- *** -
"La première fois, c'était une sensation étrange. Je ne savais pas si j'aimais ou si je détestais ça. J'ai mis du temps à comprendre que j'adorais ça. Ca me redonnait de la force, de la niaque. Je prenais du plaisir, c'était revigorant pour moi. Les voir souffrir, ça me faisait plaisir.
Le procédé est pourtant simple : observer, tendre un piège, et finir le travail. On peut passer par plusieurs étapes ; la torture, la séquestration, le viol, la maltraitance... De toute évidence, observer sa proie souffrir, c'est le pied. Le meilleur, c'est de la voir te supplier d'arrêter, peu importe ce que tu fais... Et tu continues, en faisant comme si tu ne l'entendais pas.
Je ne compte plus le nombre de filles, de mecs, que je me suis fait. Certains sont défigurés à vie. Rien à foutre. Ils n'avaient qu'à pas être sur mon passage. Toujours est-il que je ne compte pas ces gens-là, ils n'en valent pas la peine. Mais, pour donner un ordre d'idée, mon foulard était déjà rouge au bout du deuxième jour de mon recrutement.
Dans leurs gangs, ce sont tous de gros fils de putes, prêts à tout pour l'argent, pour se faire respecter par les autres pouilleux des autres quartiers à la con. C'est d'un ennui sans nom. Ils s'y croient, ils se vantent, ils se la ramènent en permanence... De gros cons, que je compte me faire lorsque j'arriverais au sommet. Mais ça attendra.
Cogner sous la pluie c'est un kiffe phénoménale. Les cheveux sont humides, tu laisses pourrir l'autre sur le bitume chaud, puis froid, mouillé. On ne perçoit plus les pleures, ce qui donne envie de le faire pleurer. Tu l'entends souffrir, geindre. Tu le vois cracher, vomir. Tu entends ses plaintes, ses cris, ses supplications... Toi, tu restes debout, tu y prends goût. Tu as le sourire diabolique accroché au visage. Tu aimes ça, tu pourrais faire ça tout le temps.
T'évites maintenant les endroits fréquentés ; t'es un peu cette bête noire que tout le monde voudrait voir crever. T'es devenu important au sein de l'équipe ; t'es un peu comme cet As que l'équipe sportive veut préserver... Tu restes caché dans l'ombre, tu repères les fils de chiens à détruire, à fissurer, à briser, et t'appelles tes pions à les cogner. Toi, tu t'occupes de ceux qui valent la peine. Est-ce que les "super nanas" valaient la peine, il y a deux ans et demi en arrière ? Carrément. Cette enfant avec ses deux amis, le soir, en revanche, non. Tu observes correctement les gens, et tu peux juger par toi-même si effectivement tu peux te permettre de les anéantir. Par contre, si tu décides de les défoncer, fais ça bien. Tu n'as pas le droit à l'erreur. Quand tu agiras, ce sera la première et la dernière fois. Tu ne peux pas t'enfuir, t'échapper. Tu n'as pas le droit de les laisser partir, s'enfuir. Ils prendront trop de confiance après. Il faut faire redescendre tous ces cons qui s'y croient parce qu'ils font des choses, qu'ils sont créatifs ou heureux. La vie n'est pas comme ça. Les gens sont tous hypocrites entre eux, ils ferment leurs yeux en ne pensant qu'à leur avenir radieux... J't'en foutrais.
J'ai cette image de terreur, une image de monstre, de personne à abattre tellement elle est impressionnante, menaçante. Je ne vois pas ce qu'il y a d'impressionnant. J'ai vécu dans un milieu dégoûtant et à force j'ai appris à analyser les gens. Je continuerais dans cette voie-là. C'est comme ça qu'on fait ouvrir les yeux aux gens, et qu'ils descendent de leur piédestal. En fin de compte, ils dansent avec le diable à l'ombre rouge et au regard noir. J'aime cette image. Elle s'accroche bien à ma peau, à ma personnalité... C'est bien pour ça que Barko m'a recruté."
Jugnio Varela
***
Préfecture de Shinjuku, 22H40, dans un bâtiment désinfecté
Barko - Fermez vos gueules !
VOUS LISEZ
LES PAS DU 403 (Tokyo Revengers)
FanfictionLES PAS DU 403 Dans les années 80, un phénomène est né dans les rues d'Amérique. On appelait ça le street dance. Des personnes se mettaient à danser dans les rues, reproduisant de nombreuses figures. Très vite, ça a pris une si grande ampleur que de...
