Une fleur sauvage dans la prairie, dont le cœur vibrait au rythme de ses pas.
Un cœur désiré.
Un cœur donné.
Qui, dans son intensité, fera renaître les ténèbres.
Idae émergea brutalement des profondeurs de son assoupissement. Son corps lui semblait lourd, emprisonné dans une torpeur épaisse. Sa tête tournait, ses paupières se soulevaient avec peine, et sa gorge brûlait comme si chaque respiration déchirait ses poumons. Elle resta immobile quelques instants, figée par la sensation de faiblesse qui la traversait. Même le simple fait de bouger un doigt lui paraissait une montagne.
Ses souvenirs se mélangeaient à des bribes de rêve : une voix obscure qui l’appelait, des images confuses, des ombres qui l’entouraient. Tout était brouillard. Mais cette voix… elle persistait, comme un écho. Elle la connaissait à peine, et pourtant, elle avait frappé quelque chose en elle, une vibration intime, presque douloureuse.
Un frisson la secoua. Elle tenta de se redresser, mais ses bras tremblaient, incapables de soutenir son poids. Sa poitrine se souleva en de longs halètements, et son cœur battait si vite qu’elle crut qu’il allait briser sa cage thoracique. Une panique sourde commença à l’envahir.
— Mademoiselle, s'il vous plaît, restez couchée.
La voix était douce, mais ferme. Autoritaire et rassurante à la fois. Idae tourna faiblement la tête et aperçut une silhouette féminine, debout près du lit. Ses vêtements modestes contrastaient avec le luxe environnant. Elle avait une allure simple, ses gestes mesurés trahissaient un mélange de prudence et de délicatesse.
Idae fronça les sourcils, la bouche pâteuse.
— Qui êtes-vous ? demanda-t-elle, la voix brisée par la fatigue et la sécheresse de sa gorge.
Ses yeux s’habituèrent peu à peu à la lumière douce qui filtrait par de lourds rideaux. Ce qu’elle découvrit la foudroya. La chambre était immense, couverte de tapis épais où ses pieds n’auraient pas laissé d’empreinte. Les murs étaient parés de broderies fines et de tentures aux fils d’or. Des meubles sculptés, polis comme des miroirs, se dressaient ici et là, témoins muets d’une richesse insolente.
Un vertige l’assaillit. Elle n’était plus chez elle. Plus dans son village. Plus près de sa mère, ni de Céryl. Tout ce qu’elle connaissait avait disparu, remplacé par cet univers froid et luxueux. La réalité la frappa avec une violence crue : elle était prisonnière. La prisonnière du Roi.
Son cœur se serra si fort qu’un cri muet lui monta à la gorge, étouffé aussitôt par la peur. Ses doigts agrippèrent les draps, cherchant une issue, un ancrage, une échappatoire.
— Mademoiselle, je vous en prie, recouchez-vous, répéta la jeune femme avec douceur, mais autorité.
Idae la fixa, méfiante, l’esprit embrouillé. Cette inconnue semblait sincère, mais elle ne pouvait lui accorder sa confiance aussi facilement.
— Je me nomme Elion, dit la servante après un silence. Je suis au service du château. On m’a confié la tâche de veiller sur vous, de vous apporter ce dont vous aurez besoin. Mais pour l’instant, le plus important, c’est que vous repreniez des forces.
— Qui vous a donné cet ordre ? souffla Idae, la gorge serrée.
— Le Roi.
À ce mot, un frisson d’incompréhension remonta dans la nuque d’Idae. Le Roi ? Cet homme qui l’avait enfermée, humiliée, privée de liberté ? Pourquoi se soucierait-il soudain de sa santé ? Pourquoi ce changement ? La méfiance grandit en elle comme une braise qu’on attise.
VOUS LISEZ
Impéria
RomanceAprès des siècles de chaos et de luttes, le continent africain connaît une nouvelle ère. La sorcellerie a été éradiquée, les royaumes se reforment et un jeune Roi prend place sur le trône. Mais le pouvoir, aussi imposant soit-il, ne peut effacer le...
