Azalée
Mes yeux s'ouvrent, avec peine et difficulté, mais ils le font quand même. Je fixe le plafond étendue ici depuis quelques heures. Je sais où je suis et quel jour nous sommes là n'est pas le problème pour une fois, et je sais également que je n'ai pas perdu connaissance. Ce qui est étrange. Car je me suis sentie partir en arrière et atterrir sur les sièges arrière d'une voiture.
Depuis la descente du véhicule je n'ai aucun souvenir concret à part quelques bribes de conversation et encore je ne comprends ce que me disaient mes interlocuteurs. Tout est flou. C'est étrange. Bizarre même si j'ose dire. Je me sens bien donc je crois, je suis certaine, que ma présence chez Lily n'a aucun rapport avec mon état de santé ou mon traitement.
Car bien évidemment aucun d'entre eux n'est au courant. Enfin du moins je l'espère.
Un bruit attire mon attention et je me redresse sur les coudes. Le tissu du canapé s'enfonce à l'endroit où mon corps appuie. Je souffle sur les mèches qui encerclent mon visage et me barrent la vue.
Lily se tient devant la grande baie vitrée du salon. Une tasse fumante à la main. La nuit filtre les légers rideaux qui encadrent la fenêtre. Elle fixe le dehors, sans raison avenante, elle semble juste préoccupée. Ses cheveux roux volent légèrement et je me rends compte que la fenêtre derrière moi est entrouverte.
La brise va et vient dans la maison laissant derrière elle une sensation de fraîcheur. C'est agréable.
Une quinte de toux me coupe dans ma contemplation et dans un mouvement brusque je me redresse afin de m'asseoir correctement sur le sofa. Lily a tourné la tête vers moi. Son regard maternel me sonde, pour savoir si elle doit ou non m'approcher.
-Aza...souffle-t-elle en resserrant sa robe de chambre autour d'elle.
Elle s'avance dans la noirceur de la pièce, éclairée seulement pas les rayons de la Lune, pour venir s'assoir à mes côtés.
-Quelle heure il est ? je demande quand elle sort son téléphone de sa poche.
Elle tourne l'écran vers moi.
2h48.
Elle veille sur moi.
-Es-tu capable de supporter le bruit ?
Sa question me prend de court car je ne comprend pas son fondement.
-J'informe les autres, m'explique-t-elle.
J'hoche simplement la tête.
Elle pianote sur son téléphone, prévenant Lou et les filles je suppose. Puis elle pose son téléphone à côté de sa tasse sur la table basse en verre face à nous. Quand le murmure des pas envahit la pièce elle me presse le genoux de sa main.
Puis se lève.
-Moi non, me dit-elle, je vais me coucher mon ange.
J'opine. Je lui suis si reconnaissante. Quand elle s'évapore derrière la porte et laisse place à Lou, Elo, Lisandro et une dizaine d'hommes qui me sont inconnus, je me recroqueville gentiment sur le canapé histoire de passer inaperçue.
Malheureusement ce n'est pas le cas puisqu'ils sont là pour moi.
Leur présence fait des bribes de souvenirs flous un puzzle complet et entier et comme par miracle je me rappelle dans quel état j'étais avant d'arriver ici et surtout je me souviens de la raison du problème.
La panique me gagne, mais pas assez vite car Lou vient s'assoir ou plutôt se jeter à mes côtés.
Je regarde un par un les hommes présents dans la pièce. Elo se tient aux côtés de Lisandro, reculés des autres. Elle semble apaisée. Les autres sont armés jusqu'aux dents et me fixent sans rien dire. L'un d'entre eux a le dos tourné, il range un truc dans son sac posé sur la table derrière lui.
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Crois moi
RomanceTiraillée depuis bientôt 2 ans elle saute enfin le pas. Arrivée devant le poste de police n'est pas une mince affaire. Ses pieds la mènent là-bas mais son cerveau lui hurle de retourner à la maison et de continuer sa vie comme elle est. Mais voilà...