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— Un criminel putain un putain de mafieux qu'est-ce qui te prend

— Tu l'as fait aussi, exactement la même chose, et sûrement plus d'une fois avec Nahema. Alors ne viens pas me dire que tu as ton mot à dire.

— Regarde-moi bien dans les yeux : je ne veux plus jamais, jamais que tu remettes les pieds là-bas.

— Ce n'est pas à toi de prendre ce genre de décision. Si j'y suis allée, c'est parce qu'il y avait une raison bien plus importante... mais évidemment, Monsieur n'est au courant de rien. Trop occupé à s'envoyer Nahema matin, midi et soir. Et c'est seulement quand je disparais que, soudain, tu prétends t'inquiéter pour moi ?

Il partit d'un pas nerveux, bousculant la porte du restaurant. Je le suivis sans réfléchir, le cœur battant trop fort.

— T'as fini ton cinéma ? Hein ? Tu l'as baisé, ce fils de pute, pour être assez conne pour l'embrasser ?

— Parle-moi autrement. Tu vas beaucoup trop loin.

— Trop loin ? Il ricana. Sans ça, t'aurais peut-être pas fini violée par ces petites tapettes. Tu l'as bien mérité, au fond, non ?

Il s'éloigna sans un regard, monta dans sa voiture et disparut dans la nuit.

Je restai seule, figée dans cette ruelle glacée, incapable de bouger. Tétanisée. Les mots qu'il venait de cracher résonnaient encore, plus violents que des coups.

Je me suis mise à pleurer bêtement airant dans la ruelle

Je me mis à pleurer bêtement, assise par terre dans la ruelle, sans pouvoir m'arrêter.

Il avait raison... je l'avais mérité.

Après vingt minutes de marche sans but, mon téléphone vibra. C'était Jamal, qui m'annonçait qu'il venait me chercher.

Je l'attendis dix minutes, puis montai dans sa voiture, sans aucune émotion, sans envie. Rien ne me donnait envie.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il, inquiet.

— Rien d'important, répondis-je, la voix cassée.

— Nessayem, il s'est passé quelque chose. Ton mari m'a appelé, furieux.

— De quel mari tu parles ? soufflai-je. Il est parti rejoindre Nahema, c'est elle que tu devrais appeler, sa femme. Ne m'associe plus à lui, s'il te plaît.

Il hocha doucement la tête, sans ajouter un mot.

Quand nous arrivâmes, je rentrai chez moi le cœur en mille morceaux. À vrai dire, il l'était déjà depuis longtemps.

Je montai lentement les marches de l'escalier, le souffle court, quand soudain une voix féminine m'appela derrière moi :

— Nessayem... attends.

Je me retournai, les larmes brouillant ma vision, mon mascara coulant en traces noires sur mes joues. C'était Evin.

Elle s'empressa de me prendre dans ses bras, avec une tendresse infinie, puis elle me raccompagna doucement jusqu'à ma chambre.

— Je vais te préparer un bain chaud. Après, tu me raconteras ce qui s'est passé. Je t'attends, murmura-t-elle.

Elle prépara le bain, et je me laissai doucement emporter par la chaleur de l'eau. Pendant que je me détendais, elle me brossa les cheveux avec délicatesse.

Puis elle me laissa, et je restai là une bonne vingtaine de minutes, à essayer d'apaiser ce feu au fond de moi.

Quand je sortis enfin, je m'habillai lentement, puis rejoignis Evin dans le lit.

NessayemOù les histoires vivent. Découvrez maintenant