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Nous arrivons enfin sur le sol mexicain, et je commence à croire que ce ne sera pas la dernière fois que j'y poserai les pieds.

— ¡Mi casa! s'écrie Carlos, les bras ouverts, comme pour embrasser tout ce qui l'entoure.

Une voiture est venue nous récupérer dès notre arrivée. Agacé par ce vol interminable, je suis monté sans un mot et ai laissé ma tête tomber contre la vitre froide.

La voiture démarra doucement. À ma droite, il n'y avait que Carlos et Karim, le frère de Selim, tandis que ce dernier était installé côté passager. L'autre, avait pris place dans une autre voiture.

L'autre pute quoi.

— Señor, la radio dit Carlos

— Sì.

L'homme met de la musique typiquement mexicaine, j'en suis certaine.

D'ailleurs, elle me dit quelque chose, comme un souvenir flou. Carlos, sans hésiter, se met à chanter instinctivement, et cela me fait sourire.

Cet homme a une énergie contagieuse, il semble incarner la bonne humeur.

Soy el fuego que arde tu piel
Soy el agua que mata tu sed
El castillo, la torre yo soy
La espada que garda el caudal

(...) de " Tuyo " de Rodrigo Amarante.

La route semblait encore interminable, et la chaleur du Mexique m'écrasait. Cette chaleur... incroyable, presque irréelle.

Je regardais le paysage défiler, subjuguée par sa beauté. Pourtant, mon esprit restait ailleurs, tourmenté par des questions qui tournaient en boucle. Ce baron de la mafia... pourrait-il vraiment être mon père ?

Rien ne semblait logique dans cette histoire. Tout paraissait flou, incohérent.

J'espérais seulement que cette expédition, aussi étrange qu'imprévue, m'apporterait enfin des réponses à toutes ces interrogations qui me hantaient.

— Réveille toi morena

Je sens quelqu'un me secouer légèrement la tête. J'ouvre difficilement les yeux, encore engourdie. Des pupilles bleues, glaciales et distantes, me fixent intensément.

Ce regard ne trahit aucune émotion, et pourtant, il me met mal à l'aise.

Je sors de la voiture, et mon souffle se coupe un instant. Une immense villa se dresse devant moi, imposante et majestueuse.

Elle me semble étrangement familière. Ce n'est pas la première fois que je mets les pieds ici...

— Allez, bouge-toi, la Doña n'est pas très patiente, lâche sa  voix sèche derrière moi Selim

— Je ne suis pas venu voir votre je ne sais quoi mais l'homme que vous détestez tant ? Je me trompe pas

— Elle a un sacrer culot celle là ajoute Wissal

Elle s'est placée face à moi, son regard brûlant de rage. Une colère si intense que j'en reste figé. Je ne comprends pas comment elle a pu changer aussi rapidement.

Quelques instants plus tôt, elle semblait presque indifférente, et maintenant, elle déborde d'une fureur que je ne m'explique pas.

— Je ne pense pas t'avoir adressé la parole dis-je

Ici ont est pas dans ton grand palace en Égypte donc un conseil ma jolie ferme un peu ta langue tu pourrais te faire tuer sans hésitation tout le monde est après toi y compris nous.

NessayemOù les histoires vivent. Découvrez maintenant