Chapitre 21

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JJe le sens tout de même prendre ma jambe pour me cacher dans la salle de bain

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JJe le sens tout de même prendre ma jambe pour me cacher dans la salle de bain. Ma tête heurte au passage violemment le sol, m'assommant encore plus que je ne le suis déjà. Mais je n'en ai plus rien à faire puisque je sais que les forces de l'ordre sont derrière la porte d'entrée et que si mon père ne l'ouvre pas, ils la défonceront.

— AIDEZ-MOI, je hurle pour que la police m'entende.

Après quelques instants de silence, je parviens à deviner au bruit que ça fait que la porte d'entrée vient de sauter grâce à un pied-de-biche.

Presque directement, mon père est plaqué au sol par trois policiers.

Nom de dieu, ils sont venus. C'est comme si l'air entrait à nouveau dans mes poumons.

Je tente de me relever tant bien que mal mais un policier m'en empêche :

— Restez comme ça, me dit-il, si vous avez des fractures ça pourrait empirer votre état, alors ne bougez pas mademoiselle.

J'obéis.

— Comment vous avez fait pour venir ? Je n'ai pas eu le temps de donner mon adresse, demandé-je faiblement, réellement intriguée par cette question.

— Votre téléphone a été localisé. Il vous a peut-être même sauvé la vie.

Je hoche la tête comme je peux, consciente qu'il a raison. J'entends en écho le policier tenter de me rassurer et me calmer. Je le sens qui soulève légèrement mon t-shirt pour constater les dégâts, puis dire à un de ses collègues :

— Faut appeler une ambulance, elle perd trop de sang là.

Il m'apporte les premiers gestes de secours pendant que de l'agitation se fait dans le couloir de l'immeuble. Certains voisins sortent pour venir voir ce qu'il se passe à une heure si tardive de la journée. Génial, manquait plus qu'il y ait un petit public pour assister à ce carnage. En même temps, ma porte d'entrée est grande ouverte et donne une vue imprenable sur mon père se débattant comme un lion dans les bras des policiers, et de moi, allongée au sol en train de me vider de mon sang.

Puis soudain, une voix que je connais me parvient aux oreilles.

— Putain c'est quoi ce bordel ?

J'ai envie que le sol s'ouvre sous moi et m'engloutisse pour que je ne sois pas obligée d'être confrontée à cette situation plus qu'inattendue.

Je tourne la tête et croise directement le regard paniqué de Jeffrey. Les autres sont là eux aussi, dans le couloir de l'immeuble. Soudain, Louis bouscule tout le monde et tente de mettre une droite à mon père en l'insultant de tous les noms et en lui promettant la pire mort possible. Les policiers l'écartent, ce qui m'arrache un léger sourire malgré moi.

Je laisse mon regard glisser jusqu'à Connor, qui je le vois au regard qu'il lance à mon géniteur, se retient de faire comme Louis. Caleb et Jeffrey tentent à leur tour de venir me voir, mais ils se font eux aussi repousser par les policiers.

— Mais laissez-moi passer, merde ! s'impatiente Jeff.

— Laissez faire les professionnels, dit calmement un des policiers, seuls les membres de la famille sont autorisés à entrer dans l'appartement.

— Mais je suis son frère, ça se voit pas merde ? s'indigne-t-il.

S'il me restait un peu de force, j'aurais éclaté de rire face à sa réplique pas crédible une seule seconde, mais je suis plus que lessivée.

Le policier le dévisage un moment avant de le repousser à nouveau, le contraignant à rester hors de l'appartement.

Je baisse la tête vers mon ventre qui me fait souffrir.

Tu t'es pris un sacré coup de marteau en même temps, ma vieille, me souffle ma conscience.

Une grosse tache rouge se répand sur mon t-shirt. À ce moment je ne peux m'empêcher de penser que c'était un de mes t-shirts préférés mais qu'il est désormais foutu.

— TU VAS ME LE PAYER SALOPE ! hurle mon père en continuant de se débattre pour se défaire de l'emprise des forces de l'ordre, en vain.

Je frissonne. Puis, je ne sais pas par quel miracle Louis et Caleb réussissent à dépasser les policiers pour venir près de moi, mais ils le font.

— Je vous avais dit de ne pas entrer ! s'agace l'homme qui a repoussé Jeff tout à l'heure.

Louis se laisse tomber à genoux à mes côtés et inspecte mon corps de ses yeux.

— Putain mais appelez une ambulance, vous voyez bien qu'elle ne va pas bien ! s'énerve-t-il en me voyant allongée au sol, ignorant la remarque du policier.

— Monsieur, calmez-vous, une ambulance est déjà en route.

Caleb s'assoit lui aussi près de moi et me prend doucement la main avant de m'embrasser les phalanges. Malheureusement son geste ne parvient pas à atténuer la douleur que je ressens. Puis peu à peu, j'ai l'impression que mon corps n'existe plus et que je ne suis plus qu'une tête.

— Je sens plus mon corps, je murmure en paniquant, essayant de faire bouger mes doigts pour me rassurer.

Je commence à m'agiter et mes yeux sont embués à cause de mes larmes qui menacent de couler. Puis finalement elles dépassent à nouveau la barrière de mes yeux. Je me sens de plus en plus faible et ça me fait peur.

— Princesse il faut que tu gardes les yeux ouverts, me supplie Caleb.

— J'en peux plus, je chuchote, j'en peux plus...

Mes deux amis échangent des regards paniqués.

— Elle est en train de perdre connaissance ! s'affole le policier qui est à côté de moi et qui tout à l'heure m'a dit de ne pas bouger.

Avant que je ne commence à laisser mes yeux se fermer, je vois Jeff et Connor qui arrivent à leur tour près de moi.

La suite des événements se passent dans le flou le plus total pour moi. J'entends vaguement des pompiers arriver et me mettre sur un brancard. Je sens toujours brièvement la main de Caleb dans la mienne, il s'accroche à elle et ne semble pas décidé à me laisser partir. J'essaie de la serrer pour lui montrer que je suis toujours là, que je n'ai pas encore totalement perdu connaissance.

— Elle m'a serrée la main ! cri-t-il.

Aussitôt une autre grande main s'empare de ma dernière main disponible, comme pour vérifier les paroles de Caleb. Je tente d'exercer une nouvelle pression.

— Moi aussi elle a serré ma main, confirme Connor.

J'ouvre difficilement les yeux et vois Louis et Connor au-dessus de moi. Seul ce dernier a vu que j'ai ouvert les yeux, Louis parle à un ambulancier par rapport à je ne sais quoi.

— Garde les yeux ouverts, me chuchote Connor en me regardant avec inquiétude, ne t'endors surtout pas. Ça va bien se passer.

Mais trop tard, je me sens déjà partir.

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