Pour rappel : Je suis responsable de ce que j'écrit et non de ce que vous lisez. Cette histoire est purement fictive et si les personnes qui ont inspirés mes personnages souhaitent que cette histoire soit supprimée ce sera le cas.
Ce que j'ai voulu créer à travers ce recueil d'OS est que vous, en tant que lecteur, vous puissiez faire des liens entre mes histoires. Aucune histoire n'est liée à une autre mais certaines peuvent se mettre facilement à la suite d'une autre. C'est pour ça que parfois je décline les suites que vous me proposez, car je sais déjà que dans ma liste d'idées, l'une d'entre elle pourra se glisser à sa suite. Je vous laisse faire votre propre histoire à travers mes OS. Mais aujourd'hui j'ai décidé de faire des liens directs à mes précédents OS tout en faisant en sorte que cette histoire reste aussi indépendante que les autres. Cet OS se glisse au milieu de 3 autres OS, je vous laisse me dire si vous arrivez à les reconnaître.
PS : J'aimerais beaucoup qu'arrivé au moment clé de l'histoire vous me donniez vos théories sur ce qu'il va se passer. Vous comprendrez au moment venu. Hâte de vous lire...
Bonne lecture 😊
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Helena avait enchaîné une très longue journée de shooting pour son album, suivie des Ciné-Télé-Revue Awards le soir. Elle s'était levée bien trop tôt à son goût et rentrait chez elle beaucoup trop tard. Lorsque, enfin, elle ouvrit la porte de son appartement qu'elle partageait avec ses meilleures amies et entra dans sa chambre, elle trouva Pierre, qui était arrivé dans l'après-midi, déjà endormi. Bien qu'il ait lutté pour rester éveillé jusqu'à son retour pour pouvoir la voir après plusieurs jours de séparation, il s'était finalement endormi.
Un léger sourire se dessina sur ses lèvres en voyant son petit ami dormir paisiblement. Elle se dirigea vers la salle de bain pour se démaquiller et prendre une douche rapide espérant soulager son corps complètement fatigué et courbaturé. Elle avait l'impression qu'un camion lui avait roulé dessus. On était déjà début décembre et elle avait encore tellement de choses à régler, à faire et à penser avant de pouvoir enfin prendre une vraie pause pour les fêtes de fin d'année. Elle se demandait comment elle allait réussir à tenir le rythme.
Yahima avait réussi à lui libérer son week-end et le début de la semaine pour qu'elle puisse récupérer après avoir sillonné la France et la Belgique pour la promotion de Mauvais Garçon. Cela faisait un mois qu'elle n'avait pas eu de vrai repos et elle comptait bien profiter de ses quatre prochains jours pour reprendre des forces, tout en profitant de Pierre, qui avait également quelques jours de libre. Et en plus, ils avaient quasiment l'appartement pour eux seuls pendant ce week-end prolongé. Ses deux meilleures amies étaient rentrées chez leurs parents pour le week-end et ne reviendraient que dimanche soir, avant de reprendre les cours lundi.
Ses yeux commençaient à se fermer tous seuls sous la douche, et elle décida de sortir. En voyant un des t-shirts de Pierre dans la salle de bain, elle ne put s'empêcher de sourire. Il l'avait laissé pour qu'elle puisse l'utiliser comme pyjama. C'était l'une de ces petites attentions qu'il avait pour elle, et qu'elle adorait. Elle se sécha, enfila le t-shirt, se lava les dents, et alors qu'elle s'apprêtait à sortir de la chambre, un vertige la prit. Elle posa sa main contre l'encadrement de la porte pour essayer de retrouver son équilibre.
Une sensation nauséeuse l'avait prise pendant la cérémonie un peu plus tôt, et ne l'avait pas quittée depuis. Elle s'était dit que c'était sans doute dû à quelque chose qu'elle avait mangé au buffet, mais là, avec ce vertige, elle espérait juste ne pas être en train de tomber malade. Peut-être que la fatigue et le stress accumulés commençaient à être trop difficile à gérer pour son corps. Elle se rassura en se disant qu'une bonne nuit de sommeil, avec Pierre à ses côtés, serait sûrement plus que bénéfique.
Une fois qu'elle se sentit suffisamment stable, elle se dirigea vers la chambre et se glissa sous les draps. Même si elle aurait adoré se lover contre Pierre, elle préféra rester de son côté du lit pour ne pas le réveiller. Mais Pierre, dans son sommeil, sembla sentir sa présence et, encore endormi, il se rapprocha d'elle et la prit dans ses bras.
Leurs vies d'artiste, bien qu'ils l'aimaient, leur apportaient beaucoup de stress et d'angoisse. Ils savaient que, malgré les difficultés, ils se comprenaient mieux que quiconque dans ces moments-là. Les nuits seuls, chacun de leur côté dans des villes ou des pays différents, étaient encore difficiles à gérer. Ils ne se sentaient jamais pleinement apaisés quand ils ne dormaient pas ensemble. Ensemble, ils retrouvaient ce sentiment de complétude et de quiétude. Ils se blottissaient l'un contre l'autre, laissant les angoisses de côté pour la nuit.
Helena se détendit instantanément, bercée par la chaleur de Pierre et les battements de son cœur, et s'endormit presque aussitôt, trouvant enfin un peu de réconfort après cette journée intense.
Elle, qui pensait faire une grasse matinée pour rattraper le sommeil qui lui manquait, se réveilla prise d'une nausée. Elle se dégagea brusquement des bras de Pierre pour courir aux toilettes et vomir. Lorsqu'elle se releva pour se rincer la bouche et se rafraîchir un peu le visage, le reflet qu'elle vit dans le miroir lui fit peur. Son visage était pâle et marqué par la fatigue, tout comme ses yeux. Elle n'avait pas ressenti un niveau de fatigue aussi intense depuis la fin de la tournée de la Star Ac. Et encore, l'adrénaline de la scène arrivait à la faire tenir. Là, elle serait totalement incapable de faire quoi que ce soit, et encore moins assurer un concert. Son corps profitait du fait qu'elle n'avait rien à faire pour lâcher.
Dans le reflet, elle vit apparaître Pierre, les cheveux en bataille et les yeux à moitié ouverts. Cette image l'aurait amusée en temps normal. D'une voix encore ensommeillée, il lui demanda :
« Ça va ? »
Elle se doutait que son départ brutal du lit l'avait réveillé, mais elle ne voulait pas l'inquiéter pour un simple coup de fatigue.
« Oui, ça va mieux maintenant. Tu peux aller te recoucher. »
Il la regarda un moment sans répondre. Puis, voyant qu'elle évitait son regard, il s'approcha et demanda avec plus d'inquiétude : « T'es sûre ? »
Quand elle croisa à nouveau son regard dans le miroir, elle vit qu'il était maintenant pleinement réveillé et préoccupé. Elle hocha la tête, tentant de lui sourire : « Je vais aller me faire une tisane et je te rejoins juste après dans le lit. »
Mais, alors qu'elle se retournait pour sortir de la salle de bain, sa tête commença à tourner, signe d'un nouveau vertige. Elle perdit un peu l'équilibre, et Pierre s'approcha d'elle rapidement pour qu'elle puisse se tenir à lui. D'une voix encore plus inquiète, il lui demanda : « Hey, qu'est-ce que t'as ma belle ? »
« Je suis juste extrêmement fatiguée à cause de la journée d'hier. J'ai l'estomac noué et des nausées depuis hier soir, mais c'est juste du stress. Mon corps profite que je sois off pour me lâcher. »
Elle avait tenté une touche d'humour mais Pierre semblait à moitié convaincu par son explication.
« C'est mieux que tu retournes au lit. Et je vais aller te faire une tisane. »
« On va quand même pas passer la journée au lit. Je veux profiter de cette journée avec toi. » Elle se sentait coupable de gâcher leur week-end à deux qui étaient bien trop rares depuis cet été.
Pierre la coupa doucement : « Si tu es fatiguée, il faut que tu te reposes Hélé. »
« Mais on avait prévu des choses aujourd'hui. »
« C'est pas grave, une journée à chiller au lit c'est tout aussi bien, tant qu'on est ensemble. » Il savait que ces moments à deux étaient importants pour elle dans leur emploi du temps, tout comme ils l'étaient pour lui. Il voyait bien qu'elle se sentait coupable de les laisser enfermés dans l'appartement toute la journée.
Malgré le froid de Bruxelles en ce mois de décembre, ils avaient prévu de profiter de la capitale. Voyant cela, il lui releva doucement le visage en posant sa main sur sa joue, caressant doucement sa peau. « Ce que tu me décris, ça ressemble à ce que j'ai eu y'a quelques mois pendant la tournée. Tu te souviens de ce que tu m'as dit à ce moment-là ? »
Helena secoua la tête.
« Tu m'avais dit que je ne m'arrêtais jamais et que tu avais peur qu'un jour mon corps décide de le faire à ma place. Mais j'avais préféré ne pas t'écouter, ni toi, ni les gens autour de nous, et je suis quand même monté sur scène. »
Elle hocha la tête en se souvenant de ce moment.
« Et, tu te souviens de ce qui s'est passé après ça ? »
« Tu as failli faire un malaise en sortant de scène et tu as été mis au repos forcé pendant deux jours. »
Il ajouta en la regardant droit dans les yeux : « J'ai expérimenté ça et vraiment je t'assure que je ne le conseille pas. »
Un faible rire s'échappa des lèvres d'Helena, se détendant dans ses bras, appréciant sa présence réconfortante.
Elle lui répondit d'un ton fatigué : « Ok, je vais me remettre au lit. » Mais avant qu'elle ne parte, Pierre la rattrapa et lui dit : « Au fait, bonjour. » Puis il l'embrassa tendrement. Quand leurs lèvres se séparèrent, elle lui répondit doucement : « Bonjour, mon chat. »
Il lui sourit, un peu amusé : « C'est beaucoup trop long une semaine sans se voir. »
Elle le corrigea en souriant : « C'était cinq jours. »
Il haussait les épaules, un sourire sur les lèvres : « C'est la même chose, dans tous les cas, c'était trop long. »
Elle ajouta, un sourire en coin : « Je suis juste précise. » Puis, elle l'embrassa une dernière fois et lui dit : « Je retourne au lit. »
Pierre se dirigea vers la cuisine pour lui préparer une tisane, mais quand il revint dans la chambre, elle était déjà à moitié endormie. Il posa la tasse sur la table de nuit et s'allongea à ses côtés. Elle se blottit contre lui, et il lui murmura : « Je t'ai mis ta tasse sur ta table de nuit. »
« Merci, mon chat. »
Elle lui répondit d'une voix presque endormie mais ne bougea pas, sentant le sommeil revenir rapidement. Il déposa un baiser sur son front et s'endormit à son tour. Il était à peine 7h du matin, donc le sommeil les gagna encore pour quelques heures.
Ils passèrent la journée entre le lit et le canapé. Helena alternait entre siestes et moments où elle essayait de suivre les films que Pierre regardait. Elle n'avait rien mangé de la journée ; son estomac était toujours noué et les nausées persistantes. Même les sushis que Pierre avait commandés n'avaient pas réussi à lui ouvrir l'appétit. La fatigue était toujours là, et ce n'était pas une fatigue qui disparaissait après une bonne sieste. C'était une fatigue plus lourde, qui avait pris place dans son corps. Son corps était lourd, et elle n'avait aucune énergie pour faire quoi que ce soit.
La journée du dimanche fut similaire à celle du samedi. Bien qu'elle n'ait plus autant sommeil, elle n'avait la force que de rester allongée, soit dans son lit, soit sur le canapé. Le soir, elle se coucha tôt, laissant Pierre manger avec ses amies qui étaient rentrées de leur week-end chez leurs parents. Elle avait eu plusieurs nausées et quelques vomissements durant le week-end, et comme les deux précédents matins, une énième nausée la réveilla lundi matin. Elle se leva rapidement du lit pour courir aux toilettes et vomir. Comme les jours précédents, Pierre la rejoignit dans la salle de bain pour voir comment elle allait.
Une fois qu'elle se fut lavé les dents et débarrassée du goût désagréable dans sa bouche, Pierre lui demanda, d'un ton préoccupé : « Tu ne penses pas qu'il vaudrait mieux aller voir un médecin ? »
Helena lui répondit d'un ton fatigué : « Je ne suis pas malade. »
« T'es sûre que c'est juste de la fatigue mélangée à du stress ? »
Dans le regard de Pierre, elle pouvait voir qu'il n'était pas convaincu. Elle soupira doucement, avant de lui dire : « J'ai zéro autres symptômes, donc y'a peu de chance que je sois malade. Ça fait des semaines que j'enchaîne les courtes nuits et les journées à rallonge. Les nausées sont apparues après le buffet de la cérémonie. Y'a juste un truc que j'arrive pas à digérer, c'est tout. Tu veux que ce soit quoi d'autre ? »
Pierre, d'un ton hésitant, lui posa alors la question qui le perturbait depuis hier : « Et... est-ce qu'il y a une possibilité que tu sois enceinte ? »
Cette question la fit éclater de rire, car pour elle, c'était tout simplement impossible. Elle lui répondit en souriant : « Ne dis pas n'importe quoi. »
Pierre n'insista pas, mais il n'avait pas pu s'empêcher de lui poser la question. Dans sa tête, le fait de voir que ça n'empirait pas et que ça ne s'améliorait pas lui avait fait penser à ça.
Elle en était persuadée, c'était juste du stress mélangé à de la fatigue. Mais cette supposée idée de Pierre commençait à faire son chemin dans son esprit. Elle ne laissa rien transparaitre face à lui, mais dans sa tête, elle repassait toutes ses dernières semaines. Elle en était certaine, elle n'avait pas oublié sa pilule, elle avait même vérifié la plaquette, mais... un accident pouvait arriver, rien n'était fiable à 100%. Elle secoua la tête, ne voulant pas se laisser envahir par cette idée.
Dans l'espoir de se changer un peu les idées et de ne plus penser à ça, elle s'habilla rapidement et prévient Pierre qu'elle partait à la pharmacie pour s'acheter des vitamines, histoire de reprendre un peu de force et d'énergie pour la semaine à venir, qui s'annonçait tout de même chargée.
Arrivée à la pharmacie, elle attrapa une boîte de vitamines qu'elle avait l'habitude de prendre quand elle en avait besoin. Alors qu'elle se dirigeait vers la caisse, ses yeux se posèrent sur les tests de grossesse, comme s'ils avaient été attirés par ces petites boîtes. Elle s'arrêta devant, hésitant un instant. Ses règles devaient arriver dans très peu de jours, elle pouvait très bien attendre. Mais une petite voix dans sa tête lui disait qu'elle ne pouvait pas attendre et rester dans le doute, qu'elle avait besoin d'en avoir le cœur net, tout de suite. Elle voulait savoir si elle pouvait être rassurée ou si les doutes de Pierre, qui malgré elle devenaient aussi les siens, allaient être confirmés.
Elle prit une boîte, un test où elle pouvait lire clairement « Enceinte / Pas enceinte », pour être sûre du résultat. Elle se dirigea à nouveau vers le comptoir pour payer, mais fit marche arrière et prit une deuxième boîte. Elle en était certaine, les tests seraient négatifs, mais deux tests négatifs seraient plus rassurants qu'un seul.
Elle fut soulagée quand le pharmacien ne sembla pas la reconnaître. Sur le chemin du retour, à mesure qu'elle s'approchait de l'appartement, ses pensées commencèrent à se bousculer. Elle ne put s'empêcher de laisser son cerveau transformer ses doutes en peur. Une part d'elle se disait : Et s'ils sont positifs ? Ce n'est pas le moment. Elle n'a pas le temps pour ça. Elle ne veut pas être maman maintenant. Elle ne veut pas être responsable d'un petit être à son âge. Elle a bientôt 23 ans, au tout début de sa carrière, avec un album et une tournée qui arrivent. Sa vie lui plaît comme ça. Elle a vécu tellement de changements en l'espace d'un an, ne sachant pas ce qui allait se passer pour la suite. Et là, maintenant qu'elle a trouvé un semblant de stabilité dans sa nouvelle vie, avec une année 2025 qui s'annonçait incroyable, elle ne se voyait pas gérer cela.
Être maman un jour, c'était son souhait le plus cher, mais dans plusieurs années. Pas maintenant. Pas alors que sa carrière était à ses débuts. Sa vie est incroyable, malgré les hauts et les bas, les doutes et les angoisses. Elle ne voulait pas avoir cela à gérer, ni avoir à prendre une décision aussi importante.
Et puis, Pierre... Leur relation était encore récente. Est-ce que leur relation était assez solide pour supporter ça ? Peu importe le résultat du test, elle savait qu'elle ne voulait pas le faire dans son dos. Elle savait que, positif ou négatif, une discussion devra avoir lieu. Ils ne pourraient pas faire comme si de rien n'était, sans en parler.
C'était peut-être le moment de cette discussion, celle qu'on a quand on est dans une relation adulte, stable, saine et sérieuse, et qu'on est tellement bien avec la personne qu'on ne s'imagine plus une vie sans elle. Cette discussion qui permet de voir si les désirs sont alignés, si les projets d'avenir s'entrelacent.
Une boule au ventre s'installa alors qu'elle tournait dans sa rue. Pierre ne voulait pas d'enfant, il avait été très clair quand il l'avait dit, quand ils étaient encore au château. Ils n'étaient pas encore ensemble à ce moment-là et loin d'imaginer que quelques semaines après, ils seraient en couple. Mais cette simple phrase que Pierre avait prononcée il y a à peine un an, et à laquelle elle n'avait plus pensé depuis, revenait maintenant dans ses pensées.
Ils n'avaient pas les mêmes envies pour leur futur, et il était impensable pour elle de passer à côté de son rêve, tout comme il était impensable pour elle de le faire changer d'avis s'il n'en voulait pas. Comment une simple supposition de la part de Pierre pouvait créer autant de questionnements dans sa tête en l'espace d'une heure ?
Elle essaya de se calmer quand elle passa la porte de l'immeuble, ses mains se resserrant sur le sac qui contenait ses achats, essayant de se convaincre que ses nausées, qui étaient encore présentes, étaient juste dues au stress. Avant d'ouvrir la porte de son appartement, elle souffla un bon coup.
Une fois rentrée, elle vit que Pierre n'était pas dans le salon, vu l'heure qu'il était, ça ne l'étonnerait pas qu'il soit retourné au lit quand elle était dehors. Elle enleva son manteau et son écharpe et les rangea, puis se dirigea vers sa chambre. Elle poussa doucement la porte et trouva Pierre allongé sur le lit, en train de regarder son téléphone. Un doux sourire prit place sur ses lèvres quand il la vit.
« Je... »
Elle s'avança vers le lit, commençant une phrase, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Alors, elle versa le contenu du sac qu'elle avait dans la main sur le lit. Pierre se redressa pour voir de quoi il s'agissait tandis qu'elle s'asseyait sur le lit.
Il fronça les sourcils quand il comprit de quoi il s'agissait.
« Tu as un doute ? »
« J'étais sincère tout à l'heure quand je t'ai dit que c'était impossible. Je suis sûre d'avoir pris ma pilule tous les jours, j'ai même vérifié, mais depuis que tu en as parlé, le doute s'est quand même installé. Je sais qu'un accident peut arriver. »
Elle releva les yeux et rencontra ceux de Pierre. Il vit une larme glisser le long de la joue de la jeune femme. Il l'a prit dans ses bras. Elle mit sa tête dans le creux de son cou, en disant presque dans un murmure : « J'ai peur. »
Pierre resserra son étreinte autour d'elle. « Ça ne sert à rien de s'imaginer mille et une choses avant de savoir le résultat des tests. »
Il s'écarta doucement pour pouvoir voir son visage. « Tu veux les faire maintenant ? »
« C'est mieux de faire un test de grossesse le matin. Et dans tous les cas, je peux pas continuer à être dans le flou comme ça. »
Elle s'extirpa des bras de Pierre pour se lever et se diriger vers la salle de bain. Avant qu'elle ne ferme la porte, Pierre la stoppa et posa un baiser sur ses lèvres. « Je t'attends derrière la porte, je bouge pas. »
Elle ferma la porte et fit les deux tests, les posant sur le bord du lavabo. De l'autre côté de la porte, Pierre tournait en rond. Lui aussi pensait trop, lui aussi avait peur du résultat, mais même si ça les concernait tous les deux, il savait que c'était plus difficile pour elle de gérer ça et il n'avait pas envie de lui rajouter sa peur à lui.
Elle ouvrit la porte, laissant Pierre rentrer quelques instants plus tard, et se dirigea vers la baignoire pour s'asseoir sur le rebord.
Pierre entra doucement dans la pièce. Ses yeux se posèrent sur les deux tests, retournés sur le lavabo, de sorte que le résultat ne soit pas visible. Il s'approcha doucement d'elle.
« Tu as regardé ? »
Elle secoua doucement la tête. « Il faut attendre 3 minutes. »
Il hocha la tête et s'assit à côté d'elle. Elle posa sa tête sur son épaule, sa main trouvant la sienne. Au bout de quelques minutes, où ils étaient tous les deux plongés dans leurs pensées et dans le silence de la pièce, Pierre dit : « Ça doit bien faire 3 minutes maintenant. » Mais Helena ne bougea pas. Elle hocha simplement la tête.
Voyant qu'elle ne bougeait pas, il lui demanda : « Tu veux que j'aille regarder ? »
Elle releva la tête et le regarda dans les yeux. « Ça te dérange pas ? »
Il secoua la tête. « Alors, je veux bien que tu regardes. »
Pierre se leva, stressé de voir le résultat qu'il allait devoir annoncer à Helena. Il inspira un grand coup, prit un premier test et le retourna. Un poids s'échappa de ses épaules lorsqu'il vit sur l'écran inscrit « Pas enceinte ». Il attrapa le deuxième test et vit la même inscription.
« Les deux tests sont négatifs », tout en se retournant vers elle.
À l'entente des résultats, Helena s'effondra en larmes, évacuant le stress et la peur qui s'étaient accumulés pendant ces deux dernières heures. En voyant ses larmes, Pierre s'approcha pour la prendre dans ses bras, ne sachant pas si elle était déçue ou rassurée.
« Hey, dis-moi ce qu'il se passe, mon chat. »
D'une voix tremblante à cause des larmes, elle lui expliqua : « J'ai eu peur... peur de me retrouver dans une situation dans laquelle je ne voulais pas être, devoir prendre une décision importante, qui aurait eu dans tous les cas un impact sur notre vie. »
Pierre se décala pour pouvoir la voir, lui essuya les larmes qui coulaient sur ses joues et lui demanda : « Si ça avait été positif... Tu aurais voulu le garder ? »
« Ça n'a pas d'importance, il n'y a pas de bébé. »
« J'ai besoin de savoir Hélé. »
Elle secoua la tête et lui dit : « Non... Mais ça n'aurait pas été facile de prendre cette décision. Juste parce que c'était trop tôt. » Un sourire triste prit place sur ses lèvres, alors qu'elle continuait de parler. « C'est mon rêve, bien avant d'être artiste, mais pas à mon âge, pas maintenant. Ce que je vis, c'est tellement incroyable. Ce que je vis en ce moment... c'est tellement incroyable. Ce qui m'attend l'année prochaine, avec mon album et ma tournée, c'est un rêve. Je ne voudrais pour rien au monde mettre tout ça sur pause pour un enfant. »
Elle se leva et ajouta : « Dans tous les cas, je ne sais même pas pourquoi tu me poses cette question, puisque tu ne veux pas d'enfant. Et je n'aurais jamais mis au monde un enfant qui ne serait pas voulu des deux côtés. »
Il se leva et la suivit alors qu'elle se dirigeait vers sa chambre.
« Helena, s'il te plaît. »
Mais elle le stoppa. « Là, aujourd'hui, on est jeunes, au tout début de nos carrières, à mille lieux d'avoir le temps ou même de penser à construire une famille. Ce n'est clairement pas dans mes plans avant plusieurs années, mais c'est comme ça que je vois mon futur, avec des enfants. Et forcément, à un moment donné, on ne sera plus sur la même longueur d'onde tous les deux. Comment on va faire ? Un de nous devra aller contre ses envies ? Mais ça, c'est pas possible, car je ne renoncerai jamais à cette envie, mais je ne t'imposerai pas non plus ça. »
Pierre eut l'impression de sentir le ciel s'écrouler sur lui. Il avait l'impression qu'à tout moment avec cette discussion, il pouvait la perdre, et il ne comprenait pas comment ils en étaient arrivés là.
« Est-ce que t'es vraiment en train de te baser sur une phrase que j'ai dite à la volée y'a un an, quand j'étais célibataire, détruit par mes anciennes relations, et que je croyais plus en l'amour et loin de savoir qu'une relation saine et sérieuse m'attendait ? »
Helena lui répondit un simple « Oui », les larmes continuant de couler silencieusement sur ses joues.
« Y'a certaines personnes, comme toi, pour qui ces choses sont innées, que vouloir des enfants, c'est une envie de toujours. Et c'est vrai que pour moi, ce n'était pas le cas, ce n'est même pas quelque chose auquel je pensais. Et pour être honnête, je n'y pense pas non plus maintenant, car je ne suis clairement pas prêt et pas mature pour ça. Mais ce n'est pas pour autant que mes envies ne peuvent pas changer. »
Helena ne l'avait pas quitté des yeux, les larmes coulant toujours silencieusement sur ses joues.
« Et est-ce qu'elles ont changé maintenant ? »
Pierre s'approcha doucement d'elle, arrivant juste en face d'elle.
« La seule chose dont je suis sûr pour mon futur, c'est que je veux que tu sois présente. Tout va très vite en ce moment pour nous et c'est compliqué de penser au futur avec un présent aussi chargé. La seule stabilité que j'ai, c'est toi, c'est nous deux. Je sais que tu as déjà un rêve tout tracé, d'une vie de famille, et que la musique s'y est ajoutée après, et à aucun moment je ne me mettrai en travers de ça. »
« Je ne veux pas que tu cèdes juste parce que j'en veux, je ne veux pas t'obliger, tu dois aussi en avoir envie. »
« Laisse-moi finir. Pour moi, c'est l'inverse, mon rêve c'était la musique et je pensais à rien d'autre. Depuis que tu es là, j'ai changé d'avis sur plein de choses. Tu te souviens, quand on s'est rencontrés, je ne voulais plus aimer, pour ne plus souffrir. Et pourtant, on est ensemble aujourd'hui, avec des projets à deux. Il y a encore un an, jamais je n'aurais cru être en train de regarder et visiter des appartements pour m'installer avec quelqu'un. »
En face de lui, les larmes d'Helena avaient arrêté de couler. Il posa sa main sur sa joue, essuyant les larmes encore présentes.
« Depuis qu'on est ensemble, je vois tout différemment. Avant, je pensais et je vivais uniquement pour la musique, et maintenant, ce n'est plus la seule chose qui compte. Tout ça, c'est grâce à toi. C'est depuis que tu es entrée dans ma vie que je m'autorise à penser plus loin que la musique. »
Helena, d'une petite voix, en baissant les yeux, n'osant pas soutenir son regard, lui demanda : « Et du coup, ça veut dire que tu veux des enfants ? »
« Non, je ne veux pas des enfants, mais tes enfants. Si un jour j'en ai, ce sera avec toi. C'est toi qui m'as donné envie de construire quelque chose de solide. J'avais besoin de tomber sur la bonne personne pour avoir envie de tout ça. »
En attendant ça, Helena releva les yeux vers lui. Ses billes bleues étaient remplies d'émotion face à ce qu'il venait de dire. Un doux sourire prit place sur ses lèvres. « Bien sûr, c'est si tu en veux avec moi, étant donné que je n'ai pas les yeux bleus et que je risque de casser la lignée de Madame Bailly. »
Il faisait référence au fait qu'elle avait dit ne pas vouloir d'enfant avec quelqu'un qui n'avait pas les yeux bleus, car ses yeux étaient la chose qu'elle préférait chez elle et qu'elle aimerait que ses enfants aient les mêmes.
Helena fit mine de réfléchir et d'hésiter un instant, « Mmmh... », puis lui dit avec un sourire en coin : « C'était pour rire, je m'en fiche totalement de la couleur des yeux. Ce n'est pas le plus important. Moi aussi, je veux que ce soit avec toi, et pas un autre. »
Pierre l'attira dans ses bras et elle s'y blottit.
« Quand tu as dit que tu ne voulais pas d'enfant avec un mec aux yeux bruns, j'ai ressenti un pincement au cœur, j'étais vraiment pas bien. Là, j'ai compris que tu n'étais pas une simple amie et que je ressentais plus que de l'amitié pour toi. »
Et Helena resserra son étreinte. « Moi aussi, j'ai eu un pincement au cœur quand tu as dit que tu ne voulais pas d'enfant, sans vraiment comprendre pourquoi. »
Ils restèrent quelques instants dans les bras l'un de l'autre, puis Helena se redressa légèrement pour pouvoir le regarder et lui murmura : « Je suis désolée. »
Mais avec un regard interrogateur, il lui demanda : « Pourquoi ? »
« En faisant le test, peu importe le résultat, je savais qu'on aurait une discussion. Et j'aurais dû l'amener autrement, pas aussi brutalement. J'étais restée sur l'idée que tu ne voulais pas d'enfant et en rentrant, je me suis fait tous les scénarios possibles. J'avais peur de ta réaction si ça avait été positif. »
« Ça serait trop facile de dire que j'aurais bien réagit maintenant que je sais que tu n'es pas enceinte. Je pense que j'aurais sûrement eu du mal à gérer, sachant que je ne veux pas d'enfant maintenant. Mais je ne t'aurais jamais laissée gérer ça toute seule et je serais encore moins parti. »
Elle lui sourit doucement, puis se mit sur la pointe des pieds pour l'embrasser.
« On aura des enfants un jour, quand on sera tous les deux prêts. »
Et Helena ajouta : « Quand on sera prêt ! Et ils seront magnifiques. »
« S'ils ressemblent à leur mère, alors oui, ils le seront. »
« Hey arrête de mal parler de toi, ils seront magnifiques peut importe à qui ils ressembleront. »
Ils se mirent à rire. Helena, avec un sourire malicieux, passa ses bras autour du cou de Pierre, approchant son visage en laissant quelques centimètres entre leurs lèvres. Elle lui dit : « En attendant, ça nous laisse quelques années pour nous entraîner. »
Pierre, comprenant où elle voulait en venir, lui répondit : « Tu as raison. »
Mais un bâillement échappa à Helena, et Pierre voulut s'assurer qu'elle allait mieux. Il lui demanda : « Ça va mieux ? »
Helena avait totalement oublié son état en raison des inquiétudes qui avaient pris place dans son esprit depuis tout à l'heure.
« Oui, mais je pense que j'ai peut-être fait un peu trop d'efforts pendant ces deux dernières heures. J'ai encore un peu la tête qui tourne. »
« T'es sûre de pas vouloir voir un médecin ? »
« Si ça ne va pas mieux demain, j'irai en voir un. Mais là, tout de suite, je veux juste me remettre au lit et me poser devant un film avec toi. »
Ils passèrent le reste de la matinée au lit, profitant l'un de l'autre devant un film, avant d'être interrompus par un appel de l'agence immobilière. L'agent leur annonça que leur dossier avait été accepté pour l'appartement qu'ils avaient visité et où ils avaient eu un coup de cœur, et que s'ils étaient toujours d'accord, l'appartement serait à eux dès début janvier.
« On a enfin trouvé notre chez-nous. »
Pierre lui sourit, et Helena sentit une immense vague de soulagement. Elle n'aura plus besoin de caler des créneaux pour des visites dans le rush du mois de décembre. Le stress s'enleva de ses épaules, bien que celui du déménagement la rattraperait un peu plus tard. Mais pour l'instant, elle se sentait heureuse. Ils avaient trouvé leur chez eux, un petit appartement en location dans le centre de la capitale française où ils passaient bien plus de temps que dans leurs villes respectives. Ils étaient heureux, ensemble, avec des envies alignées, des projets communs, des projets solos et de nombreux concerts à venir.
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J'espère que cette nouvelle histoire vous a plu 😊 hâte de lire vos retours
Je sais qu'elle a mis du temps à arriver, j'ai vraiment eu du mal à me remettre à l'écriture ces derniers temps et j'ai surtout eu du mal à trouver l'angle de l'histoire. Elle vient d'une simple phrase que je voulais faire dire à Pierre et non d'une vraie idée donc ça m'a pris du temps. J'en profite également pour vous dire que le rythme va surement ralentir pendant quelques semaines, je suis dans une période où mes études me demandent plus de temps. Un rythme plus régulier reviendra à parti de mi-mai en attendant je continues d'écrire mais ayant moins de temps, les histoires prendront plus de temps à être écrire.
Et pour terminer, je ne pouvais pas ne pas parler de « Hélé ». Elle nous a offert un petit bijou qui bat déjà des records incroyable. J'ai l'album dans les oreilles depuis le 14 mars et je ne m'en lasse pas. Qu'elles sont vos chansons préférées ?
Merci d'être toujours aussi nombreux à me lire.
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One Shot - Pierrina
Short StoryUn recueil d'histoires sur Helena et Pierre. Commandes ouvertes
