Dans mon coeur s'est implanté un oursin
Que je ne veux pas voir mourir
J'en ai assez de voir la mort
Enlacer des gens que je pus chérir
Je suis un verre trop fragile et mon sort
Est de prendre poussière de ma colère
De ma haine envers moi-même,
De ma peine envers mon frère
Pourtant ma vie veut qu'on l'aime
Je ne suis point à plaindre,
Et moi-même trop pudique
Je ne suis point à geindre.
Mais mon cerveau m'indique
Toujours que les choses sont
Telles que je ne les veux pas.
Le voilà mordre à l'hameçon
Une nouvelle fois pour l'appât
D'une question : pourquoi ?
Pourquoi ne suis-je point à ma place ?
Pourquoi persister encore ? Quoi ?
Cela lui plaît de me faire farce
De me faire frémir !
Ou sinon pour m'humilier un peu
De me faire gémir
Autant qu'il le veut !
Je me hais ! Je me hais !
Des années qu'il est enterré
Et je pleure toujours
Autant que le premier jour
Dans un oreiller terré
Car je n'ai pas le courage de le montrer
Je me hais ! Je me hais !
Il ne veut plus se taire !
Tout tourne autour de questions !
À quoi bon ?
Car depuis qu'il est partit
Ma place n'est plus sur terre,
Elle est restée avec lui !
Mes larmes comme somnifères
Me ramènent sans cesse à lui !
Des années ! Et trop fragile
Pour enfin tourner cette page
Je n'en ai pas la force
Je n'en ai pas le courage !
Des années ! Et vous l'oubliez
Petit à petit, de l'argile
S'émiettant au gré du temps...
Bientôt je perdrais son portrait !
Emporté par le vent !
J'ai déjà tout perdu de sa mémoire
Que parler de ma douleur,
C'est le risque de la perdre !
Oui, je brûle, certes
Mais souffrir est tout ce qu'il me reste
D'un frère dont je perds déjà les gestes,
Et je ne peux le laisser partir.
Quelle douleur
De ne pas pouvoir
Jeter un au revoir !
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Poésie
PoetryUn recueil un peu fourre-tout qui regroupe tous mes poèmes non-canon trouvables dans d'autres recueils ainsi que des inspirations poétiques. Si vous désirez lire de la poésie en toute détente, je pense que vous pourrez trouver ici votre bonheur.
