La ville pluvieuse

9 2 0
                                        

Tout le jour, la pluie tombe et s’éparpille,
Noyés les trottoirs, noyés les pavés,
Les giratoires, routes saccagées,
Leur pourtour ; construit d’onde et écarquille
Les fenêtres de ma vieille polis,
Acère et lime les lieux de rencontre et
Lacère l’élimé peuple encontré.
C’est un être en éveil, faux adonis.

Un diable usurpateur, ange apocryphe,
Un azazel revêtu de lumière,
Non pas du ciel mais du cru de l’enfer,
Niable imitateur, démon adoptif.

Monstre que l’on goinfre de cathédrales,
Serti ici et là de boursouflures
Monuments de cette chair carcérale
Pervertie dont la peau garde doublure !

La désinvolture n’est pas soucis :
Les fourmis s’en vont en auto taffer.
La culture n’y est jamais roussie
Car ici la pluie fait l’autodafé.

Quelle horreur que la ville pluvieuse,
Plus vieux et faux est son timbre de voix,
Si faux qu’en limbes les fourmis il noie !
Fausse hydre que la ville pluvieuse !

PoésieDes histoires addictives. Découvrez maintenant