Chapitre 10

262 20 3
                                        

Voilà un mois qui venait de s'écouler, et Ambeliel ressentait cette peine, de voir cette silhouette s'éloigner, comme si cela s'était passé la veille. Sortant de sa chambre pour, machinalement, aller prendre son tour de garde, descendant les escaliers, elle vit là, sa sœur, assise à la table à manger lever un regard vers elle.

Ambar : « Tu manges avant d'y aller ? »

Ambeliel : « Non. J'ai encore des nausées... »

Ambar : « Tu devrais manger. »

Ambeliel : « Je vais vomir si j'avale quelque chose. »

Ambar : « Tu devrais reprendre des forces. »

Ambeliel ne comprenait pas ses propos, comme de l'inquiétude inavouée. Elle s'approcha d'elle et lui sourit.

Ambeliel : « Je ne penses pas que ce soit grave. »

Ambar : « Si ça l'est. »

Ambeliel : « Comment ça ? »

Ambar : « T'es enceinte ma pauvre fille. »

Ambeliel : « Pa... Pardon ? »

Ambar : « Lucie t'a vue sortir de la chambre de cet elfe ! Tu t'es donné à lui comme une trainée ! Tu n'as que ce que tu mérites. Catin. »

Ses mots violent figèrent la jeune femme qui ne pouvait quitter des yeux sa sœur qui se levait.

Ambar : « Au moins, cette tare ne se voit pas encore, prie pour qu'il ne voit rien. »

Avant même qu'elle puisse réfléchir à cette idée d'être enceinte, elle fut saisie par ses propos. Elle le sentait, elle ne parlait de cet elfe.

Ambeliel : « De qui tu parles ? »

Ambar : « L'ambassadeur Kim. »

Ambeliel : « Qu'est-ce que cela peut bien lui faire ? »

Ambar se rapprocha alors avec un sourire sadique qui s'étirait sur le visage.

Ambar : « Quitte à jouer les catins, fais-le correctement. »

Aussitôt, la main d'Ambeliel siffla dans l'air et claqua contre la joue de sa sœur.

Ambeliel : « Je t'interdis ! »

Ambar : « Tu ne m'interdis rien du tout ! »

Rugit-elle de colère en se tenant la joue et se redressant.

Ambar : « Les gardes ne doivent plus être très loin pour venir te chercher ! »

Ambeliel : « Tu deviens folle ! Au retour de père je vais »

Ambar, la coupant : « Rien ! Tu ne vas rien faire ! Parce que père est mort ! »

Elle prononça ces derniers avec un rire difficilement contenu.

Ambar : « Il est mort y a presque deux mois. J'ai demandé à Maccan de ne rien te dire. Que je m'en chargerais. »

Ambeliel : « Non... Je ne te crois pas... »

Chuchota-t-elle d'une voix tremblante tandis que son esprit s'entreprit de lui rappeler l'hésitation du soldat chaque fois qu'elle lui avait demandé des nouvelles. Elle voulut courir aller le trouver, savoir la vérité malgré sa vue trouble. Elle se précipita sur la porte puis hors de la maison, cependant elle ne put faire plus de quelques mètres que deux soldats la saisirent. Deux autres s'approchèrent alors qu'elle s'agitait.

Un instant, elle essaya de se battre juste pour mieux voir un de ses soldats sortir une bourse visiblement bien remplit et la donner à Ambar qui venait de s'approcher.

Ambeliel : « Tu vas me le payer... »

Ambar : « Voyons, tu n'en sortiras pas vivante. »

Purifié par la pluieDes histoires addictives. Découvrez maintenant