Avant de commencer, j'espère que vous oubliez pas de voter pour les NMA 👀
Petite note en début d'histoire :
Je vous laisse relire "Bulle musicale", si besoin, pour vous replonger dans l'histoire. Je vous laisse avec la suite de cette histoire.
Bonne lecture 😊
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Helena franchit la porte de la salle de chant, encore un peu déboussolée par ce qui venait de se passer. Lénie et Marlène étaient déjà là, échangeant quelques mots tout en attendant son arrivée. Elles se tournèrent vers elle dès qu'elle franchit la porte, remarquant immédiatement la teinte rosée de ses joues et le sourire discret qui dansait sur ses lèvres. Helena semblait encore dans ses pensées, le regard un peu perdu, absente de la réalité autour d'elle. Elle ne pouvait s'empêcher de repasser en boucle dans son esprit la scène qu'elle venait de vivre avec Pierre.
Son esprit vagabondait entre les souvenirs et les "et si ?" qui lui nouaient doucement l'estomac. Leurs visages si proches, la chaleur de ses mains guidant les siennes sur la guitare, et surtout cette tension palpable qui les avait laissés à un souffle d'un baiser. Elle n'avait jamais ressenti une telle envie avant. Que se serait-il passé si Lénie ne l'avait pas appelé à cet instant précis ? Ou si elle l'avait interrompu juste deux minutes plus tard ?
Un frisson la traversa en songeant à la possibilité d'un baiser échangé dans ce salon, en plein milieu du château où n'importe qui aurait pu les surprendre. Mais rien de tout cela n'importait vraiment, car la seule certitude qui demeurait était que ce baiser, elle l'avait désiré. Elle en avait encore envie, et ce désir ne semblait pas s'atténuer avec le temps. Et elle savait qu'il était partagé. Pierre l'avait montré dans son regard, dans ses gestes.
Le simple fait d'y penser fit monter une chaleur douce sur son visage, et elle sentit de nouveau le frisson de la proximité de Pierre. Leurs lèvres n'avaient été séparées que par quelques centimètres... Elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer le goût des lèvres de Pierre, la sensation de ses mains, le désir partagé dans cet instant suspendu.
Lorsqu'elle émergea enfin de ses pensées, elle se rendit compte qu'elle était maintenant à côté de Lénie, qui la regardait avec une lueur de malice dans les yeux. Sans même s'en rendre compte, elle avait traversé la pièce pour les rejoindre. Marlène, assise au piano, la fixait aussi avec un sourire amusé.
« Quoi ? Pourquoi vous me regardez comme ça ? » demanda Helena, sortant enfin de sa rêverie, encore un peu confuse. Elle n'avait pas remarqué qu'elle n'avait ni parlé ni regardé ses amies depuis qu'elle était entrée dans la pièce.
Lénie éclata de rire, croisant les bras devant elle. « Rien du tout... tu es juste... radieuse ce soir, » répondit-elle, le ton taquin.
Marlène, plus malicieuse encore, renchérit, un sourire aux lèvres. « Oui, très souriante, je dirais même. »
Helena, décontenancée, sentit ses joues s'empourprer un peu plus, consciente de la scène qu'elle venait d'offrir sans s'en rendre compte. Avant qu'elle n'ait le temps de répondre ou de tenter de se justifier, Marlène coupa court. « Allez, au boulot, on a une chanson à répéter. »
Helena hocha la tête, soulagée que ses pensées ne soient pas davantage sondées.
Les répétitions venaient de se terminer, et Helena avait réussi à garder ses pensées en ordre, se concentrant tant bien que mal sur sa chanson et les conseils de Marlène. Malgré l'envie tenace de revivre l'instant avec Pierre, elle s'était appliquée à rester présente, donnant tout ce qu'elle pouvait lors des répétitions.
Quand Marlène annonça qu'il était temps de s'arrêter là, elle ajouta avec un sourire : « Allez, reposez-vous bien, les filles. On a encore du boulot demain ! »
Une fois Marlène partie, Helena et Lénie décidèrent de prolonger un peu la session. Elles retravaillèrent les passages qui leur posaient le plus de difficultés. Quelques corrections, des répétitions supplémentaires, et finalement, après une bonne demi-heure de pratique, elles décidèrent qu'il était temps de regrouper leurs affaires et de retourner vers le château.
Lorsque la porte de la salle de chant se referma derrière elles, le calme de la soirée enveloppa le jardin. Helena sentit enfin son corps se détendre. La tension de toute la journée s'évaporait peu à peu, mais Lénie, avec son œil attentif, n'était pas prête à laisser passer l'attitude étrange de son amie sans chercher à en savoir plus.
« Alors, qu'est-ce qui t'a mise dans cet état avant que t'arrives ? » lança Lénie d'un ton taquin en marchant à ses côtés. Une chaleur familière monta immédiatement à ses joues, et son visage trahit ce qu'elle essayait tant bien que mal de dissimuler. Lénie remarqua aussitôt le rougissement, un sourire amusé flottant sur ses lèvres.
« Rien de spécial, » répondit Helena, essayant de paraître détachée. Mais la rougeur de ses joues et son hésitation trahissaient ses efforts. Elle le savait, elle n'était pas très douée pour mentir, surtout pas face à Lénie.
Voyant que Lénie ne semblait pas convaincue par sa réponse, Helena se sentit obligée d'en dire un peu plus. « J'étais juste avec Pierre entrain de parler, il me montrait quelques trucs à la guitare, c'est tout. »
Lénie ne put s'empêcher de sourire en entendant le nom de Pierre. « Ah, Pierre, bien sûr... » Elle laissa sa phrase en suspens, observant les réactions de son amie. Elle savait, depuis un moment déjà, qu'il se passait quelque chose entre eux, même si ni Pierre ni Helena n'avaient encore mis de mots dessus. Et maintenant, cette lueur dans les yeux d'Helena et cette légère teinte rose sur ses joues ne faisaient que confirmer ses soupçons.
« C'est drôle... » continua Lénie en prenant un air faussement perplexe. « Quand j'étais en haut de l'escalier, juste avant de t'appeler pour venir répéter, je n'ai entendu ni voix, ni guitare venant du salon. Vous étiez si silencieux que ça ? »
La panique se peignit immédiatement sur le visage d'Helena, ses pensées s'embrouillèrent, et elle balbutia quelques mots sans vraiment savoir comment répondre. « Oh euh... on... enfin, on était juste... tu sais... peut-être que... » Ses paroles se perdirent dans un fouillis d'explications confuses.
Lénie éclata de rire en voyant la réaction de son amie. Elle n'avait pas besoin d'en savoir plus, la gêne d'Helena suffisait à confirmer ce qu'elle soupçonnait. « Oh, c'est bon, je ne vais pas te harceler avec ça, » ajouta-t-elle en secouant la tête, amusée. « Mais... tu sais, parfois, c'est bien de ne pas trop réfléchir et de se laisser porter. »
Helena, encore rouge, se contenta de hocher la tête, soulagée que Lénie ne creuse pas davantage. Elles venaient d'arriver devant le château. Lénie entra la première, laissant Helena quelques pas derrière.
Elle resta immobile devant la grande porte du château, son esprit tournant à toute vitesse. Elle venait tout juste de réaliser qu'elle allait se retrouver face à Pierre. Après ce qu'il s'était passé entre eux, même si rien de concret ne s'était produit, elle ne savait pas comment réagir. Devait-elle ignorer cette tension naissante, faire comme si de rien n'était ? Ou bien tenter d'en parler avec lui, aborder ce qui avait failli se passer sur ce canapé ?
Le froid nocturne la sortit brutalement de ses pensées, la faisant frissonner. Elle secoua la tête pour s'éclaircir l'esprit avant de pousser la porte et de pénétrer à son tour dans le château. Quelques secondes s'étaient écoulées depuis que Lénie était entrée. Cette dernière, qui s'était déjà débarrassée de son manteau, se dirigea nonchalamment vers le salon.
Dans le salon, Pierre était allongé sur le canapé, perdu dans sa musique, un casque vissé sur les oreilles. Il ne remarqua même pas la présence de Lénie avant qu'elle ne s'assoit en face de lui. Quand il releva enfin les yeux et la vit sourire d'un air espiègle, il fronça les sourcils, intrigué. « Qu'est-ce que t'as à sourire comme ça ? » demanda-t-il, intrigué par son expression.
Lénie ne répondit pas tout de suite. Son regard passait de Pierre à Helena, qui venait d'arriver dans son champ de vision. Derrière le muret séparant l'entrée du salon, Helena était en train d'enlever son manteau. Un grand sourire flottait sur les lèvres de Lénie. Pierre, qui ne s'était pas encore rendu compte de la présence d'Helena, la regarda avec suspicion.
Voyant qu'elle ne disait rien, il se retourna finalement pour voir ce qu'elle observait, et son cœur fit un bond lorsqu'il aperçut Helena. Elle aussi l'avait remarqué, et leur regard se croisa brièvement. Tout d'un coup, la même hésitation et la même gêne qu'avant réapparurent, l'enveloppant d'un malaise qu'il ne parvenait pas à dissiper. Il se retourna rapidement, ne sachant pas quoi dire ni comment agir. Pendant les deux dernières heures, il n'avait pas cessé de repenser à ce moment interrompu entre eux, essayant d'imaginer comment il pourrait lui parler de ce qu'il s'était passé, ou plutôt de ce qui n'avait pas eu lieu.
Lénie, observant les deux avec une satisfaction malicieuse, ne put s'empêcher de sourire davantage en voyant Pierre rougir à son tour. Elle répondit enfin à sa question avec un ton détaché. « Oh, rien, » dit-elle en détournant enfin le regard de ses deux amis, consciente de la gêne qu'elle venait de créer.
L'atmosphère devint soudainement étouffante, et Helena décida de s'échapper avant que la situation ne devienne encore plus embarrassante. Elle se dirigea vers l'escalier et monta rejoindre Axel et Julien qui étaient allongés sur leur lit à l'étage.
Pierre, encore troublé par la situation, resta quelques secondes immobile, se demandant comment il devait réagir. Il avait ressenti la même chose qu'Helena lors de ce moment dans le salon, et il ne pouvait nier l'attraction qui existait entre eux. Cependant, le retour à la réalité avait été brutal, et maintenant, il ne savait plus quoi penser.
Quelques minutes plus tard, Lénie et Pierre montèrent à leur tour à l'étage pour retrouver les garçons et Helena. Le fait d'être entourés de leurs trois amis les aida à retrouver un semblant de normalité. Ils plaisantaient, riaient, comme si de rien n'était, chacun d'eux essayant d'ignorer l'étrange tension qui planait en silence.
La soirée avançant, ils finirent tous par se séparer, chacun vaquant à ses propres occupations. Helena et Lenie partirent prendre leur douche, tandis que les garçons allèrent préparer le dîner. Helena, profitant de ce moment de répit, prit une grande inspiration. Elle se sentait un peu mieux, le fait d'être entourée de ses amis l'aidant à faire retomber la tension entre elle et Pierre.
Quelques instants plus tard, ils se retrouvèrent tous les cinq dans la cuisine pour dîner. Pourtant, malgré la légèreté des discussions, Helena et Pierre continuaient de s'observer du coin de l'œil, comme si cette tension, imperceptible aux autres, ne les quittait jamais vraiment.
Tout au long du dîner, ils ne cessaient de se jeter des regards furtifs. Assis face à face, chaque fois que leurs yeux se croisaient, ils détournaient rapidement le regard, incapables de soutenir cet échange trop longtemps. Aucun de leurs amis ne remarquait ces échanges silencieux, absorbés dans leurs propres conversations. Helena, en discutant avec Axel, assis juste à côté de Pierre, sentait le regard de ce dernier posé sur elle, et cela la déstabilisait. Elle pouvait presque sentir ses yeux détailler son visage, ses gestes. Elle essayait de rester concentrée sur la conversation, mais son esprit ne cessait de revenir à lui.
De son côté, Pierre ne se rendait même pas compte qu'il la fixait, absorbé dans ses pensées. Il était fasciné par Helena, la trouvant plus belle que jamais, au point où il aurait pu la contempler pendant des heures. C'était plus fort que lui, un aimant invisible le tirait vers elle. Mais son attention fut brusquement interrompue par un léger coup de coude dans les côtes. Lénie, assise à ses côtés, avait remarqué son regard perdu et lui donna ce coup pour le ramener à la réalité. Elle sourit, amusée par la situation, mais consciente qu'il valait mieux ne pas attirer l'attention sur eux. Bien qu'heureuse de voir une évolution entre ses deux amis, Lénie savait que la dernière chose dont ils avaient besoin était d'être découverts par tout le monde, surtout leurs amis, qui ne manqueraient pas de les taquiner sans relâche.
Elle avait également remarqué qu'Helena commençait à rougir et à perdre ses mots, signe que la situation la troublait. D'après ce qu'elle avait observé, ce qui se passait entre ces deux-là n'était pas encore très clair. Lénie voulait protéger cette dynamique fragile, leur permettre de prendre leur temps, et éviter de les forcer à confronter leurs sentiments avant qu'ils ne soient prêts. Un faux pas maintenant pourrait les éloigner, et elle préférait les voir suivre leur propre rythme. Pierre lui adressa un sourire reconnaissant pour son intervention discrète.
Le dîner se termina et chacun se mit à débarrasser la table. Julien sortit fumer une cigarette, Axel alla prendre sa douche, et Lénie, épuisée par la journée, annonça qu'elle partait se coucher. Helena et Pierre, qui avaient toujours tendance à esquiver la corvée de rangement, se retrouvèrent malgré eux à finir ensemble. Le silence entre eux était pesant, rempli de tout ce qui n'avait pas encore été dit.
Alors qu'Helena rangeait la vaisselle dans le lave-vaisselle, elle se retourna brusquement pour attraper les dernières assiettes posées sur le plan de travail, mais son mouvement la fit se heurter au torse de Pierre. Elle se retrouva face à face avec Pierre, si proche que leurs corps n'étaient séparés que par quelques centimètres. Leurs respirations s'entrecroisaient, et la tension qui couvait depuis des heures entre eux refit surface avec une intensité impossible à ignorer.
Leurs regards se rencontrèrent, et ni l'un ni l'autre ne put bouger. Ils comprirent immédiatement que tant que cette barrière entre eux ne serait pas franchie, l'envie de céder à cette tension ne ferait que croître. Ils ne pouvaient plus faire comme si rien ne s'était passé.
Pierre, debout juste devant elle, ne pouvait détacher son regard de ses lèvres. Son cœur battait à tout rompre. Les yeux bleus de la jeune femme faisaient des allers-retours, cherchant désespérément un point d'ancrage entre les lèvres et les regards de Pierre. Ils n'avaient qu'une seule envie : répondre enfin à ces questions qui les hantaient tous les deux depuis ce moment avorté plus tôt dans la journée. Ils avaient tous deux la même pensée : quel goût auraient les lèvres de l'autre ? Quelle sensation procurerait ce baiser qu'ils désiraient tant ?
Le temps semblait suspendu, mais avant même qu'ils puissent faire un pas de plus l'un vers l'autre, ils furent brutalement interrompus par la voix de Julien qui revenait de l'extérieur, la porte du château grinçant légèrement derrière lui. « Vous avez besoin d'aide, les copains ? » lança-t-il jovialement.
Leurs corps se séparèrent aussi vite comme s'ils avaient été brûlés, chacun faisant un pas en arrière. Helena, encore toute rouge, essaya de masquer son embarras en se précipitant pour contourner Pierre et attraper les dernières assiettes qu'elle rangea dans le lave-vaisselle. « Non, c'est bon, » répondit-elle d'une voix qu'elle espérait normale. « On vient de finir. »
Pierre, encore un peu sonné, hocha la tête, incapable de trouver les mots. Ils avaient été si proches de céder à ce désir brûlant, mais le moment était de nouveau passé, remplacé par la gêne de s'être fait surprendre. Helena et Pierre échangèrent un dernier regard furtif, chacun se demandant combien de temps ils pourraient encore contenir cette attirance avant de succomber pour de bon.
Dos à Julien, Pierre laissa la frustration envahir son visage. Il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine colère, comme si tout dans l'univers conspirait pour les empêcher de céder à leurs sentiments. Ils savaient pourtant tous les deux que se laisser aller au milieu d'une pièce où leurs amis pouvaient surgir à tout moment n'était pas la meilleure idée. Lui et Helena étaient tous deux assez pudiques, et la simple idée qu'ils avaient failli s'embrasser au milieu du salon, puis de la cuisine, les rendait presque méconnaissables à leurs propres yeux. Le rappel constant qu'ils n'étaient pas seuls ici pesait sur eux.
Pierre laissa échapper un long soupir, trahissant l'agacement qu'il ressentait. « Je suis crevé. Je vais me coucher, » annonça-t-il abruptement avant de quitter la pièce. Julien, surpris de cette déclaration inhabituelle de la part de Pierre, qui était d'ordinaire un couche-tard, fronça les sourcils. « Quoi ? Déjà ? » demanda-t-il, étonné de voir Pierre partir si tôt. Mais Pierre ne répondit pas, se contentant de hausser les épaules en quittant la cuisine.
Une fois seul avec Helena, Julien se tourna vers elle, perplexe. « T'sais ce qu'il a, Pierre ? » demanda-t-il, curieux de comprendre ce changement soudain. Helena, qui ne savait pas non plus comment expliquer la situation sans révéler ce qui se passait réellement, haussa les épaules à son tour. « Pas vraiment, il doit être fatigué, c'est tout, » répondit-elle en évitant de croiser le regard de Julien.
Julien, toujours perplexe, finit par secouer la tête. « Bon, si tout le monde monte, je vais en profiter aussi pour aller me coucher. C'est pas souvent qu'on se couche tôt, » dit-il en riant doucement.
Et il n'avait pas tort. Leurs journées étaient tellement remplies entre les cours, les répétitions et les entraînements physiques qu'ils avaient pris l'habitude de veiller tard pour savourer leurs rares moments de détente. Ce soir-là, pourtant, tout le monde semblait épuisé ou absorbé par des pensées qu'ils préféraient taire.
« Tu montes aussi ? » demanda-t-il à Helena en s'étirant.
Elle secoua la tête, un peu hésitante. « Non, pas encore. Je vais rester un peu ici. J'aimerais bosser les paroles avant les répétitions de demain. » dit-elle, espérant ainsi éviter de monter immédiatement et de se retrouver confrontée à Pierre.
Julien hocha la tête, lui souriant gentiment. « Bon, comme tu veux. Bonne nuit, alors. »
« Bonne nuit, » répondit-elle en souriant doucement, en le regardant quitter la pièce.
Une fois seule, elle alla s'installer sur le canapé avec ses écouteurs et les feuilles de paroles de ses chansons. Ce même canapé où, quelques heures plus tôt, elle et Pierre avaient failli s'embrasser avant que Lénie n'interrompe leur moment. Elle mit ses écouteurs, espérant que la musique l'aiderait à se concentrer sur les paroles de ses chansons. Mais rien ne semblait faire effet. Elle relisait le même couplet des dizaines de fois, mais rien ne restait dans sa mémoire.
Son esprit était entièrement accaparé par Pierre. La frustration de ce moment inachevé la rongeait.
La frustration ne venait pas seulement du fait qu'ils avaient été interrompus deux fois. Ce qui la troublait le plus, c'était l'ampleur de ce qu'elle ressentait pour Pierre. Pour la première fois, elle se retrouvait face à ses propres sentiments pour lui. Jusqu'à présent, elle avait mis leur connexion spéciale sur le compte de leur complicité naturelle, de leur proximité depuis le début de l'aventure. Mais ce soir, tout lui semblait différent. Ce n'était pas juste une question d'amitié ou de complicité. Il y avait quelque chose de plus profond, quelque chose qui l'attirait inévitablement vers lui. Elle se rendait compte, avec une clarté presque effrayante, qu'elle ressentait bien plus pour Pierre qu'elle ne l'avait jamais admis.
Le silence pesant de la pièce ne faisait qu'amplifier ses émotions. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui se passerait si elle laissait enfin tomber les barrières et suivait ce que son cœur lui dictait.
Elle revivait chaque instant passé avec lui, et avec du recul, tout semblait maintenant avoir une signification différente. Ce qui avait probablement commencé par une profonde amitié s'était lentement transformé en quelque chose de plus fort. Elle réalisa que ses sentiments pour lui n'étaient plus seulement ceux d'une amie.
Elle repensa à la façon dont leurs yeux s'étaient cherchés, comment leurs lèvres n'avaient été séparées que par quelques centimètres, et à la tension palpable qui s'était installée entre eux dans la cuisine. Ce n'était plus seulement leurs esprits qui se questionnaient, mais aussi leurs corps qui se réclamaient l'un l'autre. Cette envie, réciproque, les poussait à se rapprocher sans même qu'ils en soient pleinement conscients.
Elle repensa à cette idée qu'elle avait entendue quelque part, selon laquelle lorsqu'une personne occupe vos pensées de manière obsédante, il devient impossible pour cette personne de trouver le sommeil. Elle se demandait si Pierre, dans son lit, était dans le même état qu'elle.
Pendant ce temps, dans la chambre, Pierre se retournait sans cesse dans son lit, les yeux grands ouverts. Le sommeil le fuyait, et il ne pouvait s'empêcher de penser à Helena. Il savait qu'il était encore tôt, et il essayait de se convaincre que c'était la raison pour laquelle il ne dormait pas encore. Helena occupait chacune de ses pensées, et cela rendait tout repos impossible.
Julien et Axel dormaient déjà profondément, leurs respirations régulières contrastant avec l'agitation qui régnait dans son esprit. Il tourna la tête vers le lit d'Helena, qui était toujours vide. Elle n'était pas encore montée. Elle devait encore être en bas, seule. Tout le monde dormait, et s'ils voulaient éviter d'être constamment interrompus, c'était probablement le moment idéal pour enfin être seuls.
Tentant de ne pas faire de bruit, Pierre se leva discrètement, prenant soin de ne pas réveiller ses amis. Le silence régnait dans la chambre, seulement perturbé par le léger grincement du plancher sous ses pieds. Avec précaution, il ouvrit la porte et sortit dans le couloir faiblement éclairé.
En arrivant en bas des escaliers, Pierre se laissa porter par le son doux et familier qui parvenait à ses oreilles. C'était la voix d'Helena, et il ne pouvait s'empêcher de sourire en réalisant qu'il avait eu raison de descendre. Elle était encore réveillée, absorbée par sa chanson.
Il resta un moment à l'entrée du salon, absorbé par la vision d'Helena. La lumière douce de la pièce illuminait son visage alors qu'elle fredonnait doucement sa chanson, ses mouvements nerveux trahissant son manque de concentration. Pourtant, pour lui, chaque note, chaque geste était parfait. Il l'observa avec un sourire qui ne faisait que grandir, réalisant à quel point elle était devenue importante pour lui. Il se sentait chanceux de l'avoir dans sa vie, et une vague de tendresse l'envahit.
Complètement plongée dans sa tentative de retenir ses paroles, elle ne remarqua pas sa présence. Elle faisait les cent pas, ses écouteurs bien en place, tout en murmurant les paroles inscrites sur les feuilles éparpillées sur la table basse. À cet instant, Pierre se sentit transporté par une vague de reconnaissance. Cette jeune femme, venue de Belgique, avait peu à peu brisé les murs qu'il avait érigés autour de son cœur. Elle n'avait pas essayé de le changer ni de le forcer à ouvrir son cœur, mais en étant simplement elle-même, avec son authenticité, ses peurs, ses insécurités et son sourire rayonnant, elle avait réussi à franchir chaque barrière qu'il avait patiemment construite.
Sans réfléchir davantage, il s'avança doucement vers elle. Ses pas étaient presque imperceptibles sur le sol, mais à quelques mètres d'elle, Helena sentit une présence et se retourna brusquement. Elle enleva aussitôt ses écouteurs en voyant Pierre, surprise de ne pas l'avoir entendu arriver.
« Pierre ? Qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais que tout le monde dormait... » demanda-t-elle, un peu troublée, son cœur s'accélérant à sa vue.
Pierre esquissa un sourire, hésitant un instant avant de répondre. Il n'avait pas vraiment de plan, juste une envie irrésistible de la retrouver, d'être à ses côtés.
« J'arrivais pas à dormir... Toi non plus, apparemment, » dit Pierre doucement, en scrutant les feuilles éparpillées un peu partout autour d'Helena.
« Je n'arrive pas à retenir ces paroles, » avoua-t-elle doucement, esquissant un sourire timide en reposant son regard sur lui.
Pierre releva les yeux vers elle, et pendant un instant, ils se retrouvèrent piégés dans le regard de l'autre. L'air semblait plus dense, lourd de tout ce qui n'avait pas encore été dit entre eux. Après quelques secondes de silence, il baissa légèrement la voix. « Je pense qu'on a beaucoup de choses à se dire... »
À ces mots, Helena hocha la tête, consciente de la tension qui revenait, plus palpable que jamais. Ses doigts s'enroulaient nerveusement autour d'une des feuilles, mais son regard ne quittait pas celui de Pierre. Il fit un pas de plus vers elle, réduisant encore l'espace qui les séparait.
« Mais ça peut encore attendre... quelques minutes, » ajouta-t-il dans un souffle, ses yeux plongés dans les siens.
Il ne restait plus que quelques centimètres entre eux. Leurs regards faisaient des allers-retours, oscillant entre les yeux et les lèvres de l'autre. Et, dans un élan commun, leurs corps se rejoignirent, leurs lèvres se trouvant enfin.
Le baiser fut ardent, brûlant de toute la frustration et du désir accumulés depuis des heures, peut-être même des jours. Ils l'avaient attendu si longtemps, bien plus qu'ils ne voulaient l'admettre. Ce n'était pas un baiser tendre ou hésitant. Ils se retrouvaient enfin, libérant toutes ces émotions contenues en eux.
Leurs lèvres ne se détachaient que le temps de reprendre leur souffle, avant de se retrouver à nouveau. C'était comme si une force invisible les attirait irrésistiblement l'un vers l'autre.
C'était la réponse à la question qui hantait leurs pensées : le goût des lèvres de l'autre ? Plus doux que tout ce qu'ils auraient pu imaginer. La sensation de ce baiser tant désiré ? Mieux que leurs rêves les plus fous. Pierre tenait le visage d'Helena entre ses mains, caressant doucement ses joues. De son côté, Helena avait posé ses mains sur les hanches de Pierre, l'attirant encore un peu plus contre elle.
Enfin, ils se détachèrent, leurs lèvres se séparant de quelques centimètres seulement, rougies par le baiser. Leurs respirations restaient saccadées, rompant le silence de la pièce. Leurs fronts se touchèrent doucement, partageant encore le même souffle, leurs yeux toujours fermés, comme s'ils cherchaient à prolonger ce moment aussi longtemps que possible.
Pierre fut le premier à briser ce silence chargé de douceur. Il ouvrit lentement les yeux, reculant légèrement pour observer Helena, qui gardait encore les paupières closes. Sur ses lèvres, un sourire léger témoignait de l'instant qu'ils venaient de partager. Ses mains, toujours posées sur les joues d'Helena, glissèrent délicatement le long de son cou, traçant une ligne tendre du bout des doigts. Il murmura, comme s'il avait du mal à croire à la réalité du moment : « On aurait dû faire ça bien plus tôt. »
Helena ouvrit alors les yeux, croisant le regard de Pierre avec une tendresse nouvelle. Elle laissa échapper un rire doux, avant de secouer la tête. « Oui, sans doute... Mais on avait peut-être besoin de ce temps pour réaliser ce qu'on voulait vraiment. »
Pierre hocha la tête, un sourire apaisé sur les lèvres. Il baissa les yeux, pensif, cherchant les bons mots pour exprimer ce qu'il ressentait. Le moment qu'ils venaient de vivre n'était pas anodin. Derrière la légèreté apparente de leur échange, il savait que cela marquait un tournant. Peut-être que ce n'était pas un hasard si cela n'arrivait que maintenant. Il avait eu besoin de temps, de laisser son cœur se rouvrir à l'idée d'aimer à nouveau, et d'être aimé. Il se sentait enfin prêt.
« Ça change tout, non ? » demanda-t-il d'une voix basse, presque incertaine, craignant la réponse qu'elle pourrait lui donner.
Helena le regarda avec une douceur infinie, puis posa délicatement ses mains sur son torse. « Oui, ça change tout, » répondit-elle doucement. « Mais aujourd'hui m'a fait comprendre que c'est ce que je voulais depuis longtemps. Ce n'est pas vraiment un changement, c'est juste... la continuité de ce qu'on a toujours été. »
Pierre laissa ses paroles résonner en lui. Il ne répondit pas immédiatement, se contentant de la regarder, de la sentir contre lui, savourant l'évidence de ce moment. Ses bras vinrent l'entourer doucement, et il déposa un baiser léger, sur ses lèvres, comme pour sceller tout ce qu'ils venaient de découvrir ensemble.
Leurs regards se croisèrent à nouveau, mais cette fois, il n'y avait plus de fuite, plus d'hésitation, ni d'incertitude. Ce qu'ils avaient repoussé toute la journée, ils l'acceptaient enfin. Il s'approcha d'Helena, la faisant reculer doucement jusqu'au canapé. Comprenant ses intentions, elle s'assit, bientôt rejointe par Pierre, qui s'installa à côté d'elle et l'attira contre lui.
Dans un mouvement fluide, Helena se blottit dans ses bras, ses doigts dessinant des cercles légers sur le tissu de son t-shirt. Tous deux profitaient de la chaleur de l'autre, enveloppés par la quiétude de ce moment volé à la nuit. Ils étaient là où ils devaient être, et pour la première fois, ils ressentaient pleinement la justesse de ce qu'ils étaient en train de vivre.
Elle avait raison. Rien n'avait vraiment changé, si ce n'était que maintenant, tout avait pris une signification bien plus forte. Et, alors qu'ils restaient enlacés sur ce canapé, il se rendit compte qu'ils n'avaient jamais été aussi à leur place que dans les bras l'un de l'autre.
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Hello,
J'espère que vous allez bien
J'espère que cette suite vous à plu et j'espère que la personne qui me l'a demandé est contente de cette suite (j'attends ton retour avec impatience).
J'en profite également pour vous remercier pour tous les messages et retours que vous me faites. Ça me fait chaud au coeur de vous lire à chaque fois depuis le début. Mais je voulais surtout vous remercier pour les nombreux messages que j'ai eu sous ma dernière histoire, vous m'avez fait les plus beaux compliments qu'on pouvait me faire. J'ai répondu à chacun d'entre vous mais je tenais à vous remercier aussi ici et également d'être de plus en plus nombreux à lire mes histoires.
Bonne nuit/journée à vous 😊
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One Shot - Pierrina
ContoUn recueil d'histoires sur Helena et Pierre. Commandes ouvertes
