Je lui ai montré l'écran. Mon père s'est figé, le visage durci par la frustration — la mienne faisait écho à la sienne.
— Il l'a battue... soufflai-je. On doit faire quelque chose.
Mon père posa alors une main rassurante sur mon épaule.
— Ne t'inquiète pas, dit-il d'une voix grave. Nous allons tous nous mobiliser pour les sauver.
Un nouveau message s'afficha à l'écran.
T'as jusqu'à demain pour venir. Et je le répète : toute seule. Si tu n'écoutes pas mes instructions, je n'hésiterai pas à coller une balle dans la tête de ta salope de mère.
Mes mains se mirent à trembler face à l'horreur de la situation. J'étais complètement pétrifiée, incapable de réagir. Mon père m'arracha alors le téléphone des mains, le regard sombre et déterminé.
Je sortis en furie, avançant jusqu'au fond de l'avion pour tenter de me calmer. Mais le stress m'envahissait, étouffant toute pensée claire. Je ne savais plus quoi faire.
Une seule certitude me restait : y aller. Quoi qu'il en coûte. Je ferais tout pour les sortir de là. Même s'il me fallait mettre ma vie en danger, même s'il me fallait mourir... je ferais tout. Absolument tout.
— Nessayem... dit soudain quelqu'un d'une voix grave.
Je me retournai. C'était Ismaël. J'essuyai rapidement mes larmes, refusant de lui laisser voir ma faiblesse.
— Qu'est-ce que tu veux... ?
— Écoute, je sais que ce n'est pas le bon moment, mais sache que je suis là pour toi.
Je laissai échapper un rire amer.
— Là pour moi, tu dis ? Arrête, Ismaël. Je n'ai ni le temps ni l'énergie de me battre une nouvelle fois avec toi. Garde tes excuses pour toi.
Ma voix tremblait malgré moi.
— Si je comptais vraiment pour toi, comme tu sembles le dire, tu n'aurais jamais levé la main sur moi.
Je voulus passer pour m'échapper de son passage, mais il me bloqua en refermant sa main autour de mon poignet.
— Ne me touche surtout pas.
Je retirai brusquement sa main de mon bras et sortis sans me retourner. Dans ma fuite, je heurtai accidentellement le torse de quelqu'un. Je relevai la tête.
— Il t'a touchée ?
— Non... non. Je vais aller m'asseoir un moment.
Je partis m'asseoir, tentant désespérément de me calmer. Je voulais que cet avion atterrisse le plus vite possible.
J'étais complètement perdue, plus vraiment moi-même, incapable de savoir où donner de la tête.
Sous le poids du stress et de l'épuisement, mes paupières finirent par se fermer... et je m'endormis.
SELIM
— Il faut qu'on trouve un plan, Carlos. Tu as réussi à localiser cet enfoiré ?
— J'ai un peu de mal. Cet Eduardo est malin, il brouille soigneusement ses pistes.
— On va essayer de rester le plus discrets possible. On ne va quand même pas laisser Nessayem y aller toute seule.
Selim, Karim et Carlos, vous vous mobiliserez pour éviter tout acte pouvant mettre sa famille — et elle-même — en danger.
— Wissal, toi, tu feras diversion.
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Nessayem
Roman d'amourL'amour, c'est lorsque le bonheur de l'autre est aussi important que le sien De l'antagonisme à l'affection, il n'y a parfois qu'un pas que l'amour peut franchir
