Chapitre 25

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Bonne lecture <3
Oui je suis enfin de retour !
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Romayssa

Je m'étale sur mon lit, le souffle court, les muscles tendus, les yeux fixés au plafond. L'écran de mon ordinateur, encore allumé, diffuse une lueur bleutée dans la pénombre de ma chambre. Le code défile toujours, comme un écho silencieux de ce que je viens de faire.

Mission accomplie. Le groupe clandestin a été infiltré, leurs communications piratées, leurs emplacements repérés. Tout a été envoyé à celui que je me force encore à appeler le père de Wolf. Parce que lui donner un autre nom, ce serait l'humaniser. Et il ne mérite pas ça.

Je ferme les yeux.

J'ai été rapide, précise. Comme toujours.
Mais cette fois, j'ai l'impression d'avoir laissé un morceau de moi-même dans cette mission.

Je repense à ses mots :
« T'as pas le choix. »
« C'est elle qu'ils veulent. »
« Tu n'es pas seule. »

Et pourtant, ce soir, c'est exactement ce que je ressens. Seule.

Un frisson me parcourt quand je pense à tout ce que j'ai dû faire pour protéger ma famille. Ce qu'il me force encore à faire. Je me revois à Saint-Pétersbourg, à cette époque où tout a basculé. Où j'ai cessé d'être juste Romayssa pour devenir Mirage.
Et maintenant ? Je suis coincée entre les deux.

Je passe une main sur mon visage, épuisée.

Artem.
Il me dit que je ne suis pas seule. Qu'il sera là. Toujours.
Mais est-ce qu'il pourra vraiment me protéger de son propre père ? Est-ce qu'il le veut seulement ?
Ou est-ce qu'il finira par me livrer, lui aussi, s'il n'a plus le choix ?

Je fixe le plafond encore quelques secondes, puis je me tourne sur le côté, ramenant mes genoux contre ma poitrine. Mon regard tombe sur le casque qu'il m'a laissé, posé sur ma commode.
Un rappel silencieux. Un morceau de lui dans ma chambre.

Je murmure, à peine audible, comme si lui seul pouvait m'entendre :
— Protège-moi d'eux... et de toi aussi, s'il le faut.

Quelques semaines ont passé. Les jours se succèdent, différents mais pareils, comme si tout avançait sans vraiment changer. Et au milieu de cette routine bancale, une chose me frappe plus que tout : la présence de mon père.

Il est là. Souvent. Trop souvent, presque.

Pendant des années, il a été cette silhouette floue qu'on apercevait entre deux gardes à l'hôpital. Une voix au téléphone, un je rentre tard, un bonne nuit murmuré à la volée.
Mais maintenant, il est là. Il rentre tôt. Il prépare le café du matin. Il est assis dans le salon quand je descends.
Et ça... ça me perturbe plus que je ne veux l'admettre.

Je devrais être contente, non ?
Mais au lieu de ça, j'ai l'impression que quelque chose cloche.

Il ne dit rien de particulier. Il sourit. Il parle du travail. De maman. Il me demande comment je vais, comme s'il n'essayait pas de me sonder en même temps.
Il m'observe. Un peu trop. Comme s'il cherchait à savoir ce que je cache. À lire en moi comme dans un dossier médical.

Je n'aime pas ça.

Et puis, il y a ces moments. Ces silences. Où il me regarde un peu trop longtemps. Où ses doigts tapotent contre sa tasse comme s'il réfléchissait à la manière de poser une question.
Mais il ne le fait jamais. Il attend.
Et moi, je fais semblant de ne rien voir.

Il n'a jamais été curieux de ma vie d'après l'école. Il ne posait pas de questions. Il n'avait pas le temps.
Et maintenant qu'il l'a... il ne s'en prive pas.

Code breakerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant