36 | Rouge comme le Sang, Noir comme l'Âme

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- FLASHBACK -
il y a 10 ans...



𝑽𝑨𝑫𝑰𝑴 𝑲𝑶𝑺𝑲𝑶𝑽

            𝓙e franchis le seuil de notre appartement avec une décision lourde sur les épaules. Aujourd'hui, c'est fini. Je suis déterminé à mettre un terme à cette relation qui nous ronge tous les deux. Je l'aime d'un amour sincère, mais je vois bien qu'elle se perd, qu'elle sombre dans une spirale incontrôlable. Sa folie, sa maladie, la dévore chaque jour un peu plus.

Elle refuse d'aller consulter, de reconnaître la réalité. Sa famille reste aveugle, me traitant de paranoïaque, mais moi je sais. Je la vois se décomposer, s'éteindre dans une démence qui la consume et m'entraîne avec elle.

La pièce est plongée dans un silence oppressant. L'air est lourd, presque irrespirable. Alina est là, au milieu de la pièce, debout devant sa toile maculée de rouge, ses mains tremblantes tenant un pinceau. Elle ne me regarde même pas, absorbée dans un monde que je ne peux pas comprendre.

— Alina, murmuré-je doucement en avançant vers elle.

Elle lève enfin les yeux vers moi, et je frissonne. Son regard est vide, fiévreux. Une étincelle de folie danse dans ses prunelles, me glaçant jusqu'aux os.

— Ferme-la ! hurle-t-elle brusquement, sa voix déchirant le silence.

Je me fige, surpris par sa violence soudaine. Mais je ne peux pas partir, pas sans lui dire ce que j'ai sur le cœur. Pas sans tenter de la sauver, même si elle ne veut pas l'être.

— Alina, mon amour... Il faut qu'on parle.

Elle éclate de rire, un rire qui me glace le sang, à la fois dément et désespéré.

— Je n'ai rien à te dire, Vadim ! Rien ! Je suis occupée à peindre Zeus, tu comprends ? Zeus m'appelle, il m'a choisie, il me guide.

Je reste interdit, le cœur battant à tout rompre. Zeus ? Encore ces délires. Ses voix. Son monde imaginaire.

— Alina... Il faut que tu te fasses aider. Tu as besoin d'aide, s'il te plaît. Je t'aime. Mais là, je ne te reconnais plus...

— Tu ne comprends rien ! hurle-t-elle en me fixant, sa respiration saccadée. Toi, tu es un parasite. Un poids. Tu me retiens. Laisse-moi tranquille, tu nous déranges.

Elle fait un geste vif de la main, m'ordonnant de partir comme si j'étais un inconnu. Un rien.

— Alina, écoute-moi ! Si tu continues comme ça, je... je vais te quitter.

Ces mots m'échappent, portés par la douleur, par l'urgence.

Elle s'immobilise d'un coup, comme si le temps venait de s'arrêter. Lentement, elle tourne son visage vers moi. Ses traits sont tendus, presque inhumains. Elle avance vers moi, ses mains maculées de peinture rouge, et saisit mon visage entre ses paumes glacées.

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