Bonne lecture <3
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Ça fait bien quinze minutes qu'elle est entrée dans ce foutu bureau.
Quinze longues minutes où mon cœur n'a pas arrêté de cogner contre ma poitrine, lentement d'abord, puis de plus en plus fort, comme un battement d'alarme qui refuse de se taire. Je déteste attendre. Mais je déteste encore plus attendre sans visibilité. Et là, je suis aveugle.
Je me tiens à quelques mètres de la porte, les bras croisés, tendus, les muscles de mes épaules raides comme des câbles d'acier. Mon regard glisse sur les murs, sur le sol, sur les gardes au loin. Rien. Aucun bruit suspect. Aucun signe de tension.
Mais c'est justement ce silence qui m'inquiète.
Il est trop lourd. Trop figé.
Je le connais, ce genre de calme. C'est celui qui précède la détonation.
Je serre les dents. Une goutte de sueur froide coule le long de ma tempe. Je l'écrase d'un revers de main, presque agacé par cette faiblesse physique alors que tout mon instinct me crie que quelque chose cloche. Mon regard se pose à nouveau sur la porte. Mon poing se lève, suspendu dans l'air. J'hésite. Juste une seconde.
J'allais toquer. Ou peut-être murmurer son nom. Romayssa.
Et puis je l'entends.
Un gémissement. Faible. Étouffé. Féminin.
Hobi.
Un seul son. Suffisant pour me faire vriller.
Tout explose dans ma tête.
Mon corps réagit avant que ma conscience n'ait le temps de comprendre. Je défonce la porte, mon épaule heurte le bois avec une violence instinctive, et elle éclate dans un craquement sec. Le battant rebondit contre le mur. Et là, je le vois.
Je vois l'horreur.
Ma romayssa. Plaquée contre le bureau, sa robe remontée, ses mains qui luttent, ses yeux grands ouverts, ses lèvres tremblantes. Elle tient quelque chose dans sa main ,la clé USB. Mais elle est incapable de se défendre. Et lui, ce fils de chien, est sur elle. Son visage hideux tordu par l'excitation, ses mains sur sa peau, ses hanches trop proches, son corps penché comme une ombre de menace.
Je ne pense plus.
Je fonce, traversé par une vague de fureur glacée.
Je le percute avec une telle violence que son dos claque contre le mur dans un bruit mat. Il pousse un cri de surprise, mais je suis déjà sur lui. Mon bras se tend, ma main se referme sur son col, et je frappe.
Une fois. Deux fois. Trois fois.
Mes poings sont des armes. Chacun s'abat avec la force d'une sentence, le poids d'une colère que je ne laisse jamais sortir. Mais là... là je la laisse faire. Je la laisse s'exprimer.
Je frappe parce qu'il l'a touchée.
Je frappe parce qu'il l'a humiliée.
Je frappe parce qu'il a osé la blesser.
Son nez éclate. Son crâne cogne le mur. Il suffoque, crache du sang. Il lève les bras, tente de se défendre, mais je suis hors d'atteinte. Je ne suis plus un homme. Je suis le châtiment. Je l'attrape par les cheveux et je le cogne contre la bibliothèque. Le bois se fissure. Son crâne laisse une traînée rouge. Il gémit. Il pleure. Il implore. Rien ne m'atteint.
— Tu pensais que tu pouvais la toucher, hein ?! Ma voix est basse, étranglée, saturée de haine.
— Tu croyais que tu pouvais la prendre ?!
Je le jette au sol, comme une loque. Il roule sur le dos, lève les mains. Ses doigts tremblent.
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Code breaker
RomanceElle pensait maîtriser les codes. Jusqu'à ce qu'on pirate sa vie. Romayssa, étudiante en économie à Londres, cache un talent rare : elle est l'une des meilleures hackeuses de sa génération. D'origine algérienne, elle a grandi entre silence et secret...
