Chapitre 34

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Bonne lecture <3
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Le silence lourd s'installe dans la salle d'audience, juste après ma confession.
Les regards sont rivés sur moi, mais mon esprit se concentre sur une seule silhouette dans la salle : mon père.

Il est assis, droit comme un roi, ses doigts crispés sur les accoudoirs, le visage figé dans une expression dure, presque inhumaine.
Ses yeux noirs plongent dans les miens, glacials, accusateurs.

Le procureur se tait un instant, visiblement conscient que le moment est venu d'enflammer la salle.

— Monsieur Kane, se tourne-t-il vers mon père avec un sourire tranchant, quel est votre rôle dans cette affaire ?
— Mon rôle ? coupe mon père d'une voix ferme, teintée d'un mépris froid.
— J'ai toujours protégé la Russie et ses intérêts, à la différence de certains... à l'intérieur même de ma famille.

Je le fixe, la colère bouillonne dans mes veines.

— Vous parlez de moi, père ? Je suis celui que vous avez laissé tomber. Celui que vous avez sacrifié pour sauver votre empire corrompu.
— Sacrifié ? gronde-t-il, les traits se durcissant.
— Oui, sacrifié. Vous avez préféré vous appuyer sur un mensonge, sur un bouc émissaire, plutôt que d'assumer la vérité.
— Mon fils, je n'ai jamais eu le choix. Ce que tu as fait dépasse tout ce que la famille peut accepter. Tu as trahi.
— Je n'ai trahi que ceux qui auraient trahi la mienne. J'ai porté un masque pour protéger ceux que vous avez abandonnés.
— Tu as déshonoré notre nom, interrompit-il, la voix rauque de rage.
— Non, père. C'est vous qui l'avez déshonoré. En jouant double jeu avec nos ennemis, en laissant des innocents tomber. Et maintenant, vous me condamnez pour avoir essayé de réparer ce que vous avez détruit.

Le juge frappe du marteau, tentant de calmer la tempête.

Mais je vois dans les yeux de mon père une haine viscérale, mêlée à une douleur qu'il refuse d'admettre.

— Ton procès n'est pas qu'une question de loi, Artem, murmure-t-il, froidement.
— C'est une guerre.
— Une guerre que tu as perdue.
— Peut-être. Mais tant que je respirerai, je lutterai pour la vérité. Même si cela signifie me dresser contre ma propre famille.

Un silence de plomb s'abat sur la salle. Layla, Romayssa, Omar tous sont figés, captivés par ce duel

Romayssa

Je suis figée devant la large baie vitrée qui sépare le public de la salle d'audience. L'air est lourd, saturé de murmures étouffés, du froissement des papiers, des pas résonnant sur le sol de marbre. Mais pour moi, tout s'efface autour, comme si le temps avait ralenti, figé dans cet instant suspendu.

Mon regard est rivé sur Artem, là, debout dans le box des accusés. Sa silhouette est droite, presque trop rigide pour celui qui porte le poids d'une telle accusation. Il a perdu de sa prestance d'antan, son corps est amaigri, marqué par la détention et la torture, mais une flamme tenace brûle encore dans ses yeux.

Je détaille chaque ligne de son visage.

Les cernes violacés sous ses yeux, témoignages des nuits blanches et des cauchemars. Les rides prématurées qui s'accrochent à son front, à ses tempes, et cette barbe naissante qui durcit ses traits déjà anguleux. Ses lèvres, fines et souvent pincées, semblent prêtes à craquer, mais il se tait, fier et fier.

Quand son père entre, une silhouette imposante au visage fermé, tout change dans l'atmosphère. Je le vois s'arrêter, le regard dur et froid fixé sur Artem. Leurs yeux se croisent — un affrontement silencieux, chargé de rancunes anciennes, de blessures familiales qui n'ont jamais cicatrisé.

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