30 | Plaisir mortel

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❝ 𝐽𝑒 𝑡𝑒 𝑓𝑎𝑖𝑠 𝑐𝑜𝑛𝑓𝑖𝑎𝑛𝑐𝑒 ❞

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❝ 𝐽𝑒 𝑡𝑒 𝑓𝑎𝑖𝑠 𝑐𝑜𝑛𝑓𝑖𝑎𝑛𝑐𝑒 ❞


ᥫ᭡



𝑽𝑨𝑫𝑰𝑴 𝑲𝑶𝑺𝑲𝑶𝑽



          переход смерти.
Autrement dit en français, le passage de la mort.

Une série d'œuvres que j'ai réalisée il y a quelque année, toute basée sur la mort, la dépression, les pensées sombres, presque suicidaires. Je retranscrivais tout sur mes toiles : mes émotions, mes pensées, les voix qui résonnaient dans mon esprit. C'était la seule manière de survivre à ce chaos intérieur, la seule manière de ne pas sombrer.

Je me souviens encore de ces nuits interminables, où le silence devenait assourdissant. La toile blanche devant moi était comme un miroir cruel, reflétant tout ce que je ne voulais pas voir, tout ce que je fuyais. Mais une fois le pinceau en main, une fois que la peinture glissait sur la toile, je pouvais enfin respirer. Chaque coup de pinceau était un cri muet, un aveu que je n'aurais jamais pu formuler autrement.

La collection переправа смерти n'a pas été comprise par tout le monde, et c'est tant mieux. Certains critiques l'ont qualifiée de « macabre » ou « dérangeante ». D'autres y ont vu une œuvre d'art brutale, une plongée dans l'âme humaine. Mais peu importe ce qu'ils en ont pensé. Pour moi, c'était une confession. Une manière de faire face à ma propre mortalité, à mes propres démons.

Je n'ai jamais voulu parler de cette période, encore moins répondre aux questions des journalistes ou des amateurs d'art curieux. Car pour comprendre переправа смерти, il faut avoir été dans cet endroit sombre. Il faut avoir vu la mort non pas comme une peur, mais comme une compagne silencieuse, une porte qui semble parfois être la seule issue.

Quand Svetlana a prononcé le nom de cette collection, une partie de moi a frissonné. Pas de peur, mais de colère. Elle n'avait pas le droit de fouiller dans cette partie de moi. Ce que j'ai peint en 2019, c'était pour moi, pas pour elle, ni pour quiconque.

Mais ce qui me chiffonne l'esprit, c'est : comment est-elle au courant pour cette œuvre ?

Enfin, je veux dire, seuls les véritables amateurs d'art connaissent cette partie de mon histoire. Et encore, même parmi eux, certains ignorent que c'est moi qui suis à l'origine de ces toiles. J'ai toujours gardé un certain anonymat autour de переправа смерти, volontairement. Contrairement à mes autres collections, plus populaires et plus accessibles, celle-ci n'a jamais été promue. Elle n'était pas destinée à être admirée en galerie ou débattue lors de dîners mondains. Ces œuvres étaient trop personnelles, trop brutes, pour être exposées à la lumière du jour.

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