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NESSAYEM

Nous longions la côte, le vent fouettant nos visages. Il m'avait déjà devancée, et une colère brûlante montait en moi à l'idée de perdre. Pourtant, malgré la vitesse, malgré l'orgueil, une pensée revenait sans cesse : ce fameux deal.

— Et j'y gagne quoi, moi, si je remporte cette fameuse course ? Réclame-je

Je levai un sourcil, défi dans les yeux.

— Un baiser.

Il me fixa un instant, surpris, puis un sourire lent et trouble s'étira sur ses lèvres.

— T'as intérêt à gagner alors.

Je m'arrêtai un instant. Si je gagne, je devrai l'embrasser... Rien que d'y penser, ça me trouble.

Cette situation devient vraiment étrange. Entre Selim et moi, il n'y a jamais eu de mot, jamais de vrai début. Pourtant, je me pose sans arrêt des questions sur ce qu'on est vraiment.

J'essaye de le rattrape et nous sommes dorénavant à la même distance il me lance un regard provocateur je profite de cette instant pour le dépasser sans regarde par l'arrière cette sensations d'adrénaline était incroyable c'est comme si je me lâcher de tout c'est soucis

J'atteignais à peine la dernière marche quand Selim m'a rejoint, juste derrière moi. Il a ôté son casque avec hâte, presque fébrile, comme si chaque seconde l'empêchait de respirer.

Avant même que je n'aie le temps de lever les yeux au ciel ou de dire un mot, ses mains ont trouvé mes joues, douces et brûlantes à la fois, et ses lèvres se sont posées sur les miennes.

J'ai fermé les yeux. Mon cœur s'est arrêté, puis relancé, affolé.

Je lui ai rendu son baiser — sans hésiter, comme une évidence.

Il me relâcha enfin, un peu à contrecœur, puis recula d'un pas avec ce sourire éclatant qui lui mangeait le visage.

C'était bien la première fois que je le voyais sourire autant — franc, lumineux, presque enfantin. Ça m'en coupa le souffle.

— T'es sacrément coriace, toi, lança-t-il en riant.

Il pencha un peu la tête, les yeux plissés de malice.

— Tu le voulais ce baiser, avoue-le.

– Juste mon esprit compétitif.

Je marchais lentement, savourant chaque pas, chaque souffle suspendu face à l'immensité de la ville qui s'étalait sous mes yeux.

Les lumières dansaient au loin comme un ciel renversé. Je voulais juste m'imprégner du moment.

Puis, sans prévenir, il m'a rejoint. Je n'ai même pas eu le temps de me retourner qu'il m'a soulevée du sol, comme si j'étais légère, comme si tout ça était évident pour lui.

Je l'ai regardé, les bras autour de son cou, interdite, un peu déboussolée.

Mes sourcils se sont froncés, pas de peur, mais d'incompréhension.

— Qu'est-ce que tu fais ? ai-je soufflé, presque dans un rire nerveux.

Il ne m'a pas répondu tout de suite. Son regard était fixé sur le mien, calme, sûr de lui.

— Selim ?! Repose-moi, t'es complètement fou ! J'ai le vertige, on est au beau milieu d'une colline !

Ma voix tremblait autant que mes mains agrippées à ses épaules. Le sol semblait déjà loin, trop loin, et le vent s'amusait à soulever mes cheveux comme pour amplifier ma panique.

NessayemOù les histoires vivent. Découvrez maintenant