Un frère

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Camille avait repris son corps et suppliait Alexander de rester avec elle. Ce dernier sentit toute sa détresse et n'eut pas le courage de la repousser. Il enleva ses chaussures et la rejoignit sous la couverture. Il savait pertinemment qu'il n'était pas question de sexe entre eux. Elle n'était pas dans un état de consentement éclairé. Il se contenta donc de l'entourer de ses bras afin qu'elle puisse reposer sa tête sur son torse. La jeune femme s'endormit immédiatement, épuisée par ses maux de cœur ainsi que sa journée extrêmement forte en émotions. Évidemment, Alexander resta pour la rassurer et finit par s'endormir à son tour.

Un souffle, dans son cou, réveilla le jeune homme. Il ouvrit les yeux et s'aperçut que Camille ou Magnus s'était fait un chemin sous la chemise du libraire, passant doucement sa main sur le torse du jeune homme.

— Je crois que je vais aller voir comment va mon père, se résigna-t-il. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de continuer dans cette direction.

— Oh... je croyais ne pas avoir rêvé, mais maintenant je comprends que vous n'êtes pas Max. Votre voix est différente et ses cheveux avaient une teinte de roux.

Une simple larme coula sur sa joue alors qu'Alexander l'essuya doucement de son pouce.

— Qu'est-il arrivé à Max?

— Un homme l'a agressé dans la rue alors qu'il revenait d'une journée shopping. Avant de mourir, il a juré l'avoir déjà vu dans la journée, mais il n'a pas eu le temps d'en dire plus. Les enquêteurs ont fait tous les magasins à la recherche d'indices, mais nous sommes dans l'impasse. L'enquêteur en charge de son dossier est décédé dernièrement. Il faut donc encore attendre que quelqu'un reprenne le dossier. J'espère qu'un jour, son agresseur paiera.

— Pourquoi est-ce que vous n'êtes pas plus terrifiée que ça en ma présence?

— Je sais! C'est complètement dingue. On dirait que je vous connais. Pas comme mon mari, enfin, oui, mais pas totalement. J'ai comme l'impression que notre médaillon nous unis l'un à l'autre, d'une quelconque façon.

— En fait, c'est étrange, mais c'est probablement exact. Je vais tout vous expliquer. J'aimerais seulement que vous gardiez en tête, que j'ai, moi aussi, eu beaucoup de mal à y croire avant d'en être témoin.

Alexander lui raconta l'ensemble de sa dernière semaine. Ce qui s'était passé à la boutique, la découverte des clefs et du livre, la course précipitée dans l'autre monde, les fusions plus ou moins réussies de son groupe ainsi que le retour à la réalité ou sa mère se fait aussi agresser et finalement le médaillon de Camille et sa ressemblance avec Maxwell Belcourt et son fils.

— On s'est dit que, peut-être, Sébastien avait donné des médaillons avant de repartir dans l'autre monde, mais il était tellement mal pour ma mère qu'on a préféré attendre pour lui en parler, surtout que vous sembliez ne pas bien aller du tout.

— On pourrait se tutoyer, Alexander?

— D'accord, Camille.

— En fait, je ne suis pas malade au propre sens du terme. Ce sont des nausées de grossesse. J'en suis à quatre mois et demi.

— Félicitation! Raphaël sera heureux! Est-ce que l'enfant est de Maxwell?

— Oui, son décès remonte au lendemain de sa conception. Il n'aura même pas eu le bonheur de l'apprendre, souffla-t-elle tristement.

— Alors, tu n'as même pas l'air de me croire fou. Mon histoire ne te surprend pas?

— J'ai toujours dit à Max qu'il venait d'un autre monde. Il était tellement lunatique, toujours dans ses bouquins, à vouloir comprendre l'impossible. Un jour il m'a dit, très sérieusement, qu'il croyait en des mondes parallèles où tout simplement à une vie dans des univers différents. C'est curieux, car il avait même fait mention de son médaillon. Il disait qu'il était la clef manquante pour retrouver son propre monde.

Le reflet du lion (Malec AU)Des histoires addictives. Découvrez maintenant