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NESSAYEM

Son visage se décomposa à l'instant où mes mots franchirent mes lèvres.

— Les Elsayed ? Je n'ai rien à voir avec eux, je t'en prie, ne raconte pas de bêtises.

La supplique dans sa voix était presque palpable, mais je ne pouvais pas détourner le regard de son trouble. Chaque mot qu'elle prononçait semblait un peu plus démentir sa défense.

— Vous mentez, murmurai-je, ma voix basse mais tranchante, comme une lame qui perce un voile de faux-semblants.

Un silence lourd s'abattit, chargé de tout ce qu'elle ne disait pas, mais qui pourtant flottait dans l'air, impossible à ignorer.

Elle se leva brusquement, presque comme si mes mots avaient brûlé l'air autour d'elle. Sans un regard, elle referma la porte derrière elle, laissant un silence glacial dans la pièce.

Je savais qu'elle mentait. Elle niait l'évidence, mais j'aurais mis ma main à couper qu'elle avait eu des enfants.

Je restai figée un instant, la tête emplie de questions qui s'entrechoquaient. Puis, d'un pas hésitant, je quittai la chambre.

Un étrange mélange de colère et de perplexité m'envahissait. Mon soi-disant père... ce même homme qui n'avait que faire de mon existence.

Et moi, j'avais fait tout ce chemin, traversé tant de doutes, pour finalement me retrouver face à des réponses aussi floues qu'un rêve qui s'efface au réveil.

Et pourtant, ce n'était pas seulement cela qui m'oppressait. Selim... Ce baiser.

Il me hantait toujours. Chaque fois que j'y pensais, mon cœur battait un peu plus fort, comme pour me rappeler que rien n'était simple.

En descendant les marches, mes pensées brouillées par ce chaos intérieur, je le vis. Selim était dans le jardin, une cigarette coincée entre ses doigts.

Il tenait son téléphone dans l'autre main, les sourcils froncés, l'air absorbé par un message ou un appel.

La fumée s'élevait en volutes paresseuses, mais tout en lui semblait tendu, presque nerveux.

Je ralentis le pas, incertaine.

Carlos était en train de boire un coup dans la cuisine, sa silhouette appuyée contre le plan de travail. Il leva les yeux vers moi lorsque je passai près de lui.

— Tu t'en vas déjà ? demanda-t-il, un sourcil arqué, l'air vaguement surpris.

Je n'eus pas le temps de répondre qu'une voix derrière moi s'éleva. Je me retournai et tombai nez à nez avec Karim, le frère de Selim. Un sourire rapide étira ses lèvres, comme une ombre fugace.

— Oui, il faut bien. J'ai prévenu personne, ils doivent sûrement s'inquiéter, répondis-je en haussant légèrement les épaules.

Karim hocha la tête en silence, son regard accrochant le mien un court instant avant qu'il ne détourne les yeux.

Le moment était étrange, presque suspendu, mais je n'y prêtais pas plus d'attention. Mon esprit était encore trop embrouillé pour analyser quoi que ce soit.

— Je comprends, c'est vrai qu'au début ont a agis comme de vrai connard mais je t'assure qu'au fond ont a un bon coeur même si le monde entier pense contraire, j'avoue que travailler dans la mafia ne fait pas de moi une bonne personne mais si j'ai choisi ce train de vie je serais sûrement déjà mort cette mafia c'est toutes ma vie une famille que je n'ai jamais eu

— Je le sais, j'ai pu le voir. Même si j'ai quelques malentendus avec certains de vos membres, vous êtes attachants, dit Karim, son ton calme mais sincère.

NessayemOù les histoires vivent. Découvrez maintenant