Chapitre 62

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Je conduis, mais ce n'est pas vraiment moi qui conduis c'est mon corps en pilote automatique comme s'il savait quelque chose que mon esprit refuse encore d'accepter.

Les feux passent au rouge puis au vert je m'arrête je repars.

Je regarde les autres voitures les gens à l'intérieur parlent rient peut-être ils ont encore une vie normale moi je suis déjà entre deux mondes.

Mes mains serrent le volant trop fort j'ai mal aux doigts mais ça m'est égal.

Je me répète que tant que je roule, tant que je respire,
rien n'est encore définitif que tant que personne ne m'a tout dit j'ai le droit d'espérer.

Le ciel est calme indécent de calme.

Je lève les yeux et je me demande comment le monde peut être aussi paisible alors que quelque part tout est en train de se briser.

Flashback – Hôpital

Je gare la voiture je ne me souviens pas comment je descends mes jambes sont molles chaque pas me rapproche de quelque chose que je ne veux pas voir.

Les portes automatiques s'ouvrent.

Ce bruit je ne l'oublierai jamais.
Parce qu'après lui, plus rien ne sera pareil.

À l'intérieur tout est trop blanc trop propre trop silencieux , je cherche un visage un regard quelqu'un qui me dirait que je peux repartir.

On me demande de m'asseoir.

Quand on te demande de t'asseoir dans un hôpital,
c'est rarement pour une bonne nouvelle.


Salle d'attente.

Je m'assois et là quelque chose change pas autour de moi à l'intérieur.

Le temps ne coule plus normalement il s'étire il se casse.

Chaque seconde est un supplice chaque minute une torture je regarde la porte fermée.
Encore et encore.

Je comprends avant qu'on me parle.
Parce que quand l'attente est trop longue,
l'espoir commence à se taire.

Retour 2024 – Cabinet du psychologue

Moi : À ce moment-la , je savais déjà.

Ma voix tremble.

Je savais sans savoir je savais sans vouloir l'accepter.
Mon corps avait compris avant moi.

Je respire profondément.

Moi :Et ce qui fait le plus mal c'est que même après le monde ne s'arrête pas.

Silence.

Flashback – Hôpital

Je suis toujours assise quand je les vois arriver.
Un par un des visages familiers trop sérieux.

Personne ne me demande comment je vais ils me regardent seulement comme si j'étais devenue fragile d'un coup , une main se pose sur mon épaule ce geste.
Je le connais c'est celui qu'on fait quand les mots ne servent plus à rien.

Je relève la tête.

Je cherche un visage qui me mentirait quelqu'un qui me dirait que tout va bien.
Mais leurs yeux ne savent pas mentir.
Et là, je comprends que plus personne n'attend rien

L'homme inspire profondément.

Ce souffle.
Je le reconnais.
C'est celui qu'on prend quand on va briser une vie.

Il parle lentement.

L'homme : vous êtes la famille de *****?

Souheyl: oui

L'homme : Nous avons fait tout ce que nous pouvions.

Silence Cette phrase je la connais même sans l'avoir jamais entendue.

Il baisse les yeux.

L'homme :  Je suis vraiment désolé.

Personne ne pleure tout de suite.

Parce qu'il n'y a plus rien à comprendre plus rien à demander.

Je ne tombe pas je ne crie pas je reste droite parce que s'il n'est plus là alors quelqu'un doit rester.

Retour 2024 – Cabinet du psychologue

Moi : À ce moment-la je n'avais plus besoin de mots.

Je relève les yeux.

Moi : Tout était fini.

Silence.

Hôpital -

Flash-back :

Zakaria qui me dit : Regarde-moi quand je te parle

Je voudrais le regarder une dernière fois juste pour vérifier que c'est vrai uste pour me dire que je n'ai pas rêvé notre vie.

Retour -

La mère de Zakaria est entrée après moi.
Elle a vu mon visage, figé, et le sien s'est transformé.
Tout son corps a basculé avant qu'elle ne dise un mot.
Ses genoux ont fléchi ses mains se sont crispées sur ses cuisses et elle s'est effondrée doucement sur la chaise à côté d'elle p as de cris, pas de larmes bruyantes au début, juste ce tremblement silencieux qui secoue tout l'intérieur, cette manière qu'ont les corps de parler quand la voix ne peut pas.

La sœur de Zakaria était debout près de la porte.
Ses mains étaient crispées sur son sac, ses lèvres tremblaient sans qu'elle ose laisser tomber un son.
Elle regardait sa mère effondrée, puis moi, et enfin le vide de la pièce ses yeux étaient rouges, mais elle ne pleurait pas encore, elle retenait tout, comme si laisser tomber ses larmes ferait s'effondrer la pièce entière.

Sœur de Zakaria : On ..on va rester toutes ensemble... hein ?

Sa voix tremble, mais elle essaie de rassurer sa mère et moi en même temps.

Je reste debout, immobile.
Mes jambes ne me soutiennent pas vraiment, mais je fais semblant.

Je vous aime ❤️

فلسطين حرة 🇵🇸
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À suivre ..

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⏰ Dernière mise à jour : Feb 03 ⏰

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𝒞𝒽𝓇𝑜𝓃𝒾𝓆𝓊𝑒 𝒹𝑒 𝓂𝒶𝓁𝒶𝓀 : "𝒿𝑒 𝓃𝑒 𝓋𝑒𝓊𝓍 𝓆𝓊𝑒 𝓁𝓊𝒾 "Où les histoires vivent. Découvrez maintenant