Chapitre 12

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         Voici le moment que nous attendions tous, halloween. Cette fête, qui ne m'a jamais véritablement intéressée, est devenue le centre même de mes pensées depuis un certain moment. Je me prépare toute la matinée afin d'être véritablement prêt. Mon père m'aide à enfiler mon costume tout en me rappelant les consignes qu'il m'a déjà maintes et maintes fois répétées : Ne pas marcher dessus, toujours l'avoir bien derrière moi, ne pas la froisser, toujours bien la tendre... Je connais la chanson à force. Je dois être présentable, ça c'est non négociable et je suis totalement d'accord avec lui. Mais il ne faut pas aller dans l'excès. Ces efforts, je les fais pour moi, pour mon devoir envers madame Tutela. Néanmoins il réside un certain sentiment de gratitude et d'honneur envers mon père. C'est grâce à lui que je suis si bien habillé et c'est au travers de moi, de ma tenue, que la réputation de mon père va passer. Les gens auront un aperçu de ses talents avant son grand défilé et je ne pense pas qu'ils seront déçus. Je regarde par-delà mon mur de verre où le temps sec et la lumière grise sont présents et me demande quels seront les ornements que Julien et Lucie porterons pour cette journée spéciale. Le temps a beau être raisonnable, le vent qui fait virevolter les branches des saules-pleureurs me rappelle que la température extérieure ne doit pas excéder les quinze degrés. J'observe alors ma tenue d'un regard nouveau tout en m'interrogeant sur son utilité de lutte contre la fraîcheur d'un mois d'octobre.

« Gwenaël. Il me semble qu'aujourd'hui est le grand jour.

- Tu as dit quelque chose, maman ? Demandai-je en tournant légèrement la tête vers l'arrière.

- Ta mère n'est pas là Gwen. Me dit mon père.

Je me retourne et m'aperçois que ma mère n'est vraisemblablement pas présente, comme me l'a dit mon père. Étrange.

- C'est le stress. Finis-je par répondre. Je commence à entendre des voix qui me complimentent. Ricanai-je à contrecœur.

Je m'améliore de jour en jour pour ce qui est de la spontanéité des réponses mensongères.

- Pourtant, moi je suis bien là, avec toi, Gwenaël Angélia.

- Je vous ai déjà demandé d'arrêter de venir me parler dans ma tête. Répliquai-je mécontent. Je vais reposer la même question et vous le savez pertinemment : Qui êtes-vous ? Et ne vous avisez pas de me répondre : Tu le sauras bien assez tôt.

- Pourtant, c'est bien le cas.

Je sens son sourire planer à l'intérieur de la pièce.

- Il faut que tu te prépares, Gwenaël. »

Puis plus rien, encore. Je laisse échapper un râle qui ne manque pas d'inquiéter mon père qui me demande ce qui ne va pas. Je mets ça encore sur le compte de l'angoisse que représente la fête.

A midi, alors que ma mère a fait à manger, je ne trouve pas l'appétit. Et de toute façon, je pense que je vais passer mon après-midi et ma soirée à grignoter. Je suis vraiment impatient, trop impatient. Mes parents ne tiennent plus en place non plus. Une fois que j'ai grignoté un petit quelque chose, je remonte, accompagné de tout le monde y compris Jack, pour les dernières retouches. Mon père en ayant terminé, je tourne sur moi-même afin de contempler ce chef-d'œuvre. Il y a consacré beaucoup de son temps à la création de cette pièce et je suis ravi de pouvoir la porter. Si madame Tutela n'est pas satisfaite de cette tenue, alors elle sera déçue de beaucoup d'autres. La dernière touche est mise et mon père range son matériel je n'ai plus le droit de toucher à rien avant mon arrivée à la fête. J'ai même l'interdiction de m'approcher de mon berger allemand à cause de ses poils. La maison ayant été entièrement nettoyée pour ne pas en ramasser en marchant.

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