AHMED
Nous avions fouillé chaque pièce, retourné chaque recoin, jusqu'à la moindre armoire, mais rien. Le silence pesait lourd. Nous étions même allés jusque dans la propriété d'Ismaël et de Nessayem : là encore, aucune trace.
— Monsieur... regardez.
Octavio venait de réapparaître. Dans ses bras, un bébé tigre se débattait faiblement, ses yeux encore trop grands pour son petit corps. Mon cœur se serra. Ma fille m'avait parlé de son animal. C'était donc lui. Ce fragile bout de vie lui appartenait.
— On l'emmène avec nous, dis-je d'une voix ferme. Il est sûrement à ma fille.
Je relevai la tête, la rage brûlant dans mes veines.
— Et on doit décoller immédiatement pour le Mexique. Ce fils de pute a kidnappé mes enfants... et leurs mères.
NESSAYEM
Nous sommes rentrés de notre petite escapade, et cette parenthèse m'a fait un bien fou, comme une bouffée d'air au milieu de tout ce qui s'effondrait.
La Doña m'a accordé une nouvelle chambre, un refuge silencieux où je peux enfin respirer. Depuis ce qui s'est passé, je n'ai pas revu Ismaël. Son absence est lourde, presque assourdissante, et laisse derrière elle plus de questions que de réponses.
Je suis parti me doucher rapidement. Elle m'a aussi informé qu'Ahmed était parti voir ma famille, ce qui m'a rassuré : au moins, il s'en occupait enfin.
Je suis sorti de la salle de bain en me séchant les cheveux, j'ai enfilé rapidement un haut noir et un bas noir, puis j'ai brossé mes cheveux encore humides pour ne pas les laisser détachés.
Je sors de ma chambre et descends rejoindre les autres au salon. Tout le monde est déjà assis.
— Beauté divine, viens, je t'ai fait une place ! s'exclame Carlos.
Je m'installe à ma place. À ma droite se trouve Evin, qui rayonne. La complicité qu'elle partage avec sa maman me touche profondément ; c'est un moment simple, mais chargé d'émotion.
La même scène se répétait pour Naeem. La porte s'ouvre enfin : c'était Octavio et mon père, leurs visages fermes et froids, presque impassibles.
Je me suis levé aussitôt. Quand j'ai aperçu Rio, un frisson m'a traversé : j'ai cru qu'il avait été embarqué. Je n'ai pas eu le temps de le récupérer qu'Eduardo s'est déjà introduit dans la pièce.
— Riooo ! J'ai cru qu'il t'avait fait du mal... merci de l'avoir amené.
Je l'ai serré fort contre moi, le cœur encore battant. Puis, en relevant la tête, j'ai croisé le regard de mon père, qui semblait confus, hésitant entre soulagement et interrogation.
— Écoute, Nessayem... J'ai voulu rendre visite à ta sœur et à ton frère, mais quand je suis arrivé, il n'y avait plus personne. Tout avait été dévalisé. Eduardo en est responsable. Il te veut absolument, et je te jure que je le ferai payer.
Je suis tombée de haut. Comment était-ce possible ? Maintenant, c'était à ma famille qu'il s'en prenait. Je subissais son mal, alors que c'était son frère qui m'avait causé le plus de tort.
— Je... je ne comprends pas comment c'est possible...
— Je te jure qu'il paiera, ma chérie, me rassura mon père.
Il me prit dans ses bras, tentant de m'apaiser, de faire taire la tempête qui grondait en moi.
— Faites tous vos valises. Ce n'est pas en restant dans cet état qu'on les retrouvera, déclara Selim d'une voix ferme.
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Nessayem
RomanceL'amour, c'est lorsque le bonheur de l'autre est aussi important que le sien De l'antagonisme à l'affection, il n'y a parfois qu'un pas que l'amour peut franchir
