. Ils s'attendaient sûrement à une réaction magique de ma part, qui ne viendrait jamais ; Lord Darkar était intimement persuadé que j'occultais volontairement mes pouvoirs, s'ils savaient.

J'entendis des cris, encore un tour de mon esprit ; le soir, il lui arrivait de m'empêcher de dormir, hurlant à la mort. Même les regards inquiets des gardes ne me distrayaient pas, le cerveau et le corps en miettes, je ne désirais qu'une chose : mourir. Mais même ça, j'avais compris que je n'y aurais jamais droit, le bonheur et une vie paisible allait avec.

Les hommes disparurent alors de mon champ de vision, je ne relevais même pas, ils étaient sûrement partie manger un morceau, ils faisaient souvent ça, pour me narguer d'avoir tué les leurs. Je pouvais déjà m'imaginer les effluves de leur repas, avec le temps, j'avais réussi à créer de toute pièce une illusion dans ma tête ; je me nourrissais de vide et cela remplissait mon ventre.

- Cass, Cass, c'est moi.

Encore un tour de mon esprit, la personne qui m'appelait de la sorte autrefois n'avait jamais existé. C'est alors qu'elle se dessina dans le paysage.

- Est-ce que c'est réel ?

Je sentis ses paumes contre ma peau, redressant ma tête, il retira les électrodes. Le blondinet de service était de retour ou était-ce mon esprit qui me jouait des tours ?

- C'est bien moi Cass, on va te sortir de là, on est venus, on est tous venus comme on te l'a promis, on est tous là..

L'homme m'aida à me relever mais surtout à marcher, je ne voulais pas me réjouir, cela devait sûrement être un rêve, cela ne pouvait pas être vrai. Le couloir était plein de fumée, je n'y voyais presque rien.

- Par là !

Maman ? Non, c'était impossible. Rien de tout ça n'était réel, il fallait que je retourne dans ma cellule, je m'arrêta net, un autre homme se trouvait à ma droite, tournant mon regard vers lui, je découvris Riven.

- Je n'ai pas trop joué les cons, promis, allez, en route.

Il m'attrapa alors, me portant, comment un rêve pouvait-il paraître si réel ? Les hommes couraient, droit vers.. De la lumière, cela existait encore ? Même dans mes rêves les plus poussés, il n'y en avait pas, tout se déroulait dans l'obscurité la plus totale. Une fois à l'extérieur, la lumière m'aveugla que je me protégeais, la tête dans le torse de mon ancien meilleur ami. L'entrepôt était en train de brûler, de loin, je pouvais voir des soldats, des fées mais surtout ; Bloom. Paumes en avant, elle se battait avec ce qui restait du Lord Darkar.

Le Destin de Cassie - Tome 1 - TERMINEEDes histoires addictives. Découvrez maintenant