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Il se détache brusquement de moi, comme pris d'une urgence impérieuse, et laisse échapper un profond soupir, chargé d'un poids invisible

— Prépare toi pour ce soir.

Il s'apprêtait à s'éloigner, mais d'un geste instinctif, je saisis fermement son poignet, comme pour retenir le temps lui-

— Il y a à peine deux secondes, tu ne voulait pas m'embrasser ?

— Je vois que t'y prend du plaisir, mais ça n'arrivera jamais.

— Pas sincère tout ça.

Il glisse doucement sa main sous mon menton, relevant mon visage vers le sien. Son regard s'ancre dans le mien tandis qu'il approche lentement, réduisant la distance entre nous.

— Les lèvres mentent parfois, mais le corps ne sait jamais tricher tu n'a pas tord, faisons un deal le premier qui embrasse à perdue.

— Marcher conclue.

Il m'a ouvert la porte, un geste presque automatique, puis il est parti de son côté, me laissant seule avec mes pensées. Je me suis laissée tomber sur le lit, les yeux rivés au plafond. Qu'est-ce qui m'a pris... sérieusement ?

Le poids de mes actes me rattrape, un étau qui se resserre autour de ma conscience. En y repensant, une vague de dégoût me submerge. Je suis mariée, après tout.

Certes, ce mariage est une mascarade, condamné à l'échec avant même de commencer, mais cela ne change rien. Je me sens lâche. Lâche d'avoir cédé, d'avoir laissé mes émotions prendre le dessus.

Et pourtant, cette tension entre Selim et moi... Elle me trouble. Elle éveille en moi des sensations insoupçonnées, des émotions que je n'avais jamais cru pouvoir ressentir. Lui, qui m'a toujours regardée avec mépris, qui a nourri tant de haine à mon égard.

Pourquoi maintenant, cette douceur inattendue ? Pourquoi cette façon de me regarder, de me toucher, qui bouleverse tout en moi ? Cela me fait drôle, presque peur... mais je ne peux m'empêcher d'y penser.


ISMAËL

— COMMENT TA PU LA LAISSER PARTIR PUTAIN YA QUOI DANS TA PUTAIN DE TETE ISMAËL S'écrit mon père

J'ETAIT AU BUREAU C'EST A TES HOMME À LA CON QUI FAUT DEMANDER

Mon père était hors de lui quand je lui ai annoncé sa disparition. Elle n'est pas rentrée, et au fond de moi, je savais déjà.

C'était encore ces foutus bons à rien, ces misérables qui rôdent toujours où ils ne devraient pas. Le tonnerre de sa colère résonnait, mais moi, j'avais ce mélange de rage et d'impuissance qui me consumait.

— Tu balances tout ça sur moi mais qui sais c'est surement t'es merde, et que t'as impliqué ma femme à ça ?? Je me trompe

— Parle moi dans un autre ton Ismaël.

— Quoi tu va me taper c'est ça ? Hein ça à toujours étais ta manière de me montrer à quel point tu m'aime

— SORS DE MON BUREAU

— Maintenant débrouille toi pour annoncer à ses parents que la mafia là kidnapper.

J'ai claqué la porte de son bureau, laissant éclater ma frustration, et je suis montée en furie dans notre chambre.

Elle était vide, comme un écho de son absence. Jamais je n'aurais pensé dire ça un jour, mais sa présence me manque. Intensément.

NessayemOù les histoires vivent. Découvrez maintenant