chapitre 6

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En sortant du magasin, sacs à la main, je me suis figée en voyant une silhouette familière. Souheyl.

Son visage était fermé, et avant même que je ne dise quoi que ce soit, il s'est approché à grands pas.

Souheyl : qu'est ce que tu fais avec lui ?

Mon cœur s'est emballé.

Moi : ...

Zakaria : Pourquoi tu cries ? Tu vois pas qu'on a juste fait des courses ou quoi ?

Souheyl : Je parle pas avec toi, je parle avec elle.

Je me suis crispée.

Moi : Souheyl, s'il te plaît, calme-toi.

Souheyl : Quoi, "calme-toi" ? Tu le connais ?

Moi : Moi aussi je sais crier ! Non, je le connais pas.

Souheyl : Et alors, tu fais quoi avec lui ?

Je cherchais mes mots, je savais que quoi que je dise, ça ne suffirait pas.

Moi : Euh... juste...

La claque est partie d'un coup. Mon visage a brûlé instantanément.

Zakaria : T'es sérieux, wesh ?!

Et là, tout est parti en vrille.

Les coups ont fusé, les insultes aussi. Je n'ai même pas réfléchi, j'ai tourné les talons et j'ai couru jusqu'à l'arrêt de bus, les larmes aux yeux.

À la maison

En rentrant, la maison était vide. J'ai attrapé mon téléphone et appelé maman.

Moi : Allô, mama, je peux dormir chez Salima ce soir ?

Mama : Oui, mais demande à ta tante d'abord.

Moi : Ok, merci.

Appel terminé.

J'ai rapidement préparé un sac avec un pyjama et mes affaires, mais en ouvrant la porte, je suis tombée nez à nez avec Souheyl.

Souheyl : Tu vas où toi ?

J'ai pris une grande inspiration.

Moi : Je vais chez tata Selma.

Souheyl : Ferme ta... (il m'attrape le bras)

Moi : Souheyl, lâche-moi ! Tu me fais mal !

Souheyl : Comme ça, tu traînes avec des gars maintenant ?

Moi : Je fréquente personne, ok ?

Souheyl : Tu crois que j'ai oublié l'histoire du toit à 4h du matin ? Et maintenant, tu fais la meuf avec mon ancien pote ?

J'ai senti la colère monter en moi.

Moi : T'es malade, wesh ! Lâche-moi !

Souheyl : Sur la tête de ma mère, si je te revois avec lui, je te jure que je te tue.

Moi : T'es pas mon père !

Souheyl : Je suis ton frère, sale honte de la famille !

Ses mots ont résonné comme un coup de poing dans mon cœur. Je l'ai regardé une dernière fois avant de fuir en courant, la gorge serrée.

Dans la rue

J'ai à peine eu le temps de souffler qu'une main s'est refermée sur mon bras.

C'était Zakaria.

Zakaria : Il t'a fait quoi ?

Moi : Rien, lâche-moi.

Zakaria : Malak, il t'a fait quoi ?

Moi : Je t'ai dit rien !

Il a serré la mâchoire.

Zakaria : Je vais te lâcher, mais dis-moi la vérité.

Moi : Lâche-moi, wesh ! Je suis fatiguée.

Je me suis dégagée et j'ai repris ma route sans me retourner.

Zakaria : Salam...bella.

J'ai fait comme si je n'avais rien entendu.

Chez Salima

Je suis arrivée chez ma tante, les yeux encore humides.

Moi : Salam, khalti... Ça va ?

Khalti : Wa alaykoum salam, ma fille. Qu'est-ce qu'il y a ?

Moi : Rien, juste fatiguée.

Elle m'a regardée avec douceur.

Khalti : Tu sais que tu peux tout me dire, je suis comme ta mère.

Moi : Je sais, khalti. Où est Salima ?

Khalti : Elle est sortie, mais elle va revenir.

Moi : Ok, merci. Je peux aller dans sa chambre ?

Khalti : Benti, c'est comme chez toi ici, arrête de demander.

Je lui ai fait un câlin.

Moi : Merci, khalti, je t'aime.

Je me suis enfermée dans la chambre et, dès que j'ai posé mon sac, les larmes ont coulé toutes seules.

Moi, une honte ?

C'est mon propre frère qui m'a dit ça ?

J'ai rien fait, pourtant...

Pourquoi il me voit comme ça ?

Pourquoi ?

Pourquoi ?

Pourquoi ?

Moi : Salima, t'es là ?

Elle est entrée dans la chambre, son regard inquiet.

Salima : Oui, hbiba, pourquoi tu pleures ?

Moi : (je lui raconte tout)

Salima : Oh là là... Mon cœur, viens là.

Elle m'a serrée fort.

Salima : Tu vas dormir ici ce soir, ok ?

Moi : Ok.

On a regardé un épisode de Kara Sevda pour me changer les idées, et elle m'a raconté sa vie, ses histoires avec son mec... J'ai écouté sans vraiment entendre.

Plus tard, j'ai enfilé mon pyjama et je me suis allongée, mais impossible de dormir.

À 4h du matin, mon téléphone a vibré.

Un message.

Je connaissais ce numéro.

07**** : Malak, je veux te voir.

Je suis restée figée.

Moi : Nan, je suis chez ma tante.

07**** : Tu vas pas venir ?

Moi : Nan.

Un long silence avant que la réponse n'arrive.

07**** : Bonne nuit, Malak.

J'ai hésité avant de taper ma réponse.

Moi : Bonne nuit, Zakaria.

J'ai éteint mon téléphone, le cœur lourd.

La suite...
Je vous aime mes bombes ❤️
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𝒞𝒽𝓇𝑜𝓃𝒾𝓆𝓊𝑒 𝒹𝑒 𝓂𝒶𝓁𝒶𝓀 : "𝒿𝑒 𝓃𝑒 𝓋𝑒𝓊𝓍 𝓆𝓊𝑒 𝓁𝓊𝒾 "Où les histoires vivent. Découvrez maintenant