Chapitre 18

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"-On se vois lundi.

Il hoche la tête, les lèvres pincés.
J'ouvre la porte de la voiture prête à partir mais sa main me retient.

-Merci infiniment de ne pas avoir révélé mon secret et d'être coincé dans cette situation. Mais j'ai passé de très bonne vacances avec toi et ma famille.
-Moi aussi Siméon. Merci de m'avoir forcé la main. "

On s'échange un regard avant que je ne claque la portière, récupère mes valises et file dans mon appartement. La chaleur de leur grande maison familiale me manque déjà. Mon appartement est fade sans aucune touche personnelle. La Normandie me  manque déjà.
La sonnette me fait sursauter. Pour je ne sais quelle raison je mis précipite un grand sourire aux lèvres. Ça ne peux qu'être mon patron. Mais les personnes que j'y trouve me paralyse, me cloue sur place, faisant trembler tous les membres de mon corps.

"-Surprise ma chérie !

La personne qui me sert de mère me saute dans les bras alors que mon regard est bloqué sur la personne qui me terrifie le plus au monde, celui qui m'offre un regard froid et moqueur : Vincent, mon beau-père. Il entre dans mon appartement sans aucune gêne. Mon beau-père siffle.

-Et bien, tu vie dans le grand luxe. Je n'imagine même pas celui de ton mec.

Sa voix me glace le sang. Cette même va voix qui honte mes nuits depuis des années, qui me donne des crises d'angoisses terrifiantes. Je n'aurai jamais dû le revoir mais je suis bien trop lâche pour couper les ponts avec ma seule "famille" : ma mère. Mais si je n'ai jamais vraiment eu d'attache avec elle.

Par maigre réflexe de protection, je croise les bras en reculant.

"-Que faites vous ici ?
-C'est comme ça que tu nous accueille ? Ça fait plusieurs années qu'on ne sais pas vu ! Que tu es devenue femme magnifique ! Hein, Vincent ? Elle a le visage d'une femme maintenant.

Le concerné opine de la tête, les yeux brillant de désir qui me donne envie de vomir. Je retiens mes larmes et ravale la boule dans ma gorge.

Ne pas pleurer.
Ça va aller.
Je suis grande maintenant.

-Vous partez ? Je demande soulagé de voir leurs valises près de la porte.
-Nous devions partir aujourd'hui mais heureusement qu'on a fait un détour par ici.
-Comment savez-vous où j'habite ?
-J'ai eu le standard de ton boulot.

Ok. Je vire Jason dès son retour.

-Mais tu vas bien nous héberger un ou deux jours. Tu reprends quand d'ailleurs ?
-Demain. Je réponds bien trop vite. Demain, je reprends demain.
-Mais on est dimanche demain....
-Nous avons une affaire importante à régler qui ne peux pas attendre.
-Oh d'accord... Nous allons rester jusqu'à lundi.
-Je n'ai rien à vous proposez.
-Ce n'est pas grave. Tu vas bien nous commander des repas. Bon, il doit bien y avoir une deuxième chambres ici ! Qu'est ce que c'est beau ! S'exclame ma mère me tournant le dos.

J'ai envie de mourir. Mon pire cauchemar se déroule. Je n'ose pas bouger, rien dire pas peur de fondre en larmes. Je l'ai entends. Ils ont trouvés la chambre. Pourquoi est-ce que j'ai loué un meublé ?

Ma mère me demande de commander le repas de ce soir. J'obéis docilement comme je l'ai toujours fais par peur des représailles.

-Alors, depuis combien de temps ça dur entre toi et ton boss ? Me demande Vincent en s'asseyant sur le canapé, ses chaussures sales viennent se poser sur la table basse.

J'ai du mal à assimiler que c'est à moi qu'il parle, c'est ma mère qui me fait reprendre mes esprits quand elle prends place à côté de son mari.

-Deux ans. Ça fait deux ans qu'on est ensemble.
-Pourquoi ne nous as tu rien dis ?

Mes épaules se lèvent comme seul réponse, resserrant mes bras autour de moi.

-C'est plutôt pratique il t'a sous la main quand il veux."

Le rire de ma mère résonne alors que j'entends quelque chose d'autre dans la voix du monstre assis à côté d'elle. Il viendra me rejoindre dans la nuit et il m'en fait la promesse.

Je sursaute quand sa sonne à l'interphone. Je ne me fais pas prier pour sortir de l'appartement laissant mes larmes sortir d'elles-mêmes.
Le livreur est surpris que je descende, d'habitude je le fais monter. J'ai cette mani de toujours prendre le même livreur. Ses sourcils se fronce quand il vois mes yeux rougies.

"-Ca va madame ?
-Oui merci. Ne vous inquiétez pas.

Je lui offre un sourire.

-Je m'excuse, je n'ai pas pensais au pourboire.
-Vous me donnez de très généreux pourboires d'habitude. Je ne vais pas vous en vouloir. Je dois livrer votre ami juste après, voulez-vous que je lui glisse à l'oreille que je suis venu chez vous et que vous n'êtes pas bien ?
-Non surtout pas ! Merci beaucoup ça va, juste une mauvaise nouvelle. Passez une bonne soirée et ne dire surtout rien à monsieur Justir.
-Comme vous le souhaitez. J'espère que ça ira pour vous."

Je lui offre un dernier sourire qu'il me rend avant de remonter. Prend une grande respiration avant de rentrer chez moi. Je glisse la livraison sur la table basse et m'écarte en vitesse pour aller me servir un verre d'eau. J'aurai préféré une bouteille d'alcool pour une fois.

"-Tu ne mange pas ma chérie ?
-Non, je suis épuisée par toutes cette route. Je m'excuse mais je vais allais me coucher.
-Tu nous a même pas raconter tes vacances de riche en Normandie !
-Il n'y a rien a dire là dessous. J'ai seulement rencontrer sa famille.
-Et nous on le recontre quand ?

Je sent l'entièreté de mon sang quitter mon corps. J'ai l'impression que je vais m'évanouir à chaque seconde qui passe.

-Il est très occupé.
-Ca donne pas la meilleure impression à sa belle famille.
-Du moment qu'il a du fric !

Ils s'esclaffent de rire et j'en profite pour m'éclipser. Fermant la porte à double tour. Je tire sur ma commande essayant de faire le moins de bruit possible pour la placer devant ma porte. Mes pieds font les cents pas dans la chambre, mes larmes coulent à flot, tirant sur mes cheveux m'en faisant saigner le crâne. Je suis foutu.

Je sors de mes pensées quand mon téléphone vibre.

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De : Siméon
A : Ambre

N'en veux pas au livreur.
Ambre qu'est ce qu'il se passe ?
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Largue moi avant Noël ! (Prochain)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant