Je n'ai jamais eu de poison dans mes veines. Mon corps a réagi en pensant que j'en avais, victime d'une manipulation mentale orchestrée par Liam. Cela me terrifie autant que cela me fascine. Terrifiante, parce que maintenant, je sais de quoi il est capable. Fascinante, parce que mon corps tout entier a réagi physiquement à une illusion, une simple suggestion mentale.
Je réalise soudain que toute cette souffrance, toutes ces heures passées à m'angoisser, n'étaient que le fruit d'un mensonge. Un mensonge si habilement tissé que je me suis retrouvée piégée dans ma propre peur.
Pourquoi rester ici désormais ? Si mon corps est sain, si je n'ai plus besoin de ce pseudo-remède, alors il n'y a plus aucune raison que je demeure dans cette maison, cette prison.
Liam est sorti de ma chambre il y a quelques minutes, me laissant seule avec sa phrase qui résonne encore dans ma tête :
« Haïr, c'est reconnaître mon pouvoir sur toi. Tu es liée à moi, non pas par des chaînes ni par un poison, mais par ton propre esprit. »
Il croit qu'il a un pouvoir sur moi ? C'est ridicule. Avant, peut-être, mais maintenant que je connais la vérité, il n'en a plus aucun. Qu'il pense ce qu'il veut. Je suis libre de partir. Je le hais, non pas parce que je suis « liée » à lui comme il le prétend, mais parce que depuis qu'il est entré dans ma vie, celle-ci est devenue un enfer.
Soudain, je cesse de réfléchir. Je n'ai plus rien à faire ici.
Je jette un coup d'œil par la fenêtre. Le soleil est haut dans le ciel. Il doit être en début d'après-midi. Une sorte de calme règne dans la maison. C'est peut-être ma seule chance de m'enfuir. Je prends une profonde inspiration et sors de la chambre. Le couloir est vide. Un soulagement immédiat m'envahit.
Je descends les escaliers aussi discrètement que possible, évitant de faire grincer les marches. Une fois en bas, je me dirige rapidement vers la porte d'entrée. Je tends la main vers la poignée, la tourne... Elle s'ouvre. Un immense soulagement me submerge.
Une fois dehors, l'air frais me frappe le visage. La liberté ! Mais ce sentiment est de courte durée.
Un problème se dresse devant moi. Comment vais-je sortir de cette propriété ? Il y a un homme à l'entrée, un garde qui veille toujours. Et je doute qu'il me laisse simplement passer sans l'autorisation d'un des frères Bennett.
Mon esprit tourne à toute vitesse. Je dois trouver un moyen de contourner cette barrière, d'échapper à leur emprise pour de bon.
Je jette un rapide coup d'œil autour de moi : la grande allée est déserte. Il n'y a que ce chemin de gravier qui mène à l'immense grille au bout de la propriété. Je sais qu'un garde y est posté, toujours en train de surveiller.
Je me colle au mur de la maison, avançant aussi discrètement que possible. Chaque craquement de gravier sous mes pieds semble un coup de tonnerre. J'ai l'impression que chaque arbre, chaque ombre me trahit. J'avance lentement, calculant chaque mouvement.
La grille est encore loin. Le garde est immobile, mais je peux le voir. Il est toujours à son poste. J'ai besoin d'un plan, je ne peux pas me présenter à lui et espérer qu'il me laisse passer sans un mot. Peut-être que je peux me cacher derrière les buissons le long de l'allée, attendre qu'il se détourne...
Alors que je m'apprête à m'approcher davantage, je remarque comme une petite porte de service, dissimulée derrière un des grands buissons. Une échappatoire. C'est peut-être mon seul espoir de sortir sans me faire voir. Si elle est ouverte, c'est ma chance.
Je m'y précipite, le cœur battant si fort que j'ai l'impression qu'il va éclater. Je tourne la poignée. Fermée. Je sens une vague de désespoir monter en moi. Je regarde autour, cherchant un autre moyen d'ouvrir cette satanée porte. Et là, juste au-dessus, une petite fenêtre entrouverte. Elle est assez basse pour que je puisse y grimper, mais ça va demander du temps et de l'équilibre.
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The Crimson Crown
RomansaAu cœur des ruelles sombres de Birmingham, Heather espérait simplement recommencer sa vie, mais le Crimson Crown, un bar mystérieux et envoûtant, va rapidement bouleverser son destin. Derrière ses rideaux de velours rouges et son ambiance feutrée, e...
