Il enfonce la porte d'un coup de pied avant de monter les escaliers se trouvant sur la droite. Il me porte jusqu'à son lit, là où il me dépose si gracieusement que j'entends une latte du sommier en bois se fissurer. J'essaie de lui dire un « doucement » mais sans réussir car il accapare ma bouche pour un baiser des plus savoureux. Il me grimpe dessus, défait son haut malencontreusement pourvu d'une large entaille qui laissait jusqu'alors entre-apercevoir ses abdominaux musclés. Il m'embrasse une nouvelle fois avant d'attraper mon propre t-shirt et de le balancer plus loin me laissant alors torse-nu. Il ne s'arrête pas là. Julien attrape mon pantalon au niveau de la ceinture et le fait disparaître avec ses pouvoirs. Puis hausse les sourcils en signe de défis. Je lui donne alors un coup de bassin et le renverse. Je me mets alors au-dessus de lui, en caleçon et attrape ses mains pour les mettre par-dessus sa tête. Je le maintiens et lui mord gentiment la lèvre inférieure. Un soupir de plaisir s'échappe de sa bouche et il tourne la tête afin de me libérer la voie vers son cou. Je sors mes crocs à mi longueur et le mord. Un frisson parcourt nos deux corps et un gémissement parvient à mes oreilles. Je passe mes mains sur son torse et derrière sa tête. Une fois rassasié, je lèche les deux entailles qui commencent déjà à se régénérer avant de replacer mes lèvres là où elles doivent être : sur celles de Julien.
La nuit c'est toujours un calvaire. Mon corps a d'une part besoin de sommeil et d'une autre pas du tout. Je fini par céder à mes pulsions et c'est agacé que je m'habille décontracté avant de descendre furtivement les escaliers. Je ne découvre rien. Le néant. J'ai l'impression que la maison est désertique, dépourvue de toute âme et de toute vie. Aucun meuble, aucune peinture. Du blanc, blanc et blanc. Julien a dû se sentir bien seul ici s'il y vivait vraiment avant toutes ses péripéties. Je retrouve Matéo qui m'attend les mains dans les poches au milieu de la rue faiblement illuminée par un simple lampadaire.
« Je savais que tu ne réussirais pas à dormir.
- Lucie, sort de ce corps.
- J'avoue qu'elle m'a mis sur la voie. Elle sait faire passer des messages. Enfin... Surtout quand ses cheveux s'illuminent en même temps qu'elle te parle et qu'elle prend son air de « je dis ça, je dis rien ».
- C'est bien notre Lucie ça... Tu crois qu'elle pourrait trouver les numéros du loto ?
- Je suis persuadé qu'elle le pourrait ! Rit le vampire. Bon... Que veux-tu faire pour ta dernière soirée ?
Matéo triture encore son bracelet. Je le regarde tristement. Demain soir risque d'être une longue soirée, très longue soirée, nuit, éternité.
- C'est si désagréable que ça ? Demandais-je, perplexe.
- Le bracelet ? Non. Si tu es habitué à porter des bijoux c'est la même chose mais moi je n'ai jamais aimé ce genre de choses c'est pour ça que...
- Je ne parle pas de ça... Et tu le sais...
Matéo s'arrête net, il a le regard fuyant et je sens qu'il essaye de trouver les « bons mots » pour tenter de me donner une réponse. Comme si une lumière venait de s'illuminer d'un coup, il agrippe mon regard et me dit :
- Tu es Gwenaël Angélia. Tu es celui qui a subi le plus de transformations de nous tous ici présent. Je n'aurais jamais été capable de surmonter tout ça. Et il ne faut pas oublier que tu es l'élu de notre déesse, mère Nature. Alors pour être tout à fait honnête avec toi car je ne veux pas te mentir. La transformation en vampire n'est rien comparée à la renaissance de la source. Quand tu entres en symbiose avec elle, que l'eau s'infiltre dans tes poumons et que tu sens chaque parcelle de ton corps s'embraser par le manque d'oxygène puis que tu succombes une nouvelle fois, ça non plus ce n'est pas le plus dur. L'entretien que tu passes avec notre déesse est bien pire et chacun est unique.
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Hidden Mystery
ParanormalGwenaël Angélia est un adolescent qui n'a jamais passé 2 ans dans une même école. Pourtant lorsqu'il arrive dans la ville de Destinée et qu'il rencontre de nouveaux camarades, tout change. Des événements mystérieux surviennent et entraînent le boule...
