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Le lendemain de la soirée ne s'est pas très bien déroulé. J'ai vite regretté d'avoir autant bu la veille, ayant dormi une bonne partie de la journée avec un mal de tête et une fatigue qui refusait de me laisser tranquille.
Lorsque j'ai enfin décidé de quitter mon lit à cause de la faim qui me tiraillait le ventre, je n'ai pas échappé à la confrontation avec mon père malgré le martèlement qui torturait mes neurones. Une leçon de morale sur la vie et les choix que j'entreprenais m'ont été présentés et c'était légitime de sa part mais je ne voulais pas subir ça aujourd'hui, j'étais encore mal de la veille, autrement que physiquement. Je voulais rester seule alors j'ai tenté de fuir la conversation.
Mon père n'était pas du même avis et m'a attrapé l'avant-bras pour me retenir. Sa main s'est resserrée au niveau de mon poignet, m'arrachant une grimace automatique en même temps de me faire retourner face à lui. Je n'ai pas pu cacher la douleur que je ressentais suite à ce contact qui m'avait brûlé la peau et c'est à ce moment qu'il a compris.
Il a remonté la manche de mon gilet malgré que je me débatte pour l'en empêcher, le suppliant de me lâcher, et lorsqu'il a vu mes cicatrices, les plus anciennes au plus récentes, il s'est décomposé.
J'ai vu son regard changer, ses yeux me poignardant le cœur. Le dégoût et la colère que je percevais dans ses yeux ont été plus douloureux encore que ce que je m'infligeait et je crois que quelque chose s'est définitivement brisé en moi. Parce qu'il n'a pas cherché à me consoler, ni à comprendre. Il m'a lâché précipitamment sans rien dire et est parti de la maison pendant plusieurs heures sans un mot. J'ignore où il est allé.
De la honte. C'est tout ce que j'ai ressenti.
Je me suis écroulé sur le sol froid, au pas de ma porte de chambre, à pleurer à en avoir mal à la gorge avec ce sentiment d'étouffement. J'avais l'impression que la plaie qui avait été ouverte lors de la nuit où elle est décédée venait de se réinfecter. Je souhaitais plus que tout que la douleur cesse bien qu'elle ne fasse qu'empirer avec le temps.
Nous n'avons presque pas discuté les jours suivants. On ne se voyait que le soir et nos échanges étaient superficiels. Je n'avais pas la force de faire d'efforts après sa réaction et la distance qu'il a instauré après avoir su ce que je m'infligeait. Je n'arrêtais pas de me dire qu'il ne savait simplement pas quoi faire. Et puis, il y a trois jours, il s'est décidé à me parler.
- Je t'ai pris rendez-vous chez une psychologue.
- Pourquoi?
Mon cœur battait à mille à l'heure. J'étais terrifiée à l'idée de voir quelqu'un surtout que je sais où elle m'enverrait si elle était au courant pour mes blessures.
- Parce que tu as besoin d'aide, Luna.
Je ne réponds rien, triant les aliments dans mon assiette, l'appétit me manquant.
- Ecoute, je ne peux pas t'aider là. C'est... ça dépasse mes compétences, déclare-il avec des difficultés à trouver ses mots.
- Tes compétences? Tu te fout de moi? m'agaçais-je.
- Surveille ton langage!
- Tout ce dont j'avais besoin c'était que tu me parles! C'est la seule chose dont j'ai besoin, qu'on communique! Mais tu te résigne à me parler depuis le décès de Maman. J'ai besoin de toi mais tu n'es jamais là! Tu t'obstine à garder tes distances avec moi!
Les larmes montent automatiquement et ma voix flanche. Je ne peux plus parler alors je baisse la tête et essaie de ravaler mes émotions. Mon père ne réagit pas, ne s'explique pas. A quoi bon? A quoi bon essayer de lui faire comprendre ce qui ne va pas s'il décide de faire le sourd?
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DAMAGED
RomanceLorsque la noirceur nous entoure trop longtemps, on finit par s'y perdre. La vie est loin d'être facile pour Rue. Ses traumatismes le hantant jour et nuit, il se doit d'aller de l'avant et de faire face à sa nouvelle vie dans une petite ville où il...
